Critique

Critique : Les Tortues Ninja – Gros muscles, petit cerveau

Cinéma

Par Pierre le

Sept ans après leur dernière apparition au cinéma, les Tortues Ninja reviennent sous la houlette de Jonathan Liebesman et de Michael Bay. Le résultat ? Un reboot explosif, stupide, mais diablement jouissif.

Le film comprend quelques scènes bien marrantes
Le film comprend quelques scènes bien marrantes

Avant toute chose, je vais vous avouer quelque chose. Quand j’étais gosse, j’avais cinq héros. Le premier, c’était (et c’est toujours) Batman. Les quatre autres ? C’étaient les Tortues Ninja. J’attendais donc ce film avec un sentiment étrange, mélange d’impatience et surtout de peur. Peur du nouveau traitement réservé à mes héros. Peur de la patte de Michael Bay. Peur de leur nouveau look et du ton que semblait adopter le film. Je suis donc allé dans la salle de cinéma un peu à reculons. Une heure et demie plus tard, je me suis retrouvé avec le cerveau gravement endommagé par tant de bêtise. Mais vous savez quoi ? Un sourire béat se dessinait sur mon visage…

Critique garantie sans spoiler

Les Tortues Ninja ne change pas vraiment l’histoire de base des héros. Quatre tortues d’enfer dans la ville, chevaliers d’écailles et de vinyle qui vivent dans les égouts en mangeant des pizzas. Lorsque le clan du Foot, dirigé par le terrible Shredder, montre le bout de son nez, nos tortues sortent de leur tanière pour aller botter des postérieurs dans la joie et la bonne humeur. Qu’on mette les choses au clair tout de suite. Les Tortues Ninja est clairement un film stupide destiné au public n’aimant pas se triturer le cerveau. Scènes d’action qui s’enchaînent, scénario au ras des pâquerettes, dialogues consternants, le film de Jonathan Liebesman est un bon gros blockbuster des familles, bien calibré pour tenter de vous divertir. Nous pouvons le comparer avec la franchise Transformers : le film ne prétend jamais être autre chose que ce qu’il est. C’est un film d’action pure se basant sur une licence fructueuse qui n’a que faire du réalisme ou même de la crédibilité. Un angle tout à fait logique. Nous parlons de tortues qui font du kung-fu, nom de Zeus !

Voici le personnage qui vous agacera pendant deux heures
Voici le personnage qui vous agacera pendant deux heures

Pas besoin de scénario

Le scénario ? Y’a-t-il besoin d’un scénario ? Les phases d’exposition et de dialogues ne sont là que pour combler le vide entre deux bastons. Certes, Bay et Liebesman tentent d’apporter un peu de nouveauté avec une histoire d’origine des tortues légèrement remaniée, ainsi qu’un nouveau personnage central joué par William Fichtner, mais ça s’arrête là. Les scènes d’action, elles, sont réalisées dans le pur style Bay. Montage rapide, effets spéciaux à chaque plan, explosions. Il faut savoir que le producteur, mécontent du travail de son réalisateur, a retourné une partie du film. Bref, si vous n’aimez pas le style du bonhomme, vous feriez mieux de trouver un autre film, étant donné que ces scènes sont nombreuses. L’une d’elles est d’ailleurs impressionnante et a beaucoup fait jaser chez les critiques américaines par son aspect grotesque et totalement WTF : la scène du camion dans la neige. Oui, c’est grotesque. Oui, c’est n’importe quoi. Mais au risque de me répéter : Nous parlons de tortues qui font du kung-fu et qui mangent des pizzas !

William Fichtner aurait quand même pu faire mieux
William Fichtner aurait quand même pu faire mieux

Tortues géniales

Autre élément qui a fait jaser : l’aspect des tortues. Je ne rentrerais pas dans ce débat, celui-ci étant sans fin. Néanmoins, il faut reconnaitre que la production a fait des efforts pour donner un aspect unique à chaque héros. Que ce soit dans le style vestimentaire, dans la corpulence ou même dans la façon de bouger, elles ont chacune leur personnalité et il est aisé de les reconnaître même dans les scènes d’action les plus fouillies. Il faut également admettre que les personnages ont été traités avec énormément de respect. Ce sont les mêmes que celles des comics et du dessin animé des années 80.

On retrouve donc notre Mickey un peu bêbête, notre Raph avec son côté loup solitaire, etc. Un respect qui apparait surtout dans les dialogues. Car oui, les dialogues entre tortues sont les seuls réussis du film et la plupart des répliques font mouche. Les autres personnages sont anecdotiques. Megan Fox se contente de faire du Megan Fox dans son rôle d’April O’Neil. William Fichtner, si excellent d’habitude, se montre en petite forme et ne fait que sortir des lignes de dialogue sans aucune passion. Will Arnett ne joue lui qu’un rôle de sidekick agaçant. Bref, le tout ne brille pas par son génie et n’est pas servi par un scénario digne d’intérêt.

On aime ou on aime pas le nouveau look de Shredder
On aime ou on aime pas le nouveau look de Shredder

Verdict

Alors voilà, Les Tortues Ninja est un film débile. Extrêmement fun, mais débile. Après avoir vu ce cru 2014, j’ai décidé de revoir les premiers films des années 1990. Et vous savez quoi ? Ils sont eux aussi totalement débiles. La franchise elle-même est improbable. Mais on s’en fiche : ce sont des tortues qui font du Kung Fu et ça, c’est génial ! Vous l’aurez compris, si vous n’avez pas grandi avec ces personnages, ce film n’est pas fait pour vous. Même si ce n’est pas le film le plus intelligent du siècle, vous vous amuserez comme un petit fou devant Les Tortues Ninja, à condition bien sûr que vous ayez laissé votre cerveau à l’entrée du cinéma.

Cowabunga !

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