Critique

Critique : Pirates des Caraïbes 5 est tout ce qu’un blockbuster hollywoodien est censé être

Cinéma

Par Pierre le

Le premier Pirates des Caraïbes a joui d’un succès considérable lors de sa sortie en 2003 (déjà !). Disney, fier de sa franchise juteuse, s’est alors empressé de faire des suites, avec un diptyque (2006 et 2007) ainsi qu’un quatrième volet (2011). Chaque épisode faisait tomber la franchise dans un océan d’ennui, s’éloignant de plus en plus de la formule du premier volet. La Vengeance de Salazar a la lourde tâche de faire revenir la licence sur les bons rails, de lui donner une nouvelle impulsion, d’être un blockbuster modèle comme la franchise se doit d’être. Le pari est réussi.

Johnny Depp est de retour, plus Sparrowesque que jamais

Nous sommes vingt ans après le tout premier Pirates des Caraïbes. Jack Sparrow est toujours égal à lui-même, enchaînant les mauvais coups et liquidant trois bouteilles de rhum à la minute tel le forban qu’il est. Sa vie va pourtant devenir extrêmement compliquée lorsqu’un dénommé Salazar sort du royaume des morts pour se venger. Sa seule issue ? Trouver le sceptre légendaire de Poséidon qui réalise tous les vœux. Malheureusement pour lui, deux jeunes héros, Henry et Carina, se sont aussi lancés dans cette quête insensée… tout comme un certain Barbossa.

Retour aux sources

La Vengeance de Salazar dispose plus de l’arôme d’un soft-reboot que d’une suite, notamment avec son trio de tête qui rappelle celui de La Malédiction du Black Pearl (Jack, Will et toujours Jack) ainsi que son histoire qui pose de nouvelles bases saines. Des bases saines qui servent à se débarrasser de toute la lourdeur scénaristique dans laquelle les précédents volets se sont empêtrés.

Le film met en scène un nouveau duo de héros

Les Pirates des Caraïbes ont toujours pêché dans leur rythme à partir du deuxième volet, les deux réalisateurs successifs (Gore Verbinski puis Rob Marshall) préférant s’embourber dans des dialogues inintéressants et des situations artificiellement rajoutées dans l’intrigue. Ici, Joachim Rønning et Espen Sandberg ont compris qu’un blockbuster, c’est avant-tout une affaire de rythme, d’un savant équilibre entre les scènes d’action et les scènes d’exposition. Un savoir faire qui se ressent à l’écran, tant le film est maîtrisé à ce niveau.

L’emblème d’Hollywood

C’est incontestable, Pirates est l’un des emblèmes du film blockbuster. Ce n’est pas un hasard si dans le top 3 des films les plus chers de l’histoire, deux soient issus de la franchise. La Vengeance de Salazar a décidé de faire honneur à son statut en offrant un film familial bourré d’action, pour plaire aussi bien aux parents qu’à leur progéniture.

C’est maintenant une habitude chez Disney, on rajeunit les acteurs

Des scènes d’actions inventives qui témoignent, contrairement aux anciens volets, d’un véritable effort de mise en scène, d’une véritable progression dans l’action. Une maîtrise qui accroche le spectateur, quitte parfois à en faire trop, flirtant avec le grand-guignolesque. Le tout se fait à grands coups d’effets spéciaux (réels ou non) où chaque dollar dépensé se voit à l’écran.

Ajoutez à cela un Johnny Depp égal à lui-même dans le rôle de Sparrow (= il en fait trop) et un duo de jeunes acteurs (Brenton Thwaites et Kaya Scodelario) lissés pour que le spectateur puisse s’identifier à eux, comme tout bon blockbuster. Enfin, ce serait une erreur de ne pas parler de Javier Bardem, qui survole le film par sa prestation. L’acteur livre une performance terrifiante et intense, bien servi par un personnage aussi abominable que touchant.

Salazar est sans conteste le meilleur méchant de la saga

Verdict

Pirates des Caraïbes La Vengeance de Salazar est ce qu’aurait toujours du être la saga : un film divertissant, rythmé, amusant, parfait pour les parents souhaitant emmener leurs pitchounes au cinéma, mais aussi un peu bête. Un film calibré au millimètre près dans le carcan du blockbuster hollywoodien, qu’on prend plaisir à regarder mais qui ne surprend à aucun moment… Quoiqu’il est vrai que de revoir Pirates des Caraïbes nous livrer un bon film est une surprise en soit.