Critique

Critique : Entourage, clichés from L.A.

Cinéma

Par Elodie le

Attendu par les aficionados depuis la fin de la série il y a 4 ans sur HBO, Entourage débarque enfin sur les écrans, après une bande-annonce faisant la part belle à Vince et ses potes, aux fêtes qui n’en finissent plus, ses jolies poupées, Los Angeles, les bolides et Hollywood. Suffisant pour en faire un bon film ?

critique_entourage_jdg

Je vous l’avoue d’emblée, je n’ai rien contre la série de Doug Ellin, pour la bonne et simple raison que je ne l’ai jamais regardé. Non pas que le pitch me m’intéressait pas, mais elle n’est jamais arrivée jusqu’à moi. L’offre de plus en plus importante et variée de séries, fait qu’il faut faire des choix et que l’on passe souvent à côté de quelques pépites. Entourage en était peut-être une. Du moins, les aventures de Vincent Chase (Adrian Grenier) et sa bande de potes ont contribué à créer une génération de fans dévoués, mais aussi de détracteurs patentés.

L’entourage de Vince est donc composé de E (Kevin Connolly), son manager, Turtle (Jerry Ferrara), le chauffeur bien portant, Drama (Kevin Dillon), le demi-frère has been avant d’avoir connu la gloire et Ari (Jeremy Piven), l’agent survolté (et très cocaïné) de Vince.

Entourage, le film, début 6 mois après la fin de la série. Vince, fraichement marié et aussitôt divorcé, se remet doucement à bord d’un yacht qui a jeté l’ancre dans les eaux cristallines d’Ibiza, forcément bien accompagnée d’une tripotée de jeunes femmes ravies de faire la fête. Très vite rejoint par ses amis, tous aussi contents de pouvoir festoyer avec lui. Ari, devenu patron de studio lui propose le rôle-titre de son nouveau projet, ce à quoi Vince consent à la seule condition d’en être également le réalisateur.

entourage_thierry_henri

Je suis donc allée à la projection vierge de tout a priori, attentes ou quoi que ce soit qui aurait pu polluer mon objectivité subjective. Pour moi, le pitch s’arrêtait à ca : une bande de pote gravitant autour du plus célèbre/prometteur d’entre eux et dont le quotidien californien se résume à : fêtes, drogues, alcool, femmes et langage des plus fleuris pour atténuer ce bling-bling hollywoodien qui irrite (parfois) la rétine.

Et je dois dire que les 15 premières minutes ont respecté ce résumé à la lettre. Si bien que je me suis dit que le film allait être bien long si un scénario enlevé et des répliques bien senties ne faisaient leur entrée.
Bon, j’ai quelque peu ravisé mon jugement, non pas à cause du scénario – inexistant et prétexte à – mais grâce à cette bande, irritante, mais finalement attachante. Le film est loin d’être un chef d’œuvre décortiquant les préjugés d’Hollywood, arpentant les coulisses d’une machine à rêves, singeant ses acteurs et nababs, déconstruisant le mythe, on est dans le cliché, le cliché, le cliché. L’abondance, l’opulence pour pallier le manque criant d’inventivité scénaristique.

Du tape à l’œil donc, une pelletée de stars, d’apparitions en tout genre et de caméo, dont les connus : Thierry Henri (ne clignez pas des yeux, vous allez le rater), Jessica Alba, Mark Walhberg (dont le parcours a inspiré la série Entourage et qui est également producteur du film), le DJ Calvin Harris, Warren Buffet, Liam Neelson et j’en passe. À Los Angeles, qui pourrait concurrencer Las Vegas comme ville du vice, Entourage ne se refuse rien.

entourage

Le film est également l’occasion de se rappeler au bon souvenir de Haley Joel Osment, qui a décidément beaucoup changé depuis 6e sens, et qui joue parfaitement le petit fils à papa que l’on aimerait pouvoir gifler si son père n’était pas aussi puissant. Son père d’ailleurs est interprété par Billy Bob Thornton, qui semble ne plus pouvoir (vouloir ?) ôter son costume de cow-boy texan mal léché (qu’il joue très bien me direz-vous).

Il ne faut pas compter sur le film pour inclure quelques personnages féminins forts et qui ne sont ici présents que pour jouer les faire valoir, dans la pure tradition hollywoodienne finalement. De Sloan (Emmanuelle Chriqui), à la lutteuse Ronda Ronsey (dans son vrai faux rôle assez savoureux) en passant par la magnifique Emily Ratajkowski (la bombe de Gone girl, toujours aussi bombesque donc).

Vince va-t-il réussir son pari, plaire aussi bien aux professionnels qu’au public et rassurer Ari qui a tout misé sur son poulain ? Voilà pour la trame et le violent suspense du film, balayé en quelques minutes. Formalité. Le fil rouge est prétexte à toutes les extravagances, gros sons qui crache, party alcoolisées jusqu’à plus soif, pépées légèrement vêtues et peu vertueuses, bolides, luxe et volupté, plan aérien, etc. Un peu à la manière d’un Sex and the city qui, pour justifier le premier et encore plus le second film, a donné lieu à une avalanche de bling-bling et de placement produit indécent et aussi subtil qu’un Bigard en rut.

Cette série portée sur grand écran ne prétend finalement jamais à dépasser ce format-là. Le film est même construit en ce sens, enchaînant les courtes scénettes pour impulser son rythme. La fin du film laisse l’impression d’un gros épisode shooté au champagne et au viagra qui pourrait donner une multitude de suite. Ou une série de films…
Ce n’est pas un chef d’œuvre, mais un film dont on sort rassasié au bout d’1h40. Ne connaissant pas la série originelle, je ne pourrais faire de comparaison salutaire pouvant vous aiguiller vers les salles obscures ou un autre film. Néanmoins, sans avoir vu les 96 épisodes d’Entourage version HBO, j’ai passé un bon moment, j’ai ri (plus que dans Vice Versa, c’est dire), sans forcément comprendre toutes les subtilités… hum disons plutôt références (la subtilité se fait très discrète dans le film) et clins d’oeil qui doivent ponctuer le film : passé des personnages, leur évolution, qui a fait quoi, avec qui avant d’en arriver là, etc.).

Un buddy movie bling bling from L.A. Voilà !