Critique

[Critique] Star Wars VIII – Les Derniers Jedi. Le meilleur épisode de la saga ?

Cinéma

Par Mathieu le

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine. Ces mots ont une résonance bien particulière dans l’esprit de millions de fans à travers la planète. Dans leur quête de réponses, ces derniers vont bien évidemment assaillir les salles obscures, scrutant chaque scène, dévorant chaque dialogue, avec une détermination aussi forte que palpable. Star Wars VIII – Les Derniers Jedi arrive, nous dévoilant ainsi un récit qu’on pensait enfoui et des héros qu’on imaginait disparus au fin fond d’une planète inexplorée. Alors, allez-vous vraiment vibrer, une fois encore, au son des sabres et des blasters ?

Que savait-on de cet épisode huit ? Pas grand-chose. Son scénario était gardé secret, Disney ne voulant pas dévoiler à des spectateurs en manque de sensations fortes les quelques révélations que nous promettait le film. Il va donc être compliqué de vous faire un résumé, sans spoil, des Derniers Jedi. Mais nous allons nous efforcer de garder la surprise intacte pour votre visionnage au cinéma.

Une attente palpable

On retrouve donc nos héros quelques instants après la fin du Réveil de la Force. Rey se tourne vers Luke Skywalker pour tenter d’apprendre à maîtriser ses pouvoirs. La générale Leia, qui compte notamment dans ses rangs Poe et Finn, s’efforce de diriger d’une main de maître les Rebelles. De son côté, Kylo Ren, totalement désappointé après avoir été malmené par Rey, se retourne vers le Leader suprême Snoke et essaye de relever la tête. Chacun devra faire face à son destin pour mener à bien l’avenir qui se dessine, lentement, sous ses pieds.

Ce qui importe le plus lorsqu’on se lance dans un nouveau segment de la saga Star Wars, c’est sa faculté à nous impliquer dans le récit. Pour ce faire, le rythme avec lequel le scénario se met en place a une importance toute particulière. Si certains s’étaient soulevés contre Le Réveil de la Force à cause de ses ressemblances, souhaitées ou non, avec le quatrième épisode, il n’en est rien avec Les Derniers Jedi. Comme cela devrait être le cas pour chaque long-métrage estampillé Star Wars, il en ressort une expérience singulière, jamais vécue auparavant. Les codes créés et mis en place par George Lucas sont bien là, l’univers dépeint toujours aussi riche, mais cette réalisation a une âme différente de ses prédécesseurs. La patte Rian Johnson ? C’est fort probable. Le réalisateur, qui avait certainement des impératifs à respecter, a réussi à faire de ce film, son film et non une œuvre industrialisée qui n’a comme but que de plaire à des groupes de fans toujours plus exigeants. On est hypnotisé par ce qui se trame devant nous, subjugué par certaines scènes à couper le souffle et on se surprend même, parfois, à rire. Et c’est là toute l’intelligence du long-métrage qui se détache de tout ce qu’on pouvait penser voir.

Kylo Ren est plus torturé que jamais

Rey-ponses

Le démarrage est poussif, comme pour nous rappeler aux mauvais souvenirs des projets ratés ou avortés de ces dernières années. On se prend à craindre le pire, comme si la patte Disney n’était là que pour faire le mal autour d’elle. Et puis, les minutes défilent et se transforment en secondes. On ne voit plus le temps défiler sous nos yeux tandis que des scènes de plus en plus réussies s’enchaînent les unes aux autres. Depuis maintenant deux ans, nous imaginions tant de possibilités, nous construisions tant de théories autour de cet épisode que réussir à nous surprendre paraissait improbable. Et pourtant. Les Derniers Jedi se veut beaucoup moins manichéen que d’accoutumé et la relation entre Côté Obscur et Lumineux est remarquablement traitée, comme pour nous faire espérer à des renversements de situations inespérés. Le Mal et le Bien se croisent, sans jamais se confronter directement et ce jusqu’à un dernier segment explosif, annonciateur de bien des maux pour la suite. Car oui, si vous attendiez des réponses, elles devraient bien arriver.

