Pendant plus de 40 ans, le modèle Canal reposait sur une offre cinéma et un écran brouillé. Les offres payantes ont fait (et continuent de faire) la fortune de la marque, notamment à travers son offre sportive. Pourtant, il semblerait que la star du foot en lucarne ait décidé de proposer une nouvelle offre gratuite. Mais pourquoi faire ?
Une offre Canal+ Sport gratuite dès cet automne ?
Le 25 septembre, un observateur spécialisé des coulisses de l’audiovisuel sur X, a lâché l’information : Canal+ devrait présenter lors d’une conférence de presse courant octobre une offre gratuite consacrée au sport. Le groupe n’a rien confirmé à ce stade. Mais plusieurs mouvements récents rendent l’hypothèse crédible.
🟢 @canalplus devrait présenter lors d'une conférence de presse courant octobre une offre gratuite SPORT. On comprend mieux les dernières déclarations de Fabrice Mollier, l'arrivée de RedBull TV et AfterFoot TV, et la potentielle relance de SPORT+.
— 📌 Anaël (@anael_tw) September 25, 2026
Le premier indice, c’est l’arrivée de Red Bull TV dans l’application Canal+. Padel, kitesurf, skateboard, ski, rallye : la chaîne de la marque de boissons énergisantes diffuse des disciplines spectaculaires, mais déjà accessibles gratuitement ailleurs, il semble donc logique que l’entreprise ne la propose pas dans une option payante. Le deuxième, c’est l’After Foot TV, déclinaison télé de l’émission culte de RMC, qui rejoint l’univers Canal+ dès le 1er octobre. Là encore, le contenu est déjà visible en clair.
À cela s’ajoute une annonce faite dans le même temps : Canal+ veut ouvrir davantage son application aux non-abonnés, avec des extraits et des temps forts sportifs, ou encore les premiers épisodes de certaines séries. Enfin, l’internaute repéré par nos confrères d’Univers Freebox évoque une possible relance de Sport+, la chaîne sportive du groupe lancée en 1998 et arrêtée en 2015.
Gratuit, mais pas sans contrepartie
Le modèle prendra logiquement le parti de l’AVOD, pour vidéo à la demande financée par la pub, ou d’une série de chaînes FAST, comprenez gratuites, diffusées en continu sur internet et monétisées par des spots promotionnels. Ce mode de fonctionnement a le vent en poupe partout dans le monde, et Canal+ connaît bien le sujet. D’autant plus que le calcul est vite fait : le sport est le produit d’appel le plus puissant de la télévision, mais aussi le plus cher. En France, les bouquets sportifs payants (Canal+, beIN Sports, DAZN, Ligue 1+) oscillent entre 15 et 40 € par mois. Une somme qui décourage une partie du public, surtout quand il faut cumuler plusieurs abonnements pour suivre ses compétitions préférées. Une offre gratuite permettrait de capter cette audience, de la monétiser via la pub, et surtout de l’attirer dans l’écosystème Canal+.
Le gratuit comme porte d’entrée vers le payant
Car l’objectif n’est évidemment pas de brader la Ligue des champions. Les grandes compétitions resteront dans les offres payantes. Le gratuit servirait de sas, en proposant des sports de niche, des magazines, des résumés, des temps forts, et un bouton pour passer à la caisse et voir le match en entier. C’est exactement la logique du freemium, bien connue dans les applications mobiles et le jeu vidéo. Le groupe a d’ailleurs déjà testé l’idée à petite échelle avec ses programmes diffusés en clair, qui servent depuis toujours de bande-annonce géante à l’abonnement. La nouveauté serait d’en faire une offre à part entière, identifiée et pérenne.
La stratégie a aussi une dimension défensive. Canal+ a perdu la TNT pour sa chaîne C8, qui a cessé d’émettre en février 2025, et donc une partie de sa force de frappe en clair. Face à des plateformes comme YouTube, qui diffusent de plus en plus de sport gratuitement, occuper le terrain du gratuit devient un enjeu. Mieux vaut que le téléspectateur réticent à payer regarde du sport chez Canal+ plutôt qu’ailleurs.