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Même la police de l’immigration US ne veut plus des lunettes connectées de Meta

Les lunettes connectées de Meta ont beau se vendre comme des petits pains, elles ne sont pas les bienvenues partout. La police américaine de l’immigration (ICE) vient d’interdire à ses employés de porter leurs propres Meta Ray-Ban au travail, par crainte de voir des informations sensibles enregistrées ou transmises sans contrôle.

Les lunettes connectées de Meta peuvent rester dans leur étui chez les agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). L’agence américaine chargée notamment de l’application des lois sur l’immigration, qui a fait la une de l’actualité pour de bien mauvaises raisons ces derniers mois, a demandé à tous ses employés de ne plus porter de Meta Ray-Ban, ni d’appareils comparables, dans les espaces de travail fédéraux.

Pas de Ray-Ban au bureau

Dans une note interne rapportée par le New York Times, David Venturella, directeur par intérim de l’ICE, assimile ces lunettes à des caméras-piétons. Ce n’est pas complètement tiré par les cheveux : elles embarquent une caméra et des micros capables d’enregistrer ce que voit et entend leur propriétaire. « L’utilisation de lunettes Meta ou d’appareils similaires pourrait involontairement capturer, enregistrer ou transmettre des informations sensibles, ce qui risquerait de compromettre la vie privée et les protections juridiques », écrit le responsable.

L’interdiction ne vise pas uniquement les agents participant aux opérations sur le terrain. Elle concerne l’ensemble du personnel de l’ICE dans les espaces de travail fédéraux. Le Department of Homeland Security (DHS), dont dépend l’agence, assure d’ailleurs qu’il ne s’agit pas vraiment d’une nouvelle règle. « Les caméras-piétons personnelles et les enregistrements non autorisés sont interdits, comme ils l’ont toujours été », explique un porte-parole.

Le sujet a pris un peu d’ampleur ces derniers mois. Des agents de l’ICE et de la Border Patrol ont été aperçus à plusieurs reprises avec des lunettes Meta pendant des manifestations ou des opérations d’immigration. Certaines semblaient enregistrer des membres du public. D’après le NYT, une première consigne d’interdiction avait déjà été envoyée aux employés en juin.

Le principal souci tient au caractère personnel de ces appareils. Les images peuvent finir sur un smartphone privé et potentiellement transiter par les services de Meta, en dehors des systèmes contrôlés par l’administration. Pas idéal quand les vidéos sont susceptibles de contenir des visages, des documents ou d’autres informations sensibles.

La situation est d’autant plus savoureuse que le DHS n’a rien contre les lunettes connectées en elles-mêmes. Il préférerait simplement les siennes. Dans son projet de budget présenté en avril, le ministère a demandé 7,5 millions de dollars pour développer un prototype destiné aux opérations d’immigration. L’appareil pourrait notamment servir à identifier des personnes en temps réel grâce à des bases de données biométriques et à la reconnaissance faciale…

L’ICE n’est pas seule à prendre ses distances avec les lunettes de Meta. L’État de New York les a récemment interdites dans ses tribunaux afin d’éviter les enregistrements clandestins, tandis que certains commerces et restaurants ont pris des mesures similaires.

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Source : NYT

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