Critique

[Critique] Conjuring 2 : Le cas Enfield

Cinéma

Par Mathieu le

Près de trois ans après Conjuring : Les dossiers Warren, James Wan réitère l’expérience et nous sert sa suite directe, la bien nommée Conjuring 2 : Le cas Enfield. Le réalisateur malaisien, révélé par le premier Saw mais à qui l’on doit également Insidious ou Fast & Furious 7 s’inscrit donc en maître du genre et compte bien surfer sur la vague du premier opus, très bien acceuilli par la presse et le public (plus d’un million d’entrées en France). Pour un résultat à faire peur ?

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Un dossier complexe

Alors que le premier long-métrage nous contait le dossier Harrisville et l’histoire horrible d’une famille vivant dans une ferme isolée hantée, le second change quelque peu de registre. Cette fois, le couple Warren, composé de Lorraine et Ed, se rend dans le Nord de Londres, à Enfield, afin de venir en aide à une mère qui élève seule ses quatre enfants dans une maison pas comme les autres.

Là où le film se différencie rapidement, c’est dans l’approche du sujet et dans la complexité du dossier à traiter. Conjuring 2 débute en posant ses bases et en nous évoquant un dossier ô combien connu par les fanatiques du paranormal, pour finalement se laisser emmener vers une toute autre histoire, loin d’être anodine et hors sujet. À la différence du premier opus, Le cas Enfield ne nous en apprend pas plus sur le couple Warren et leur histoire en tant qu’enquêteurs spécialisés dans le paranormal sur demande spécifique de l’Eglise. La réalisation de James Wan cherche surtout à se concentrer sur Lorraine Warren et “ses visions” et son don pour débusquer et chasser les êtres maléfiques. Dans ce sens, le film entremêle l’histoire principale, qui se focalise sur Janet Hodgson, victime d’un esprit malfaisant et le combat de Lorraine Warren pour éviter de faire sombrer sa famille.

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Le premier problème, c’est que l’on arrive parfois à se perdre dans ce mélange narratif qui tente de mener le spectateur d’un point A au B, tout en empruntant quelques chemins tortueux. Bien évidemment, le scénario en lui-même n’a rien de complexe et aucune énigme ne se dressera devant vous, mais il est clair que certaines longueurs viennent nuire au rythme du film. Le fait est que nous sommes devant un film d’horreur, ou tout du moins d’épouvante, qui se doit d’être cadencé rapidement, si ce n’est frénétiquement. James Wan a parfois fait l’erreur de vouloir trop en dire et a souhaité développé des bribes d’histoires dont on se serait passé.

Néanmoins, les rebondissements sont légions et le tout se connecte avec une logique exemplaire qui donne une véritable crédibilité au long-métrage. Mis à part quelques rares fausses notes, les moments forts du film se font intensément ressentir et on sent que le réalisateur connait parfaitement ce genre du cinéma pour impressionner le spectateur. À noter qu’un passage du long-métrage est entré dans le top 5 des moments où j’ai eu le plus peur au cinéma, c’est vous dire.

Un casting et une ambiance à la hauteur ?

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Pour ce nouvel épisode, Vera Farmiga et Patrick Wilson sont de retour dans les peaux du couple Warren. Un très bon point pour démarrer tant les deux acteurs de 42 ans avaient été justes dans le premier épisode et semblaient taillés pour le rôle. Pour ce qui est des autres, notons la performance de Madison Wolfe (True Detective, Dalton Trumbo) dans le rôle de Janet Hodgson. La jeune fille excelle dans cet exercice si particulier de l’enfant hanté et contrôlé par des esprits machiavéliques. Sa maman, interprétée par la douce Frances O’Connor nous livre également une partition sans fausse note, bien qu’un peu effacée.

Le reste du casting est malheureusement sans saveur et aisément délébile. Les quelques seconds rôles, censés être forts, ne nous épatent jamais et donnent la désagréable impression d’être stéréotypés. Bien que leur importance soit inégale, on aurait tout de même pu s’attendre à mieux, surtout après un film comme Insidious où chaque personne est un élément clé dans la bonne conduite du film. Rien de très alarmant me direz-vous, mais cela reste dérangeant surtout que la réalisation de James Wan se prend trop au sérieux, oubliant l’une des forces de ses prédécesseurs : l’humour. Vous pouvez oublier les quelques instants de répits et la légèreté qui faisaient la force des deux premiers Insidious notamment. Conjuring 2 se concentre uniquement sur son aspect horrifique et sur ses moments forts pour vous donner des frissons.

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Conclusion :

Conjuring 2 se veut une suite logique et sans surprise du premier épisode. Cette histoire inspirée de faits réels sur la vie du couple Warren offre quelques bons moments d’horreur et donnent aux spectateurs un résultat attendu mais très sympathique. Souffrant de quelques longueurs, la réalisation de James Wan n’en reste pas moins bon film du genre épouvante que les amateurs se doivent d’aller voir.