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Après la PS5, la Switch 2 vient d’être jailbreakée à son tour

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Hatsune Miku au volant dans Mario Kart World, sur une Switch 2 qui n’aurait jamais dû le permettre. Quelques semaines après Sony, c’est Nintendo qui voit sa console céder.

La Switch 2 a bien été jailbreakée, mais seulement en partie. Le chercheur en sécurité Sammy Hajhamid, alias pepsipu, a présenté ns2jb, le premier jailbreak 100 % logiciel de la console. Il fonctionne sur le firmware 23.0.1, la dernière version en date, sans puce ni tournevis. Le timing n’est pas anodin, la PS5 vient elle aussi de tomber, avec un jailbreak qui a déjà ouvert la porte aux jeux piratés.

Ns2jb est un jailbreak « tethered », c’est-à-dire non persistant. À chaque redémarrage ou plantage, la console revient à son état normal et il faut tout recommencer. Ce n’est pas non plus un firmware modifié complet, comme celui qui avait transformé la première Switch en passoire. ns2jb ne prend pas le contrôle total du système. Il entre par une petite porte et récupère certains droits, sans avoir encore toutes les clés.

C’est quand même une première. Depuis sa sortie en juin 2025, la Switch 2 avait plutôt bien résisté, et les failles découvertes jusqu’ici relevaient surtout de la démonstration technique.

Quelle différence avec le jailbreak de la PS5 ?

Côté Sony, la situation est nettement plus avancée. Baptisé Relapse, le jailbreak de la PS5 est apparu fin septembre et fonctionne sur PS5 et PS5 Pro, des firmwares 7.00 à 13,60. En quelques jours, homebrews, émulateurs et jeux piratés ont débarqué, au point qu’une boutique pirate revendiquant plus de 1 600 jeux a vu le jour. Sony a réagi avec les mises à jour 14.00 puis 14.10, et exige désormais cette dernière version pour accéder au PlayStation Network.

Le jailbreak de la Switch 2 est beaucoup plus limité, puisqu’il ne permet pas de lancer de jeux piratés, mais il fonctionne sur la toute dernière version du système. Sur PS5, il suffisait de ne pas mettre sa console à jour pour être protégé. Sur Switch 2, les consoles parfaitement à jour sont concernées, en attendant le correctif de Nintendo.

Que permet de faire ce jailbreak ?

D’après son auteur, ns2jb permet de lancer des homebrews (des logiciels amateurs), de modder des jeux et d’extraire ses sauvegardes. Il l’a prouvé avec une vidéo de Mario Kart World modifié, où Hatsune Miku et Peter Griffin font partie des pilotes.

Le point d’entrée a de quoi faire sourire, il est passé par SmileBASIC 4, un petit logiciel de programmation éducatif sorti sur Switch 1 et toujours disponible sur l’eShop. Une faille dans ce logiciel lui a permis de mettre un pied dans la console, puis d’aller plus loin.

Les jeux piratés vont-ils bientôt tourner sur Switch 2 ?

Pas aujourd’hui, mais la question n’a plus rien d’absurde. En l’état, ns2jb ne permet pas de lancer des copies illégales, et son auteur le présente avant tout comme un outil de recherche et de modding.

Seulement, l’histoire des consoles suit presque toujours le même scénario, et la PS5 vient encore de le montrer. Une première brèche partielle apparaît, d’autres chercheurs s’en servent comme base, et on finit par obtenir un accès bien plus large. L’auteur dit d’ailleurs lui-même espérer que son travail aidera la communauté à avancer vers un firmware modifié, l’étape qui ouvre généralement la porte au reste.

Rien n’est joué pour autant. Il reste à rendre le jailbreak permanent et à prendre le contrôle du cœur du système, pendant que Nintendo va très probablement corriger la faille rapidement.

Un rappel quand même : en France, télécharger ou faire tourner des jeux piratés est illégal, jailbreak ou pas.

Et l’émulation de la Switch 2 sur PC ?

C’est peut-être là que ns2jb aura l’impact le plus concret. Pour faire tourner un jeu sur un émulateur, il faut récupérer certains éléments de chiffrement propres à la console. Or l’auteur explique que son exploit donne accès au matériel cryptographique de la Switch 2. Sur Switch 1, c’est ce type d’accès qui avait permis aux émulateurs PC de décoller.

Cependant, Nintendo ne plaisante pas avec l’émulation. Les deux principaux émulateurs Switch, Yuzu et Ryujinx, ont fermé en 2024 après des actions de Nintendo. Toute tentative côté Switch 2 risque de subir la même pression.

Mais comment la scène peut avancer aussi vite en ce moment ?

Les hacks n’ont jamais été aussi prolifiques ces derniers temps, comment c’est possible ? Le chercheur explique avoir confié une grosse partie du travail à Codex, l’agent de programmation d’OpenAI. Il avait même monté un dispositif pour que l’IA pilote elle-même une Switch 1 et une Switch 2 : envoyer des commandes, récupérer l’image et relancer la console après un plantage.

Même si l’IA n’a pas tout fait seule et a échoué sur certaines pistes, forcément ça aide. Elle a en revanche aidé à trouver des failles clés. Si une IA peut accélérer à ce point la chasse aux vulnérabilités, Sony et Nintendo ne sont sans doute pas au bout de leurs peines. Le travail paraît en tout cas sérieux. Gezine, un autre chercheur réputé qui a annoncé cet été une faille distincte sur Switch 1 et Switch 2, l’a jugé crédible après avoir échangé avec pepsipu.

Petit rappel, Nintendo peut bannir des services en ligne, voire bloquer à distance, une console modifiée, donc si vous souhaitez acheter une console d’occasion dans les jours à venir, faites bien attention. Pour l’instant, la Switch 2 reste bien mieux protégée que son aînée, et même que la PS5. Il a fallu plus d’un an, un chercheur expérimenté et une IA pour obtenir un accès partiel et temporaire. Mais la brèche existe, et dans ce domaine, elle finit rarement par se refermer toute seule.

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