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Le streaming musical veut mieux faire le ménage contre la fraude aux streams

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L’industrie musicale prend des engagements pour mieux repérer les fausses écoutes et protéger les revenus des artistes, auteurs-compositeurs, labels et éditeurs.

Le streaming musical a aussi ses tricheurs. L’IFPI, l’organisation qui représente plus de 8.000 maisons de disques dans le monde, a annoncé le lancement de la Streaming Integrity Initiative, ou SII. Cette initiative vise à mieux lutter contre la fraude au streaming, c’est-à-dire la manipulation des plateformes pour générer des écoutes qui ne viennent pas de vrais auditeurs.

Une initiative commune contre les fausses écoutes

Le problème n’est pas seulement technique. Ces fausses lectures peuvent détourner une partie des revenus qui devraient aller aux artistes, aux auteurs-compositeurs, aux labels, aux éditeurs et à tous ceux qui participent à l’économie de la musique. Elles peuvent aussi brouiller les chiffres et donner une image trompeuse de ce qui est réellement écouté.

Pour remettre un peu d’ordre, la SII fixe cinq engagements aux distributeurs qui la rejoignent. Ils devront mieux vérifier l’identité de leurs clients et les droits associés aux morceaux mis en ligne. Ils devront aussi examiner les contenus avant leur diffusion, grâce à des outils capables de repérer les atteintes aux droits, les activités suspectes et les risques liés à l’intelligence artificielle.

Autre engagement : agir lorsqu’une fraude est détectée ou soupçonnée, notamment contre les récidivistes. Les participants pourront aussi partager certaines informations, lorsque la loi le permet, afin d’éviter que les mêmes acteurs passent tranquillement d’un service à l’autre. Enfin, ils devront mesurer l’efficacité de leurs systèmes et les renforcer au fil du temps.

L’IFPI n’est pas seule dans cette affaire. La Streaming Integrity Initiative est déjà soutenue par de nombreux acteurs, dont Sony Music, Universal Music, Warner Music, Merlin, The Orchard, Virgin Music, ADA, AWAL, Merlin… L’organisation appelle maintenant d’autres distributeurs, plateformes et organismes professionnels à se joindre au mouvement.

Victoria Oakley, directrice générale de l’IFPI, ne mâche pas ses mots. Selon elle, la fraude au streaming « trompe les fans » et prive les artistes et auteurs-compositeurs de revenus légitimes. « C’est du vol, purement et simplement », affirme-t-elle. Chez Merlin, on estime que la lutte contre les activités illégitimes nécessite que « chaque partie de l’industrie avance ensemble ». Même idée chez WIN, où on rappelle que la fraude ne s’arrête pas aux frontières.

Cette initiative prolonge la campagne End Streaming Fraud, déjà lancée par l’IFPI et plusieurs entreprises musicales pour sensibiliser le secteur. Avec l’arrivée d’outils automatisés et liés à l’IA, les fraudeurs disposent de moyens plus efficaces. L’industrie cherche à coordonner sa réponse, avec les distributeurs en première ligne. Ce sont eux qui peuvent, très tôt, bloquer des contenus suspects avant leur arrivée sur les plateformes.

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