Critique

Critique : 13 Hours

Cinéma

Par Pierre le

L’attaque de l’ambassade des Etats-Unis, à Benghazi (Libye) le 11 septembre 2012, a traumatisé les américains. Beaucoup de zones d’ombres entourent encore cet événement et Michael Bay a décidé de donner sa version des faits dans 13 Hours. Et le bonhomme y va avec ses gros sabots habituels.

5

Réalisateur fascinant, Michael Bay est capable de nous faire des films bêtes mais stylés (Bad Boys, The Rock), des films qui lui tiennent à cœur (No Pain No Gain) ou alors des films de commande totalement décérébrés (Transformers). 13 Hours fait partie de la seconde catégorie. Néanmoins, Bay repart dans ses travers avec cette nouvelle oeuvre, nous fournissant un produit final un peu bancal, même s’il y a mis toutes ses tripes.

Bay se perd dans sa technique

13 Hours s’intéresse particulièrement aux soldats qui ont combattu pour protéger les vies américaines pendant la nuit du 11 au 12 septembre 2012. Nous y suivons Jack, fraîchement arrivé dans une ville aux antipodes de son petit confort américain, dans un film de guerre pur jus qui fait tout pour être le nouveau Black Hawk Down (l’exemple est d’ailleurs cité dans le film). Mais Michael Bay n’est pas Ridley Scott.

La multitude de personnages rend l'action confuse dans un premier temps
La multitude de personnages rend l’action confuse dans un premier temps

Sur cette attaque teintée de mystère, Bay a tenté de combler les trous à sa manière, c’est à dire à grands coups d’explosions et de discours patriotiques. On pouvait espérer que ses talents de technicien nous livreraient un film de guerre solide, à défaut d’être profond. Néanmoins, en voulant trop faire spectaculaire, en voulant mettre en scène trop de personnages, il se prend les pieds dans le tapis, notamment lors du deuxième acte du film (le début de l’attaque). Un deuxième acte qui part dans tous les sens à vouloir trop en dire. On ne comprend pas ce qu’il se passe à l’écran, quels personnages nous suivons et quelle est la situation exacte, que ce soit au niveau des soldats ou de l’action en elle même.

‘MURICA FUCK YEAH !

Le troisième acte, qui se concentre sur le siège du bâtiment américain de la ville Libyenne, se montre plus maîtrisé, plus propre. Bay retombe sur ses pattes et nous livre des séquences guerrières maîtrisées et intenses. Une troisième partie qui laisse également plus de champ libre au réalisateur, qui peut broder autour de ce qu’il s’est réellement passé cette nuit-là à Benghazi. Une fin de film plaisante, qui se laisse regarder si nous mettons l’aspect patriotique de côté.

Caloffe Douty, le flim
Caloffe Douty, le flim

Car si vous n’aimez pas Bay et son amour du drapeau, 13 Hours risque de vous agacer. Benghazi est présenté comme un enfer sauvage. Un endroit que seuls les américains pourraient “civiliser”. De même, il faudra faire avec les petits détails patriotiques, comme le fait de présenter chaque Libyen (et musulman) comme une menace potentielle, ou le fait qu’une vie américaine vaut mille fois plus qu’une vie autochtone. Des autochtones qui sont d’ailleurs montrés comme des couards. Dernier détail qui fera fulminer les anti-patriotiques america fuck yeah : tirer sur un drapeau américain est le pire crime qui soit sur Terre.

Verdict

13 Hours est un film divertissant qui ravira les amateurs d’action et de guerre. Malgré une construction solide, la technique de Bay perd un peu le spectateur et les relents patriotiques ne plairont pas à tout le monde. Bay échoue à livrer un film de guerre qui prend aux tripes, mais livre tout de même une copie correcte, sans pour autant exceller.