Critique

[Critique] Transformers : The Last Knight

Cinéma

Par Perrine.s le

10 ans après le premier Transformers, Michael Bay nous livre le 5ème volet de sa saga robotique. Mark Wahlberg, Stanley Tucci et Josh Duhamel rempilent pour sauver le monde, rejoints cette fois par le magistral Hopkins et Laura Haddock (la nouvelle remplaçante de Megan Fox). Mais à quoi faut-il s’attendre avec ce dernier épisode ?

Pourquoi allez voir Transformers : The Last Knight ? Pour les mêmes raisons qui nous ont poussés à voir le 2, le 3 et le 4 : de l’action, des explosions, saucé d’un scénario bidon et concocté par le chef Bay.

Instants de contemplation

Cette cinquième aventure se déroule majoritairement au Royaume-Uni, entre Londres et Stonehenge, où nos héros partent à la découverte des traces du mythique enchanteur Merlin. Le magicien aurait un lien particulier avec les Transformers et détiendrait un objet qui pourrait faire basculer l’histoire de l’Humanité. À côté de cette nouvelle quête pour secourir notre monde, Michael Bay nous offre des scènes portées par la grandeur des décors. Une agréable balade internationale entre les États-Unis, le Royaume-Uni ou encore Cuba. On pourrait être tenté d’y voir les prémices d’un assagissement pour le cinéaste à travers ces paysages, mais ça serait mal le connaître. Ces plans sont vite ensevelis par les vagues d’action robotique.

Il faut rendre à Bay, ce qui appartient à Bay

Les spectateurs de Transformers trouvent dans The Last Knight ce qu’ils sont venus chercher : de bons effets spéciaux. Comme dans les précédents volets, ils sont toujours maîtrisés, et le réalisateur le sait et n’hésite pas à en (ab)user. Peu de minutes nous séparent d’une transformation, d’une explosion ou de tout autre action. D’ailleurs, heureusement, sinon les deux heures et demi du film seraient trop lourdes à digérer. Petit coup de cœur pour cette scène de match de polo anodin, que Michael Bay arrive à transformer en quelque chose d’épique. L’action pornographe Bay est bien de retour.

Sois beau et tais-toi

Côté scénar on laisse notre cerveau à l’écart, comme c’était déjà le cas pour les précédents. Ce n’est pas cet énième volet qui remettra notre existence en cause ou nous donnera envie de résoudre des questions existentielles. L’inspiration se situe toujours autour de stéréotypes monumentaux, donnant des répliques légendairement pathétiques, dont cet exemple de l’éternelle blague sur la différence de prononciation entre les accents britannique et américain.

S’ajoutent à cela des enchaînements d’injures qui n’apportent rien au propos et qui décrédibilisent certains acteurs. Enfin il nous reste cette impression d’une bande de potes qui se serait amusée pendant une soirée arrosée à doubler le film. Mais on notera quand même la tentative de citations subtiles d’auteurs tels que Arthur C. Clarke, qui ne parviennent pas à relever le niveau.

De l’action, de la testostérone, des voitures et des histoires de famille… Cela ne ressemblerait-il pas à du Fast and Furious ? (on ne parle même pas de Cuba, étrange point commun entre les deux derniers volets des sagas). La force des films portés par Vin Diesel n’est plus à démontrer et Transformers s’inspire largement de cette combinaison gagnante. Malheureusement, les histoires de famille version Michael Bay manquent de sincérité. Le spectateur ne peut pas avoir d’empathie pour des héros au passé grotesque, qui n’ont pas le temps d’exprimer de vrais sentiments entre deux explosions.

Pour ce qui est du réalisme des scènes d’action, si on accepte l’existence des Transformers et de ce que ça implique (robots, vaisseau and co.), on se croirait dans un film d’action aux détails imaginés à destination des Bisounours. Presque qu’aucune blessure, pas une goutte de sang (ah si un peu de bave verdâtre de robots), sans parler des vêtements à peine salis et déchirés. On sait bien que les films tentent d’être tout public, mais quand même, les enfants se font des blessures bien pires dans la cour de récré.

Sans chercher à convaincre, Michael Bay signe un nouveau divertissement avec Transformers : The Last Knight, assaisonné à une sauce Camelot et chevaliers de la table ronde (avec quelques éclats de nazis). Mais que les fans se rassurent, les deux heures trente de scènes d’action s’enchaînent avec rapidité et empêchent de voir l’ennui s’installer. Vous ne serez pas plus marqué par cet épisode que par ses prédécesseurs, mais qu’importe. Reste à savoir si Transformers : The Last Knight sera bien le dernier volet réalisé par Bay ou un leurre pour attirer les spectateurs, déjà utilisé pour les précédents.

Transformers : The Last Knight sort en salle le 28 juin.