L’intelligence artificielle s’installe partout autour de nous. Au quotidien, des millions de français utilisent Claude, Mistral ou ChatGPT. Mais des scientifiques ont voulu aller plus loin, ils ont construit un nouveau modèle, très spécifique, capable d’interpréter les signaux électromagnétiques du cerveau humain pour les transformer en texte.
Les scientifiques derrière ce modèle (logiquement baptisé Brain2Qwerty et soutenu financièrement par la branche recherche de Meta AI) ont utilisé la magnétoencéphalographie (MEG) pour détecter l’activité cérébrale. Ils expliquent que cette méthode, bien que plus couteuse et moins répandue que la traditionnelle électroencéphalographie (EEG), est néanmoins beaucoup plus précise.
Dans leur première étude, des participants devaient taper un texte mémorisé au clavier. L’IA a réussi à fonctionner avec un taux d’erreur de 18% dans le meilleur des cas et 25% en moyenne. L’EEG de son côté atteint des taux d’erreurs de plus de 50%.
Un protocole en trois étapes
Avant de transformer les pensées d’une personne en texte, l’intelligence artificielle a eu besoin d’analyser les données collectées. Une réflexion découpée en trois grandes étapes. Dans un premier temps, l’IA devait interpréter les données par rapport au contexte et éliminer les informations parasites ou les possibles faux positifs.
La seconde étape vient à replacer le contexte autour d’une frappe au clavier. L’IA regarde si ce caractère fait du sens par rapport à un mot. Pour les besoins de l’expérience, tout a été réalisé en espagnol.
Enfin, la troisième et dernière étape consiste à regarder la phrase dans son ensemble et à corriger de possibles fautes de frappe (les participants tapaient à l’aveugle pour que les signaux du cerveau soient ceux de l’écriture et de la mémoire et non de la lecture des touches sur le clavier).
Une approche non intrusive révolutionnaire
Ce n’est pas la première fois que des scientifiques essayent et réussissent à «lire» dans les pensées d’une personne. L’un des exemples les plus célèbres reste l’entreprise américaine Neuralink qui permet notamment à des personnes paraplégiques de jouer aux jeux vidéos par la pensée.
Mais la méthode employée est ici radicalement différente. Là où Neuralink fonctionne grâce à une puce implantée à même le cerveau, l’approche scientifique française se concentre sur des éléments externes, capables de détecter les memes signaux, sans nécessiter une opération intrusive.
Installer une puce dans le cerveau d’une personne est une opération chirurgicale lourde qui peut entraîner tout un tas de complications assez facilement imaginables. D’un autre coté, le seul port d’un casque capable de détecter les oscillations magnétiques de notre cerveau apparait comme une solution beaucoup plus sûre.
C’est sur ce point que la solution développée pour Meta AI se distingue des autres approches cherchant à rendre des facultés à des personnes en situation de handicap. Elle promet des gains très intéressants, avec une prise de risque proche de 0.