Nintendo of America poursuit sa lutte contre le piratage avec une nouvelle victoire judiciaire. Un tribunal de l’État de Washington a condamné James Williams à verser 4,5 millions de dollars de dommages et intérêts au constructeur japonais.
Une condamnation sans adversaire à l’audience
Connu en ligne sous le pseudonyme « Archbox », Williams aurait vendu et distribué des copies piratées de jeux Switch par l’intermédiaire de plusieurs boutiques en ligne. Nintendo le présentait dans sa plainte comme « l’opérateur, le superviseur et la force motrice » de ces services, qui proposaient de vastes catalogues de titres sans l’autorisation de l’entreprise.
La procédure n’a toutefois pas donné lieu à une longue bataille judiciaire. James Williams n’a pas répondu aux convocations et ne s’est pas défendu devant le tribunal. Nintendo a donc obtenu un jugement par défaut. Le tribunal lui ordonne également de désactiver immédiatement toutes les boutiques qu’il exploite ou contrôle et qui permettent d’accéder à des jeux Switch piratés.
Pour Nintendo, le résultat est net. Reste désormais la question du recouvrement de la somme, l’obtention d’une condamnation ne garantissant pas toujours que les millions arrivent rapidement sur le compte du plaignant. Avant cette affaire, Archbox aurait été modérateur du forum Reddit r/SwitchPirates, qui est toujours accessible aujourd’hui. Son nom ne figure cependant plus dans la liste actuelle des responsables de la communauté.
Pour retrouver l’homme derrière le pseudonyme, Nintendo et son armée d’avocats ont mené leur propre enquête à partir de 2023. Les recherches ont notamment porté sur les publications d’Archbox, qui faisaient référence à Phoenix, à l’Arizona et à la Midwestern University. Les enquêteurs ont ensuite relié ce compte à au moins deux comptes Nintendo associés au nom de James Williams.
Un détail a également aidé l’entreprise : Williams aurait envoyé du matériel à Nintendo pour le faire réparer. Un employé a retrouvé des commandes liées à une adresse située à Surprise, en Arizona. Le constructeur aurait même expédié les appareils réparés deux jours avant l’envoi d’une mise en demeure par FedEx. Williams a signé la réception du document, puis répondu par courriel qu’il respecterait les demandes se trouvant « sous son contrôle », tout en niant toute violation. Les échanges se seraient ensuite arrêtés, tout comme sa participation à la procédure judiciaire.
Cette affaire n’est qu’une parmi d’autres pour Nintendo. L’entreprise a également poursuivi la société Modded Hardware pour la vente de kits permettant de modifier la Switch. Aux Pays-Bas, un tribunal de La Haye a récemment jugé illégale la commercialisation de dispositifs comparables. Nintendo rappelle que, même en fin de vie commerciale, la Switch reste sous surveillance.