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Critique Destination Finale Bloodlines : un film gore spectacle pour grands et grands

La saga Destination Finale revient sur le devant de la scène avec un sixième opus. Destination Finale Bloodlines, c’est du fun, de l’humour et surtout beaucoup de gore.

Le cinéma d’horreur a conçu pas mal de monstres avec le temps, allant de l’esprit vengeur au maître des cauchemars en passant par des clowns de l’espace ou des tueurs fans du genre. Mais y a-t-il plus effrayant, de plus invisible et de plus invincible que la mort elle-même ? En 2000 – oui, ça ne rajeunit personne – Destination Finale devient culte pour toute une génération en transformant chaque objet, chaque action du quotidien en danger mortel.

L’idée va se déployer en cinq autres films qui alimenteront notre paranoïa autour des avions, des camions chargés de troncs d’arbres, des manèges de fête foraine… jusqu’à ce que la franchise marque un temps d’arrêt en 2011. Quatorze ans après, la mort revient dans Destination Finale Bloodlines et elle a encore beaucoup d’imagination.

Stéfanie (Kaitlyn Santa Juana), étudiante brillante, est hantée depuis plusieurs mois par un cauchemar récurrent concernant le passé de sa grand-mère Iris, qui vit isolée du reste de la famille. En retrouvant cette dernière, la jeune femme réalise que la mort en a après toute la lignée d’Iris et qu’il va falloir s’unir s’ils veulent survivre aux plans de la Faucheuse.

Destination Finale Origines
© Warner Bros

Attrap’Souris avec de vrais morceaux de gens dedans

Pour mettre en boîte ce nouveau volet, quatorze ans après l’ancien, Warner Bros a mis le bébé entre les mains des réalisateurs Zach Lipovsky et Adam B. Stein. On ne saurait que trop vous conseiller d’aller jeter un œil à leur filmographie tant les bonhommes sont des habitués du grand écart et du grand n’importe quoi. Du très mauvais Leprechaun : Origins au sympathique Freaks en passant par l’adaptation du jeu vidéo – dont on avait oublié l’existence – Dead Rising ou encore l’adaptation live en téléfilm de Kim Possible pour Disney… Disons poliment qu’au moins ils semblent bien s’amuser. Et c’est peut-être là la clé du futur succès de ce Destination Finale Bloodlines.

On appréciait les précédents opus, ou du moins les trois premiers, surtout, pour leur capacité à jouer sur nos angoisses réelles. Certes, le comment du pourquoi échappait souvent à toute vraisemblance, mais l’introduction du premier Destination Finale était un cauchemar pour les gens souffrant d’aviophobie. Le coup du manège ? Combien de faits divers ont vraiment eu lieu ?! Et on ne peut que citer évidemment l’ouverture du second épisode, à laquelle quiconque a vu le film pense immédiatement dès qu’il est sur l’autoroute et aperçoit l’un de ces camions.

Sauf qu’avec le temps, il devient de plus en plus difficile pour la mort, ou pour les scénaristes de la franchise de trouver de quoi broyer les personnages et nous faire flipper sans déployer des trésors d’inventivité et nous éloigner ainsi du côté “réaliste” de la chose.

Destination Finale Avis
© Warner Bros

Le spectateur en a trop vu et n’est plus facilement impressionnable, il faut donc pousser les curseurs plus loin, plus fort et ne plus se contenter d’une brique écrasant un crâne. Non, désormais, il faut que la brique ne soit qu’un leurre pour qu’une balle de tennis tape un pare-brise qui va surprendre le conducteur, rentrant dans un panneau qui va lui-même allumer une tondeuse laissée là en tombant et à la tondeuse d’aller faire sa mortelle besogne sur la jeune femme bronzant sur la pelouse. On n’est plus dans une coïncidence macabre, on est dans un Attrap’Souris sanguinolent.

La mort nous va si bien

Et à ce jeu-là, Destination Finale Bloodlines nous régale avec sa faculté à aller dans le grand-guignolesque d’une mort devant échafauder des plans à la Ocean’s Eleven pour flinguer du figurant. Des stratagèmes misant beaucoup sur le ridicule de la situation, laissant ressortir la partie humour de la carrière des réalisateurs. Le film ne fait pas semblant d’être autre chose qu’un gros n’importe quoi où notre antagoniste intangible paraît littéralement s’amuser à déjouer les attentes. Il devient le personnage principal du récit avec un seul mode de fonctionnement : plus c’est gros, plus ça passe.

Loin de n’être qu’un film d’horreur, Destination Finale Bloodlines est surtout un long-métrage qui se refuse à se prendre au sérieux. Dans le montage ou l’écriture des protagonistes, on touche plus d’une fois au parodique avec ses scènes d’enterrements successives et des acteurs surjouant ou ne jouant pas du tout. Tout est fait pour que l’on soit du côté de la mort, ayant à chaque fois hâte qu’elle frappe pour nous débarrasser du boulet ou du sale gosse. Et lorsqu’elle le fait, c’est jubilatoire. On rit et… on l’applaudirait presque.

Destination Finale Film
© Warner Bros

Destination Finale Bloodlines est une ode à l’exagération et au second degré, y compris dans ses séquences les plus gores. Car oui, là aussi, le film en fait des tonnes et les morceaux de barbaques vont de pair avec les bruitages sonores accentuant le côté bien dégueulasse de la chose. Si vous n’aimez pas les viscères ou les visages éparpillés aux quatre coins de la pièce, passez votre chemin. À plus d’un titre, c’est l’épisode ressemblant le plus à une boucherie chevaline de la saga, bien aidé par les effets numériques à foison. On rassure les âmes sensibles, là encore, difficile de prendre le film au sérieux tant le rendu est baveux. Baveux ET généreux. On en a pour notre argent.

Et comme chaque opus, il y a toujours UNE scène qui se démarque des autres. Dans le cas présent, il faut saluer le lâcher-prise total sur son segment hospitalier où les morts sont aussi visuellement dégoûtantes que la manière est autant ingénieuse qu’absurde.

Destination Finale Bloodlines
© Warner Bros

Ne cherchez pas l’intrigue, il n’y en a pas

On passe volontairement du côté du scénario, puisque c’est sincèrement la dernière chose à laquelle s’intéresse le film. Il tente bien de recoller avec ses prédécesseurs avec quelques clins d’œil, dont une ultime référence très amusante lors du final, néanmoins, on se sent davantage dans l’hommage que dans le récit construit. On sait bien qu’il n’y a plus “d’intrigue” depuis le troisième volet. La vraie déclaration d’amour à la franchise se trouve dans la dernière scène du regretté Tony Todd, alias le médecin légiste, figure centrale de la saga à laquelle on a prêté toutes les interrogations et qui trouve ici sa véritable histoire ainsi que sa dernière apparition à l’écran. Petit moment touchant juste avant un festival d’hémoglobine comme on les aime.

Destination Finale Bloodlines n’a plus la fraîcheur de ses aînés et il compense en allant jouer la carte du pire et du pitre. On est dans un pur divertissement horrifique qui n’a qu’un principe : plus c’est bête, plus c’est drôle et plus c’est gore. On a peut-être perdu ce qui faisait le sel paranoïaque de la licence, mais on y a gagné en vente de pop-corn au ketchup.

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Notre avis

Les puristes du cinéma d'horreur peuvent passer leur chemin, Destination Finale Bloodlines est un film gore spectacle qui entend amuser toute la famille de plus de dix-huit ans autour d'un massacre de personnages inutiles, de la façon la plus graphique qui soit. C'est complètement nul, mais c'est absolument fun.

L'avis du Journal du Geek :

Note : 7 / 10

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