Critique

[Critique] Pokémon : Détective Pikachu, le parfait mix de sarcasmes et de mignonnerie

L'avis du Journal du Geek :
Cinéma

Par Amandine Jonniaux le

Près de deux décennies après le succès du premier long-métrage Pokémon avec Mewtwo contre-attaque, les monstres de poches reviennent sur grand écran. Une véritable déclaration d’amour à la licence de la part de Rob Letterman, qui signe une jolie réussite pour sa première adaptation en prise de vues réelles.

Crédits Détective Pikachu – Warner

Alors que les premières images de Sonic, le film ont déjà fait bondir les fans, au point de pousser le réalisateur à revoir entièrement sa copie, Pokémon : Détective Pikachu sort ce 8 mai 2019, dans un contexte pas vraiment favorable aux live-actions inspirés des monuments du jeu vidéo. Pourtant, et malgré la réticence des fans à l’annonce du projet, les premières images du film s’annonçaient plutôt convaincantes. Force est de constater que 104 minutes plus tard, Pokémon : Détective Pikachu se révèle comme la vraie bonne surprise du moment.

Ni arènes ni combats ?

Non seulement Pokémon : Détective Pikachu est le tout premier live-action inspiré de la saga, mais en plus, c’est la première fois que la firme japonaise autorise une adaptation américaine officielle. Conscient de la malédiction qui pèse depuis toujours sur les films inspirés de jeux vidéo, le réalisateur Rob Letterman a finalement choisi de baser son histoire, non pas sur les aventures d’un jeune héros prêt à tout pour devenir le meilleur dresseur (et se battre sans répit), mais plutôt sur la trame du jeu spin-off Détective Pikachu. Sorti en 2016 sur Nintendo 3DS, le titre n’avait pas connu un énorme succès à l’époque, mais permet un véritable décalage de scénario et de ton, qui fonctionne parfaitement sur grand écran.

Crédits Détective Pikachu – Warner

Le film Pokémon : Détective Pikachu reprend l’histoire de Tim Goodman, un jeune conseiller en assurance contraint de changer de vie après la disparition mystérieuse de son père, agent de police à Ryme City. En froid avec ce dernier depuis son plus jeune âge, Tim va finalement se lancer à sa recherche, aidé d’un étrange Pikachu amnésique, parlant et insupportable, incarné par le génial Ryan Reynolds.

En s’éloignant du traditionnel schéma narratif de la saga, et en délaissant arènes et combats à la loyale, Rob Letterman s’offre un tout nouveau terrain de jeu pour Pokémon : Détective Pikachu. Alors qu’on espérait voir des combats mémorables entre Pikachu et une armée d’ennemis hostiles, les affrontements sont quasiment inexistants, et il faut bien admettre que l’histoire ne s’en porte finalement pas plus mal.

Crédits Détective Pikachu – Warner

Un vrai blockbuster à l’américaine

Première adaptation américaine de la licence Pokémon sur grand écran, le film assume son héritage américain, avec un sens du spectacle explosif, et un budget qui ne laisse pas de place à l’amateurisme. Comme tout bon blockbuster qui se respecte, l’intrigue du long-métrage ne constitue clairement pas son point fort, mais Pokémon : Détective Pikachu reste un très bon divertissement, qui ne nous lâche pas du début à la fin. Oui, la vie à Ryme City est manichéenne, et se targue de quelques raccourcis un peu simplistes. Oui, l’issue du film n’est pas une énorme surprise. Mais l’histoire mise en scène par Rob Letterman est épique, drôle, et elle s’inscrit dans la lignée directe de ce qu’on peut attendre d’un film Pokémon.

Malgré une intrigue perfectible, Pokémon : Détective Pikachu s’impose grâce à deux atouts de taille : son humour et sa direction artistique. Graphiquement, le film est une véritable prouesse technique. Le trailer nous en avait déjà mis plein les yeux, mais force est de constater que le rendu des Pokémon, qui n’avaient jusqu’à présent jamais eu droit à une transposition dans le monde réel, et reste bluffant du début à la fin.

Concernant l’humour, Rob Letterman n’est pas un étranger du genre, puisqu’en plus de quelques succès dans l’animation, le réalisateur avait travaillé en 2001 sur Shrek, qui reste encore aujourd’hui l’un des films d’animation les plus drôles de sa génération. Cerise sur le gâteau, c’est l’excellent Ryan Reynolds qui incarne Pikachu dans le film, et donne la réplique à Justice Smith. Un rôle que l’acteur canadien endosse brillamment.

Crédits Détective Pikachu – Warner

Du fan service, évidemment

Saga culte oblige, Pokémon : Détective Pikachu regorge de références plus ou moins cachées, qui feront le bonheur des fans de la première heure (coucou l’escouade Carapuce). Mais si le fan-service était évidemment un exercice obligatoire pour ce projet, Rob Letterman a eu le bon goût de ne pas miser tout son film sur la simple nostalgie de quelques (millions de) geeks trentenaires. Il est ainsi parfaitement possible de découvrir la saga au travers du long-métrage. L’occasion de faire découvrir le phénomène des années 90 aux plus jeunes, tout en profitant d’une double lecture un poil plus adulte et nostalgique.

Notre avis

Pokémon : Détective Pikachu est à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre d’une adaptation américaine de la saga. Les aventures de Tim Goodman sont drôles, épiques, et ne laissent clairement pas de place à l’ennui. Malgré une narration un peu trop familiale, qu’on aurait aimé plus adulte et réfléchie à certains moments, le film regorge de références que les fans sauront apprécier. Pokémon : Détective Pikachu est un vrai bon divertissement, et se conclut par une scène finale certes prévisible, mais qui n’en reste pas moins très réussie. Ryan Reynolds est parfait dans le rôle d’un Pikachu cynique et accro à la caféine, et sa prestation justifie à elle seule d’aller voir le film.

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