Elles n’émettent pas toujours sur les mêmes fréquences, mais elles parlent cette fois d’une seule voix. Radio France, l’Alliance de la radio et Les Locales ont demandé cette semaine que tous les véhicules neufs vendus en France soient équipés de récepteurs FM et DAB+.
Une place à conserver sur le tableau de bord
Les radios s’inquiètent de la stratégie de certains constructeurs, notamment américains et chinois : leurs modèles sont désormais commercialisés sans véritable récepteur radio, ou avec cette fonction proposée en option payante. À la place, les écrans embarqués font la part belle aux services connectés et aux plateformes comme Spotify. Cette évolution peut sembler pratique pour les automobilistes abonnés et bien couverts par le réseau mobile. Elle pose toutefois une question simple : faut-il disposer d’une connexion, d’un forfait et parfois d’un abonnement pour écouter gratuitement une station française dans sa voiture ?
Pour Constance Benqué, présidente de l’Alliance de la radio, cet accès ne doit pas dépendre d’un accord commercial entre un constructeur automobile et une plateforme. Les organisations réclament donc non seulement la présence de la FM et du DAB+, mais aussi un accès clairement visible, grâce à un bouton physique ou à une fonction affichée dès la première page de l’écran multimédia.
Le dossier se joue à Bruxelles comme à Paris. Le futur règlement européen sur les réseaux numériques pourrait imposer la présence de récepteurs dans les véhicules. En France, une proposition de loi portée par le sénateur Laurent Lafon doit être examinée le 13 octobre. Son article 2 prévoit justement de mieux garantir l’accès à la radio dans les voitures. Le secteur a un argument de poids : près d’un tiers de l’écoute de la radio se fait en voiture, selon Médiamétrie. L’habitacle reste donc un lieu essentiel pour les stations, en particulier le matin et en fin de journée.
Les radios insistent également sur leur rôle en période de crise. Lors de la panne électrique qui a touché l’Espagne en avril 2025, les réseaux mobiles ont rapidement montré leurs limites, tandis que la diffusion hertzienne a continué. Les incendies en Gironde avaient eux aussi endommagé d’importantes infrastructures de télécommunications. « Quand tout s’arrête, la radio reste », résume Sibyle Veil, présidente de Radio France. Les antennes associatives rappellent de leur côté qu’elles diffusent des informations très locales et entretiennent un lien direct avec les habitants.