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Dix pour cent le film : l’événement français de Netflix en est-il réellement un ?

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Comme chaque semaine, on explore le catalogue des plateformes de streaming pour faire le point sur ce qui marche et surtout, si ça mérite que vous y jetiez un œil. Et on ne cachait pas notre curiosité de voir la série française phénomène revenir sous forme de film, quelques années plus tard. Un long-métrage qui vaut plus que Dix pour cent ?

On est un peu les Indiana Jones du streaming, on part dans le catalogue d’un service de SVoD sans savoir ce qu’on va trouver, sûrement quelque chose de dangereux et malheureusement trop rarement précieux. On ne va pas se le cacher, c’est également l’occasion d’aller sur des genres qu’on visionne un peu moins (du moins entre ces lignes, sinon on parlerait beaucoup plus de comédie musicale) parce que moins dans notre ligne éditoriale. Et puisqu’on avait beaucoup apprécié la série éponyme, on n’a pas résisté à l’envie de plonger sur Netflix et d’en ressortir avec Dix pour cent le film.

Mine de rien, cela fait déjà cinq ans que la série co-écrite par Fanny Herrero et Lison Daniel a rendu les armes, non sans avoir remporté un Emmy de la meilleure comédie internationale au passage. On avait donc un peu hâte de voir si le show pouvait se transformer en film le temps de deux heures en mode “ce qu’ils sont devenus” depuis la fin d’ASK. Et la plateforme de streaming aime bien ce genre de projet, n’est-ce pas Peaky Blinders ?

Dix pour cent le film : l'événement français de Netflix en est-il réellement un ?
© Netflix

Quelle est l’histoire de Dix pour cent le film ?

Le film entend assumer l’écart qui le sépare de la conclusion de la série. On se retrouve donc bien cinq ans après la fermeture de l’agence artistique ASK, suite aux manœuvres de la concurrence. Tout le monde a suivi son chemin : Arlette (Liliane Rovère) a pris sa retraite et conseille Andréa (Camille Cottin). Cette dernière va faire ses premiers pas en tant que réalisatrice et scénariste avec son premier film. Hervé (Nicolas Maury) est un acteur de théâtre un peu fauché. Mathias (Thibault de Montalembert) et sa fille Camille (Fanny Sidney) ont ouvert leur propre agence artistique. Gabriel (Grégory Montel) travaille avec la fameuse concurrence ennemie et Noémie (Laure Calamy) est la productrice d’un sitcom à succès.

La bande va finir par se recroiser à l’occasion des premiers problèmes rencontrés par Andréa sur son projet, avec, évidemment, plusieurs stars dans leurs propres rôles.

On aime à 90 pour cent ?

Il s’en est passé des choses en la moitié d’une décennie. Les acteurs ont continué leur carrière et certaines ont eu une visibilité internationale ou des récompenses. Et cela a une conséquence directe sur la dynamique du film. Il est indéniable que Camille Cottin et Laure Calamy se récupèrent la part du lion tant elles restent moteurs de l’intrigue ou de l’humour. Comment en aurait-il pu être autrement ? Et puis il était inévitable qu’en passant d’une série de plusieurs épisodes à un long-métrage de deux heures, l’équilibre de groupe ne puisse pas être maintenu au même niveau, alors il fallait faire des choix narratifs, avoir une accroche. Quelle meilleure accroche qu’un tandem entre la pince-sans-rire Andréa et la pétillante Noémie ?

Dix pour cent le film : l'événement français de Netflix en est-il réellement un ?
© Netflix

Dix pour cent ne perd rien dans cette approche. Ne gagne pas non plus. Parce qu’on a littéralement le sentiment d’être devant un épisode bonus de la série, rallongé pour l’occasion. Oui, le cadre n’est pas le même, mais au fond, que nos agents soient présents sur un tournage ou désormais au cœur de celui-ci, il n’y a que peu de différences. On y retrouve les mêmes caprices de stars et simplement de nouvelles formes de galères à gérer. Oui, tous n’ont pas un temps de présence à l’écran conséquent et certains personnages ont un peu trop mal vieilli (Mathias, toujours le sable dans le flan), mais il est indéniable que l’effet de bande est encore là.

Dix pour cent le film, c’est la sensation réconfortante de voir un groupe d’amis se retrouver avec des rôles qu’ils connaissent sur le bout des doigts. On retrouve l’alchimie entre Noémie et Hervé, les difficultés de communiquer entre Mathias et Camille, Gabriel qui a du mal à prendre les bonnes décisions, Andréa toujours sur le point de démarrer tout le monde pied poing sans règle. Oui, ils ont tous évolué à la marge, mais ils restent fidèles à eux-mêmes et les acteurs semblent avoir grand plaisir à les jouer à nouveau. D’ailleurs, Laure Calamy est et restera exceptionnelle. Il fallait que ce soit dit.

Dix pour cent le film : l'événement français de Netflix en est-il réellement un ?
© Netflix

Puis il y a ces stars. Oui, le caméo d’Eva Longoria est peut-être la scène la plus dispensable de 2026, mais à côté, quelle merveilleuse idée de critiquer Monuments Men face à George Clooney qui l’a joué, écrit et réalisé ! Laurent Lafitte, Laetitia Casta et Vincent Macaigne complètent le tableau en s’auto-parodiant avec (dé)mesure. En gros, il n’y a pas plus Dix pour cent la série que Dix pour cent le film.

On peut juste regretter une fin un peu hâtive, maladroite, comme si, à l’heure de conclure, il était impossible de trouver la bonne formule sans nouvel épisode ou nouvelle saison. On comprend, nous aussi, finalement, on en reprendrait bien encore, et pas seulement Dix pour cent.

Verdict : on mate avec plaisir !

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