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Votre nom peut faire partie de la prochaine grande mission de la NASA vers Titan, la lune de Saturne : voici comment participer

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Si vous avez envie de faire partie (virtuellement) de la conquête de notre galaxie, la NASA vous offre, encore une fois, l’occasion de graver votre nom sur une puce qui partira pour un voyage de 1,4 milliard de kilomètres.

Comme elle l’avait déjà proposé au début de l’été avec le Nancy Grace Roman Space Telescope, la NASA vous propose cette fois d’inscrire votre nom sur une micropuce située à bord de Dragonfly. Un giravion robotisé, premier engin scientifique du genre dans l’histoire de l’exploration spatiale, qui se rendra vers la plus grosse lune de Saturne, Titan. Elle est le seul corps céleste connu, en dehors de la Terre, à posséder des lacs et des rivières à sa surface. Sauf qu’il ne ferait pas très bon de s’y baigner, puisque ce n’est pas de l’eau qui y coule, mais du méthane et de l’éthane liquides.

Son atmosphère est extrêmement dense, mais irrespirable, puisque principalement constituée d’azote (à plus de 94 %). Perpétuellement recouverte d’une épaisse couche de nuages, sa température de surface avoisine les -179 °C ; c’est une lune complètement glacée à l’environnement hostile.

Toutefois, les astrobiologistes s’y intéressent de très près car les réactions chimiques qui s’y déroulent, entre les composés organiques de sa surface et les potentielles traces d’eau liquide souterraines, pourraient approcher les conditions qui ont précédé l’apparition de la vie sur Terre, il y a près de quatre milliards d’années. D’ici huit ans, Dragonfly ira la sonder, et si vous décidez de glisser votre nom dans ses bagages, il sera tout aussi à l’aise que l’engin… contrairement à vous, qui n’y survivrez pas plus de quelques secondes.

Dragonfly : le premier drone d’exploration extraterrestre

Dragonfly est actuellement en cours d’assemblage au laboratoire de physique appliquée de l’université Johns Hopkins (APL), à Laurel, dans le Maryland, sous la direction de sa responsable scientifique, Elizabeth Turtle. Son lancement est programmé pour 2028, pour une arrivée sur Titan en 2034, après un transit de six ans à travers le Système solaire.

C’est la quatrième mission du programme New Frontiers de la NASA (après New Horizons vers Pluton, Juno autour de Jupiter et OSIRIS-REx vers l’astéroïde Bennu) ; elle est supervisée par le centre Marshall de la NASA, à Huntsville, en Alabama. « La mission Dragonfly de la NASA va tout simplement vous époustoufler », a déclaré Nicky Fox, administratrice associée de la direction des missions scientifiques de la NASA.

Une fois sur place, le giravion volera de zone en zone pour explorer les environnements les plus variés de Titan, de ses immenses champs de dunes organiques à ses plaines glacées. Sa principale mission est de chercher des traces de chimie prébiotique dans les composés organiques qui tapissent le sol de Titan.

Dragonfly est un drone de la taille d’une voiture, pesant environ 950 kg ; il est équipé de huit rotors coaxiaux contrarotatifs de 1,35 mètre de diamètre, chacun disposé en configuration octocoptère (deux par deux aux quatre coins). Une disposition qui lui assure une tolérance aux pannes assez remarquable, puisqu’il peut continuer à voler même si un ou plusieurs de ses rotors sont hors service.

Comme le Soleil n’éclaire Titan qu’avec une intensité cent fois inférieure à celle reçue sur Terre, l’énergie solaire est inutilisable : Dragonfly embarquera donc un générateur thermoélectrique à radio-isotopes (MMRTG, pour « Multi-Mission Radioisotope Thermoelectric Generator »), identique à ceux qui alimentent les rovers Curiosity et Perseverance sur Mars. C’est l’équivalent d’un mini générateur nucléaire, qui rechargera ses batteries pendant les nuits de Titan (équivalentes à huit jours terrestres) avant qu’il ne reprenne son envol.

Il volera léger comme l’air, car la gravité de Titan est sept fois moins importante que sur Terre et son atmosphère quatre fois plus dense, ce qui signifie que ses rotors génèrent bien plus de portance pour une énergie moindre, lui permettant de parcourir jusqu’à huit kilomètres par trajet (il se déplacera par bond d’un lieu à l’autre) à une vitesse de croisière de 36 km/h.

Dragonfly
Vue d’artiste de Dragonfly survolant les dunes de Titan. © NASA

Comment envoyer votre nom sur Titan ?

La démarche ne vous prendra que quelques secondes : il suffit de vous rendre sur le portail dédié de la NASA, d’indiquer votre nom, prénom, et adresse e-mail. En retour, vous recevrez une carte d’embarquement numérique personnalisée (voir ci-dessous) où seront indiquées les informations que vous avez renseignées, ainsi que quelques détails techniques de la mission, attestant que votre nom figurera sur la micropuce embarquée à bord du giravion.

Carte Dragonfly
À défaut de pouvoir être astronaute, on fait ce qu’on peut. © NASA

Vous avez encore un peu de temps devant vous pour participer, au cas où vous seriez intéressé, puisque la date limite est fixée au 16 janvier à 5 h 59 du matin, heure française. « Nous sommes ravis d’emmener l’humanité dans ce qui sera le voyage d’une vie, et nous invitons chacun à envoyer son nom à bord de ce petit mais redoutable giravion, qui percera les secrets de l’univers dans le cadre de ce qui est largement considéré comme l’une des missions spatiales les plus enthousiasmantes de notre époque », a ajouté Fox. Si vous avez déjà envoyé votre signature sur le DVD de la mission Cassini-Huygens en 1997, votre nom à bord du CD-ROM embarqué par New Horizons en 2006 ou sur la puce d’Europa Clipper, voilà une nouvelle occasion de perpétuer cette petite tradition bien sympathique !

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