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L’IA d’Anthropic est parvenue à pirater Chrome, Windows, Android, Linux et Safari toute seule en quelques secondes à peine

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Le 27 octobre, la Frontier Red Team d’Anthropic a publié cinq chaînes d’attaque produites par un modèle d’IA interne, visant Chrome, Safari, Android (Pixel 9), Windows et Linux. Les éditeurs ont corrigé les failles, dont 62 pour Google, et Anthropic ouvre aux entreprises certains de ses modèles d’analyse de code.

Ouvrir une page piégée dans Chrome sur un Mac, et voir la Calculatrice se lancer seule quelques secondes plus tard. C’est la démonstration publiée par l’équipe Frontier Red Team d’Anthropic le 27 octobre dernier. Dans son billet, la société californienne a décrit cinq chaînes d’attaque produites par un modèle d’intelligence artificielle dédié à la recherche en interne, et ce, en un claquement de doigts.

Ces cinq chaînes concernent cinq des systèmes d’exploitation et navigateurs les plus utilisés dans le monde. Elles ont ainsi visé Chrome et Safari, mais également Android (sur Pixel 9), Windows et le noyau Linux. Et le moins que l’on puisse dire est qu’elles sont particulièrement violentes et frappantes.

Contrôle d’un serveur Linux, vol de photos d’un Pixel 9 verrouillé

Chrome est notamment le logiciel ayant le plus été mis à mal par cette IA privée, avec notamment quatre failles “one-click” enchaînées. En d’autres termes, imaginez un immeuble de bureaux avec quatre portes successives verrouillées. L’intelligence artificielle est ainsi parvenue à créer une clé capable d’aider à déverrouiller les portes suivantes. Tout est parti d’une page web piégée dont le code a permis de corrompre la mémoire du moteur JavaScript (V8). V8 disposant d’une protection interne, une deuxième faille est parvenue à s’en extirper et de repérer le code de Chrome pour prendre le contrôle du processus qui permet l’affichage de la page. Ce processus de rendu est quant à lui enfermé dans une espèce de cloison, aussi appelée “bac à sable”, l’empêchant de toucher au reste de l’ordinateur. Une troisième faille exécutant deux opérations en même temps a ainsi permis de sortir de cette cloison. Enfin, la quatrième faille a permis l’exécution d’un code en dehors du bac à sable. Et pour vérifier que l’attaque fonctionnait, la Frontier Red Team a lancé, avec succès, la Calculatrice avec les droits de l’utilisateur, et ce, depuis Chrome. Imaginez ce que pourrait faire un pirate informatique mal intentionné.

Par la suite, Google a annoncé avoir corrigé 62 vulnérabilités signalées par les équipes d’Anthropic, toutes critiques ou de gravité élevée, dont 13 sorties du bac à sable et 21 pouvant compromettre le rendu. Ces correctifs concernaient notamment Chrome 156.

Du côté de Windows, c’est une attaque par “déni de service” qui a été découverte, dont l’objectif est de rendre un site, un réseau ou un serveur indisponible. La faille, identifiée par Microsoft comme la CVE-2026-33096, permettait de faire planter à distance un serveur HTTP/3. Anthropic estime d’ailleurs à plusieurs millions les serveurs concernés. Il est également question d’une faille “zero-click” chez Linux ayant permis d’obtenir les droits à distance sur un serveur. La démonstration a d’ailleurs duré moins d’une heure, d’autant qu’une tentative ratée ne fait pas planter le système, facilitant l’essai-erreur.

Trois failles combinées ont été découvertes dans Android, mais cette fois cela ne concernait qu’un appareil : le Google Pixel 9. Avec lesdites failles, le pirate aurait pu extraire les photos du smartphone verrouillé par câble USB. Les failles contournaient le blocage USB, autorisaient le transfert et passaient outre la vérification du code à six chiffres et le contrôle du contenu des fichiers.

Enfin, Safari a également fait l’objet d’une découverte des chercheurs d’Anthropic, avec une autre faille “one-click”. Ici, l’IA est parvenue à accéder à l’historique, aux cookies et aux sessions de Safari et d’envoyer des requêtes authentifiées à d’autres domaines.

Heureusement, toutes les entreprises concernées par ces logiciels ont été informées de ces failles et ont pu répondre par des correctifs de sécurité plus que nécessaires. Anthropic conseille d’ailleurs les acteurs du numérique de vérifier leur code grâce, notamment, à des agents d’analyse afin de découvrir davantage de failles. La société a d’ailleurs annoncé ouvrir aux entreprises certains de ses modèles les plus avancés destinés à l’analyse de code, comme Claude Opus 5.5, Sonnet 5.5 et Mythos 5.1.

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