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Un nouveau visiteur interstellaire a débarqué dans le système Solaire

C’est seulement la troisième fois qu’un objet provenant de l’extérieur du système solaire a été repéré.

La communauté des astronomes est en ébullition en ce moment suite à l’apparition soudaine d’un corps céleste qui fonce actuellement vers l’intérieur du système solaire.

Si les spécialistes sont si enthousiastes à son sujet, c’est à cause de sa provenance inhabituelle : ce mercredi 2 juillet, l’ESA a confirmé qu’il débarquait tout droit de l’espace interstellaire, loin de l’influence de notre Soleil.

Un événement très rare

Ces objets sont exceptionnellement rares. En effet, l’immense majorité des corps célestes repérés par les astronomes sont gravitationnellement liés à notre étoile : ils orbitent autour d’elle et ne sont pas suffisamment rapides pour s’échapper de sa zone d’influence. Avant cet été, seuls deux objets ne correspondant pas à cette définition avaient été repérés.

Le tout premier, découvert en 2017, était un étrange morceau de roche oblongue appelé ʻOumuamua. À l’époque, il a suscité un véritable branle-bas de combat chez les astronomes, à cause de sa provenance inédite, mais aussi de ses caractéristiques pour le moins curieuses. En plus de sa forme inhabituelle, il a aussi été surpris en train d’accélérer légèrement d’une manière que la gravité seule ne suffisait pas à expliquer.

Une vue d’artiste d’ Oumuamua. © ESO/M. Kornmesser

Cela a conduit certains observateurs à spéculer qu’il pourrait s’agir d’un objet artificiel, potentiellement envoyé dans notre voisinage cosmique par une espèce extraterrestre. D’autres théories plus plausibles ont émergé depuis, comme l’échappement d’un gaz naturel piégé dans la roche — mais il a malheureusement été impossible de le vérifier. En effet, ʻOumuamua se déplaçait très rapidement (environ 87 km/s) et était déjà en train de sortir de notre système solaire lorsqu’il a été détecté. Les astronomes n’ont donc pas eu l’occasion de l’observer rigoureusement pour répondre à ces questions et déterminer son origine.

En revanche, nous avons eu plus de chance avec le deuxième visiteur interstellaire, la comète 2I/Borisov. Puisqu’elle a été détectée beaucoup plus tôt, les astronomes ont pu collecter une grande quantité de données à son sujet. Elle nous a notamment appris que les comètes interstellaires peuvent présenter une chimie très similaire à celle des comètes du système solaire, et qu’il s’agit vraisemblablement d’un processus commun dans l’ensemble de notre galaxie.

Une superbe opportunité d’observation

La découverte de ce nouvel objet, appelé A11pl3Z, appuie cette dernière supposition. Car même s’il est encore situé à plusieurs centaines de millions de kilomètres du Soleil, dans l’orbite de Jupiter, les spécialistes ont déjà pu déterminer qu’il s’agissait d’une comète relativement typique.

Ces données préliminaires ont notamment pu être collectées grâce aux mensurations importante de l’objet. Selon Avi Loeb, un astronome réputé qui a publié un billet à ce sujet sur The Debrief, il est environ 10 millions de fois plus lourd qu’Oumuamua, et aussi 100 à 200 fois plus grand que ce dernier. Son diamètre, estimé à environ 20 kilomètres, lui offre une surface suffisamment large pour réfléchir une grande quantité de lumière, ce qui facilite grandement les observations.

A11pl3z
© Catalina Sky Survey

Et c’est une très bonne nouvelle : cela signifie qu’il sera sans doute possible d’en tirer beaucoup d’informations avant son départ, notamment lorsqu’il passera à environ 210 millions de kilomètres du Soleil à la fin du mois d’octobre. Une distance certes énorme dans l’absolu, mais tout à fait raisonnable lorsqu’il s’agit de conduire des observations avancées avec des télescopes de pointe.

Ces observations à venir s’annoncent d’ores et déjà fascinantes. La visite de ce nouvel objet interstellaire représente une superbe opportunité d’étudier la diversité des matériaux dans notre galaxie. L’analyse de sa composition, de sa structure et de sa trajectoire, en particulier, pourrait bien révéler des indices précieux sur les processus qui façonnent les environnements planétaires au-delà de notre berceau cosmique. Nous vous donnons donc rendez-vous d’ici quelques mois pour en savoir plus sur cet intrus venu du fin fond de l’espace.

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