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« Défi brun » : c’est quoi ce nouveau fléau qui touche les parcs aquatiques ? 💩

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Plus de 300 bassins ont été fermés en Espagne en 2025, et l’année 2026 suit le même chemin.

Retrouver des excréments dans la piscine, ce n’est pas exactement l’idée qu’on se fait d’une bonne journée. Cet été, alors que les Françaises et les Français cherchaient un peu de fraîcheur les pieds dans l’eau, un défi inattendu et franchement crado a fait son arrivée sur TikTok. En Espagne tout particulièrement, plus de 300 piscines auraient dû fermer pour cette raison au cours de l’été 2025 à cause du phénomène. Cette année, une cinquantaine de communes ont donné l’alerte.

Le « défi brun », un joli mot pour du caca

En Espagne, la trend s’appelle reto marrón (le repte marró en catalan). Littéralement, le « défi brun ». Le principe est aussi simple que consternant : déféquer volontairement dans un bassin public, parfois en apportant son « colis » dans un sachet glissé sous le maillot, avec pour objectif de faire évacuer tout le monde, et de gâcher l’après-midi des vacanciers. Les vidéos se retrouvent ensuite sur les réseaux sociaux, avec l’objectif de devenir virales.

La carte des incidents s’est étoffée ces dernières semaines, au point que certaines mairies espagnoles ont été contraintes d’embaucher des vigiles privés à l’entrée des piscines. Dans la région de Valence, une dizaine de communes (Silla, Oliva, Chiva, Requena ou Picassent) ont préféré fermer. La décision n’a rien d’anodin financièrement, mais elle est obligatoire : le décret royal 742/2013, qui encadre les piscines publiques espagnoles, exige une fermeture immédiate dès qu’une matière fécale est repérée, jusqu’au retour à la normale.

Trois jours de baignade par incident

Une selle contient un cocktail de bactéries (E. coli, entérocoques), de virus (norovirus, rotavirus) et parfois de parasites. Il suffit bien souvent de boire la tasse pour être contaminé, ce qui vous vaudra, dans le meilleur des cas, une gastro-entérite sévère. Pour décontaminer la piscine, les autorités compétentes doivent ainsi évacuer l’ensemble des visiteurs, avant de procéder au rerait de la matière, puis à une hyperchloration, une filtration intensive, puis des analyses en laboratoire pour écarter la présence d’E. coli et de Pseudomonas. Si les selles sont liquides, certains protocoles sont encore plus drastiques. Résultat, un seul caca dans l’eau équivaut souvent à plusieurs jours de fermeture.

Côté sanctions, l’Espagne ne plaisante pas. Les amendes oscillent généralement entre 1 000 et 3 000 €, peuvent grimper jusqu’à 5 000 €, voire 20 000 € selon certaines ordonnances municipales, avec à la clé une interdiction d’accès de un à cinq ans. Encore faut-il attraper le coupable.

Et en France ? Pour l’instant, aucune vague comparable n’a été signalée de ce côté des Pyrénées. Les bassins ferment régulièrement pour un « accident », et le protocole est sensiblement le même qu’en Espagne, encadré par le Code de la santé publique et les agences régionales de santé. Côté sanction, la loi prévoit un an de prison et 15 000 € d’amende, au titre de l’exhibition sexuelle, mais il faut que la personne décide volontairement de déféquer à la vue de tous. Concernant la dégradation des biens, le Code pénal prévoit des peines qui peuvent grimper jusqu’à deux ans de prison et 30 000 € d’amende.

TikTok, le coupable un peu trop idéal

Reste la question qui fâche. Partout, le « défi brun » est présenté comme un challenge né sur TikTok. Sauf qu’en fouillant un peu, les preuves d’une trend virale restent maigres. D’autant plus que le phénomène semble plus ancien que le réseau social. Dès août 2019, le quotidien El Periódico Mediterráneo rapportait que le Segobriga Park de Segorbe, au nord de Valence, avait dû fermer deux fois en quinze jours pour les mêmes raisons. À l’époque, on parlait déjà du « nouveau défi des ados ».

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