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Vous buvez du matcha tous les jours ? Cette enquête révèle qu’il contient trop d’aluminium et c’est un vrai problème

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Le matcha a beau avoir l’image d’une boisson saine et moderne, il n’est pas exempt de contaminants. Que Choisir a recherché de l’aluminium dans sept références et en a retrouvé dans toutes. Pour quatre d’entre elles, l’exposition calculée à partir d’une tasse quotidienne dépasse la valeur toxicologique retenue par l’Anses.

  • Une enquête révèle que tous les matchas testés contiennent de l’aluminium, avec certains dépassant les limites toxicologiques de l’Anses.
  • L’aluminium, absorbé par les feuilles de thé, est ingéré en totalité avec le matcha, contrairement au thé classique où les feuilles sont infusées puis retirées.
  • Bien que la consommation occasionnelle ne soit pas dangereuse, il est conseillé de varier les boissons pour limiter l’exposition à l’aluminium.

Le matcha s’est installé partout, dans les coffee shops, sur Instagram, dans les recettes de latte et jusque dans les placards de consommateurs qui ne touchaient probablement jamais au thé vert auparavant. Son image repose beaucoup sur ses propriétés supposées et sur une particularité réelle : contrairement à une infusion classique, on ne laisse pas les feuilles dans la théière, on les boit.

C’est justement ce qui intéresse aujourd’hui Que Choisir, l’association a analysé sept matchas de qualités et de prix différents, vendus en magasins bio, chez des maisons de thé ou sur Internet. Résultat : de l’aluminium a été détecté dans les sept produits, et quatre dépassent la valeur toxicologique de référence utilisée par l’Anses dans le scénario d’une personne de 70 kg consommant une tasse par jour. Pour l’un des échantillons, l’exposition calculée approche même quatre fois cette valeur.

L’aluminium est naturellement présent dans l’environnement, notamment dans les sols, et les théiers peuvent en absorber puis en accumuler dans leurs feuilles. Le problème posé par le matcha tient surtout à la manière dont ces feuilles sont consommées.

Pour préparer un thé vert classique, on laisse les feuilles ou le sachet infuser quelques minutes avant de retirer le tout. Une partie seulement des substances présentes dans les feuilles passe alors dans l’eau. Que Choisir rappelle que l’aluminium se dissout peu dans l’eau chaude, ce qui limite son transfert vers l’infusion.

Le matcha fonctionne autrement, il est fabriqué à partir de feuilles de thé réduites en poudre, puis cette poudre est mélangée directement à l’eau ou au lait. On avale donc la feuille entière, contaminants compris. C’est le revers de la médaille du matcha car les composés recherchés par les amateurs sont eux aussi consommés intégralement, mais c’est également le cas des substances indésirables présentes dans la matière première.

Le seuil français est beaucoup plus bas que l’ancien repère européen

L’EFSA avait retenu en 2008 une dose hebdomadaire tolérable de 1 mg d’aluminium par kilo de poids corporel, soit environ 143 microgrammes par kilo et par jour. L’Anses utilise désormais une valeur toxicologique de référence de 40 microgrammes par kilo et par jour dans son étude de l’alimentation totale, un niveau nettement plus protecteur.

Avec cette nouvelle valeur, l’Anses estime que 39 % des adultes français dépassent déjà la VTR avec leur alimentation habituelle, et ce chiffre monte à 76 % chez les enfants. Les principales sources identifiées sont notamment les boissons chaudes, le pain et certains produits de boulangerie. L’agence conclut à un risque lié à cette exposition et recommande de poursuivre les efforts pour réduire les concentrations d’aluminium dans l’alimentation.

Cela donne un peu de contexte aux résultats du matcha. Une tasse qui fait dépasser cette valeur de référence ne signifie pas qu’elle provoque soudainement un problème de santé. La VTR sert à évaluer une exposition répétée dans le temps, pas à définir une dose à partir de laquelle une personne serait immédiatement intoxiquée. Que Choisir parle d’ailleurs d’un aluminium “neurotoxique à doses chroniques élevées”.

Tous les matchas ne se valent pas

Que Choisir a sélectionné sept références, dont quatre issues de l’agriculture biologique, avec des produits très différents en matière de prix et de qualité revendiquée. L’analyse recherche notamment l’aluminium, mais aussi d’autres contaminants et la teneur en L-théanine.

L’association constate globalement que les références les moins chères sont les plus mauvaises sur plusieurs critères, même si la présence d’aluminium ne suffit évidemment pas à elle seule à juger de la qualité globale d’un matcha. Parmi les produits testés figurent notamment Anatae, Milia Matcha, Matcha & Co, Terre d’Oc, Bulk, Touch Organic et Aromandise. Le test rappelle donc une chose assez banale, mais parfois oubliée quand le marketing prend le dessus car “matcha” ne désigne pas un produit parfaitement homogène.

L’effet “boisson santé” mérite aussi d’être relativisé

Que Choisir s’intéresse enfin aux promesses affichées sur les emballages. Certaines marques mettent en avant des propriétés stimulantes, la lutte contre la fatigue ou un effet sur le système immunitaire.

Or aucune allégation de santé spécifique au thé ou au matcha n’est actuellement autorisée dans l’Union européenne. Certaines mentions peuvent néanmoins continuer à apparaître dans le cadre des allégations dites en attente d’évaluation au niveau européen. Cela ne signifie évidemment pas que le matcha est dépourvu de composés intéressants. La question est simplement de ne pas transformer une boisson à base de thé en remède miracle parce qu’elle est devenue très tendance.

Faut-il arrêter de boire du matcha ?

L’étude de Que Choisir ne dit pas que boire occasionnellement une tasse de matcha est dangereux. Elle met plutôt en évidence une source supplémentaire d’exposition à l’aluminium, particulièrement pertinente chez les personnes qui en consomment tous les jours, voire plusieurs fois par jour.

Et c’est là que la comparaison avec le thé vert classique devient intéressante, car lorsque les feuilles sont infusées puis jetées, on ne consomme pas la totalité des substances qu’elles contiennent, alors qu’avec le matcha, oui.

Pour quelqu’un qui boit régulièrement plusieurs matchas par jour, varier les boissons et éviter d’en faire systématiquement la boisson de chaque pause peut donc être un moyen simple de limiter cette exposition. Quant à ceux qui apprécient surtout le goût et l’expérience, revenir de temps en temps à une bonne vieille tasse de thé vert n’est finalement pas une si mauvaise idée.

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