Critique

[Critique] Rogue One : A Star Wars Story

Cinéma

Par Elodie le

Le spin-off très attendu de Star Wars, Rogue One, réalisé par Gareth Edward, débarque enfin dans les salles obscures ce mercredi 14 décembre, avec une histoire originale qui s’inscrit dans la légende, mais pas dans sa chronologie. Pour quel résultat ?

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Avec ce premier spin-off, Disney est attendu au tournant. Il faut dire que la maison de Mickey a racheté LucasFilms à prix d’or pour s’offrir cette licence (et beaucoup d’autres avec) et compte bien rentabiliser son acquisition. Déjà deux autres spin-off sont d’ailleurs en préparation, l’un sur Han Solo, l’autre est encore inconnu.

À Rogue One de lancer la tendance

Un fait déjà acquis et connu (pas de spoiler donc), spin-off oblige, vous n’aurez pas droit au célèbre générique défilant et à la non moins célèbre musique introduisant les films de la saga. Passé cela, que nous raconte ce Rogue One ? Nous sommes en pleine période de l’Empire. Alors qu’il occupe déjà plusieurs planètes et tente de mater la Rébellion, l’Empire développe son arme ultime à même de détruire une planète entière à elle seule : l’Étoile Noire (Deathstar ou Étoile de la Mort depuis). Grâce à un message aussi inattendu qu’inespéré, la Résistance entreprend alors de voler les plans de l’Etoile Noire afin de la détruire.

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Voilà pour le scénario, pas très épais et assez simple. Pour le contexte général (dans l’univers Star Wars), Pierre nous l’a situé dans un article récap de tout ce que l’on sait sur Rogue One (à lire donc) :

« Le film se situe entre les épisodes III et IV de la saga. L’Empire règne sans partage sur la galaxie, Obi Wan est parti se planquer sur Tatooine, Yoda tente de s’occuper comme il peut sur Dagobah et Luke rumine sur Tatooine car son oncle ne veut pas le laisser partir de la ferme.

Dans l’univers de Star Wars, il se déroule vingt ans entre les Épisodes III et IV. Rogue One se placera à la toute fin de cette période, puisque le film se déroulera quelques mois, voire quelques semaines, avant les événements de l’Épisode IV (sorti en 1977). »

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Mes hommages My Lord

Vous l’aurez compris, Dark Vador est alors LE bad guy sans une once d’humanité aux ordres de l’Empereur. Et pour tout dire, ça fait franchement plaisir à voir : Coucou Kylo Ren. En tout cas, ses apparitions sont véritablement réjouissantes, il est flippant, craint et impitoyable. Bref, il nous avait manqué. Ce qu’il y a de bien avec Rogue One, c’est que l’on ne s’attend à rien du tout, mis à part la présence (plus ou moins) importante de Dark Vador. Avec l’épisode VII, l’attente était si phénoménale, les twists scénaristiques, caméos, etc. espérés et attendus que les fans ont finalement été déçus d’avoir été (un peu trop) exaucés. Aucun risque ici.

Saw Gerrera - Forrest Whitaker - Rogue One
Saw Gerrera – Forrest Whitaker – Rogue One

Rogue One a donc ceci de rafraîchissant que l’on repart – presque – de zéro. Nouvelle histoire, nouveaux personnages (assez fades), etc. Le personnage joué par Forest Whitaker est décevant, presque inachevé, alors qu’il aurait mérité d’être un peu plus valorisé. Mads Mikkelsen et Forest Whitaker, pourtant aussi talentueux que charismatiques, n’arrivent pas à élever le niveau. La faute également, peut-être, à une Felicity Jones à la peine, pas émouvante pour un sou, et un Diego Luna, mignonnet mais loin du charisme d’un Han Solo joué par un Harisson Ford ou même d’un Poe Dameron (Oscar Isaac).

Après, j’avoue aussi avoir été surprise, en bien d’ailleurs, par le choix de certains personnages. J’imagine les scénaristes au moment d’inclure le personnage de Chirrut Imwe : « Eh, et si on mettait un moine ninja Jedi et aveugle dans Rogue One ? Ça aurait de la gueule non ? » Mais pourquoi pas, il y bien Jar Jar, puis le personnage est plutôt badass au final.

Rogue One: A Star Wars Story Donnie Yen (Chirrut Imwe) Behind the Scenes on set during production.  Ph: Footage Frame ©Lucasfilm LFL 2016.
Rogue One: A Star Wars Story
Donnie Yen (Chirrut Imwe) Behind the Scenes on set during production.
Ph: Footage Frame
©Lucasfilm LFL 2016.

Là où le bât blesse, c’est l’histoire donc, très simple, mais surtout sa durée pour la traiter : 2h10. J’avoue avoir trouvé le temps long par moment, la faute à certaines scènes poussives et inutiles, notamment, dans un flash back dont je ne vous dirai rien, ou par exemple Lorsque Jyn est face à un hologramme.

Idem, au niveau des phases discours/action/émotion. OK, on est dans un Star Wars, les enjeux sont grands, il en va de l’avenir de la Rébellion et de la galaxie, mais je préfère encore les discours d’avant match type l’Enfer du Dimanche : du sang, de la sueur et des larmes. Là, rien. On a connu plus vibrants comme scènes, et même avec l’IMAX, on a du mal à se sentir proche de la troupe. Je comprends pourquoi ils ont mis autant de temps à détruire cette fichue Étoile Noire.

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Jyn Erso – Felicity Jones – Rogue One

En revanche, les fans devraient être satisfaits au sujet de ce qui fait le sel des Star Wars : les batailles intergalactiques. À ce titre, les 30 dernières minutes sont un véritable festival de pyrotechnie dans l’espace et sur terre. Ça chasse, pourchasse, défouraille, combat, avec du blaster en veux-tu, en voilà. Si certains s’étaient retrouvés frustrés avec l’épisode VII, qu’ils se réjouissent !

Enfin, mis à part le côté un peu LEGO d’un vaisseau, les décors et effets spéciaux sont de haute facture, particulièrement les scènes de battle spatiales.

Rogue One : A Star Wars Story assure donc le service, et s’intégrera facilement dans cet imposant univers. Reste qu’il aurait mérité des personnages principaux plus convaincants et une histoire un peu plus complexe.