Le suprême leader Snoke nous en dévoile plus

Mais là où Les Derniers Jedi se veut un véritable épisode charnière, c’est en ne nous dévoilant que le minimum requis, pour ne pas nous laisser sur notre faim, tout en obligeant le spectateur à une nouvelle remise en question. À la sortie de la salle obscure, vous aurez encore bien des interrogations en tête.

Tandis que Le Réveil de la Force avait pour grand objectif d’introduire de nouveaux personnages et de créer une genèse autour d’eux, ce huitième acte s’autorise un travail bien plus cohérent et intéressant. Rey, Kylo Ren, Snoke, Finn et même Poe profitent du travail de Rian Johnson pour faire évoluer leur rôle dans la saga. On arrive plus intensément à cerner leurs différences psychologiques ou morales et les buts qui les animent. La jeune Rey (Daisy Ridley) commence à s’assumer et à dévoiler son vrai potentiel, tandis qu’on comprend mieux les ambitions derrière l’énigmatique Leader suprême Snoke (Andy Serkis) et son apprenti Kylo Ren (Adam Driver). Si Finn (John Boyega) perd en épaisseur et a paru bien moins séduisant que notre imagination le laissait supposer, nous ne pouvons qu’être ravis du traitement accordé à Poe et son interprète Oscar Isaac. Avec un acteur de tel talent, il aurait été dommage de ne pas en profiter, comme ce fut le cas dans l’épisode sept. Heureusement, sa place dans le récit est désormais d’envergure et il en ressort ainsi plus influent. Une vraie bonne chose pour la suite.

Et puis, comment ne pas évoquer la dernière de Carrie Fisher, malheureusement décédée il y a un an, dont le film parait être l’hommage parfait pour la carrière qu’elle a menée. La générale Leia en impose, comme ce fut souvent le cas par le passé, et passe le flambeau avec une rare élégance. Quant à Mark Hamill, si nous ne voulons pas trop vous évoquer son rôle dans cet épisode, nous ne pouvons qu’apprécier à sa juste valeur la direction que lui a fait prendre Rian Johnson, bien plus sombre que nous ne l’avions connu jusqu’alors. Il faut être clair lorsqu’on évoque sa performance : c’est de loin sa meilleure dans la peau de Luke Skywalker.

Un duo d’exception

Orgasme visuel

Autre point ô combien important lorsqu’il s’agit d’évoquer un nouvel épisode Star Wars, les effets visuels. Ils sont plus que réussis et parfaitement intégrés dans ce film qui prend plaisir à s’amuser avec nos rétines mais aussi nos sens. Au-delà d’effets spéciaux de grande qualité, c’est surtout la photographie dirigée par Steve Yedlin, qui avait déjà officié sur Looper (réalisé par…Rian Johnson) qui nous a plus que convaincu. En alternant à bon escient entre le noir et la lumière, les couleurs et des panels plus sombres, le film se veut l’un des meilleurs de la saga lorsqu’il s’agit de retranscrire des émotions grâce à ses plans et ses découpes. Esthétiquement, le long-métrage est une grande réussite qui se démarque quelque peu des anciens épisodes mais qui en impose véritablement, notamment dans son ultime partie.

Et puis, comment ne pas conclure en mentionnant les compositions, uniques et incomparables, de John Williams. Si le temps n’a aucune emprise sur elles, on apprécie tout de même les nombreuses variations créées pour Les Derniers Jedi, notamment lors des scènes d’action. Entre 1977 et 2017, il y a eu quarante années certes, mais les mélodies de John Williams nous rappellent que certaines œuvres sont immortelles.

Conclusion

Star Wars VIII – Les Derniers Jedi est un grand film de la saga. Bourrée de références, d’action, d’humour et de scènes d’anthologie, la réalisation de Rian Johnson remplit haut la main les paris qui étaient les siens. Episode charnière qui comprend ses enjeux, le long-métrage pourrait bien réconcilier les fans de la première heure et charmer de nouveaux venus dans une franchise qui compte désormais un film culte supplémentaire.