Après huit épisodes, la troisième saison de House of the Dragon s’achève avec un sentiment de trop peu. La série a clairement retrouvé une partie de ce qui faisait le sel de Game of Thrones avec une guerre qui s’étend, des personnages qui se croisent, des décisions qui ont enfin des conséquences et quelques scènes capables de nous prendre totalement au dépourvu.
Ces huit dernières semaines, les spectateurs sont passés par toutes les émotions. Si on ne fera pas de récap des évènements dans cet article, on passera tout de même en revue ce qui nous a plu et déplu dans cette saison 3 comparativement aux saisons précédentes. Voici ce que l’on retiendra, en bien comme en mal.

Les tops : quand House of the Dragon retrouve enfin l’esprit de Game of Thrones
Dans la troisième saison, on assiste au retour d’une vraie montée en puissance de la guerre. C’était l’une des principales promesses de cette salve d’épisodes, notamment avec la bataille du Goulet, que l’on nous avait vendue comme un événement majeur. Et pourtant, cette dernière s’est révélée assez décevante au regard des attentes.
Heureusement, la série s’est rattrapée avec le conflit terrestre opposant notamment Gwayne Hightower et Criston Cole aux Stormbreakers, puis surtout avec la bataille de Tumbleton dans le tout dernier épisode. Plus chaotiques, plus violents et surtout plus imprévisibles, ces affrontements donnent enfin le sentiment que la Danse des Dragons est en train d’échapper à tout contrôle.

De fait, le spectaculaire est également de retour, mais pas uniquement grâce aux dragons et aux batailles. House of the Dragon a retrouvé cette capacité à placer brutalement une scène particulièrement violente ou un meurtre là où on ne l’attend pas. C’est précisément ce genre de moments qui rappelle pourquoi l’univers de George R.R. Martin avait autant marqué les esprits, notamment avec les noces pourpres ou le décès de Joffrey Baratheon dans la série mère. Ici, on se souviendra du banquet mettant en scène Ser Luthor Largent mais aussi de la rédition de Ser Criston Cole (qui a enfin eu le sort qu’il méritait).
Troisième point, et non des moindres, les actions ont enfin des conséquences. C’est probablement l’une des améliorations les plus importantes. Une décision prise plusieurs épisodes auparavant peut désormais revenir hanter un personnage bien plus tard. Les tensions entre Rhaenyra, Daemon, Corlys, leurs enfants et leurs alliés ne sont plus systématiquement résolues en un épisode. L’histoire paraît donc davantage construite comme une véritable chaîne de conséquences.
La série retrouve aussi une dimension géographique. On quitte enfin un peu Peyredragon et Port-Réal pour parcourir Westeros, suivre différents groupes, multiplier les rencontres et faire se croiser des personnages qui évoluent dans des intrigues différentes. C’est ce qui rapproche le plus cette saison de l’esprit des premières saisons de Game of Thrones.

Rhaenyra représente la meilleure évolution de personnage de la saison. Sa progression de caractère est particulièrement réussie car plus la situation lui échappe, plus elle abandonne progressivement ses émotions pour se tourner vers la force. Jusqu’à cette appropriation presque arrogante de la prophétie du “prince qui fut promis”, qu’elle utilise pour légitimer sa position. N’oublions pas que son sort final est funeste et que sa chute doit être mise en place avant la dernière saison.
Enfin, la série ose à nouveau provoquer. La scène entre Alicent et Aemond en est l’exemple parfait. Elle est dérangeante, presque insoutenable, mais (presque) totalement assumée. C’est aussi ça que l’on attend d’une production Game of Thrones. Qu’elle nous surprenne, mais parfois aussi qu’elle nous mette volontairement mal à l’aise.
Les flops : beaucoup de promesses
Le principal problème reste l’inégalité du rythme. Tous les épisodes ne se valent clairement pas et la différence entre les deux moitiés de la saison est particulièrement frappante. La seconde partie est nettement plus riche en événements, en rebondissements et en enjeux. Elle donne presque l’impression que la série a enfin démarré au moment où elle doit déjà presque s’arrêter.
Car oui, House of the Dragon prépare encore. Malgré davantage d’action, la conclusion laisse une nouvelle fois le spectateur sur sa faim. La débandade annoncée n’a finalement entraîné que relativement peu de morts parmi les personnages véritablement importants. Beaucoup de cartes sont désormais sur la table, mais le véritable carnage semble encore repoussé à la saison 4.
Et c’est là que le problème devient presque structurel. Il faudra probablement attendre encore deux ans pour obtenir la suite, avec le risque de retrouver une nouvelle saison très inégale, alternant longues phases de préparation et épisodes où tout s’accélère soudainement.

Enfin, certains personnages donnent franchement une impression de gâchis. La saison dernière, c’était Daemon qui perdait toute aura et pouvoir. Cette fois-ci, Corlys se retrouve à être passionnant sur le papier, mais son parcours semble tourner en rond. Alicent, surtout, est devenue extrêmement passive après avoir été l’un des moteurs de l’intrigue et des décisions politiques. Rhaena est quasiment absente, hormis son implication dans la mort de Jace. Et Helaena est peut-être le cas le plus frustrant. Son statut de rêveuse, ses visions et sa tapisserie deviennent essentiels à l’histoire, mais elle ne gagne réellement en importance qu’au moment de sa mort.
C’est finalement le paradoxe de cette troisième saison. Elle est probablement plus proche de l’esprit de Game of Thrones que les précédentes, mais elle souffre toujours du même problème de construction. Elle nous donne davantage de guerre, de violence, de trahisons et de conséquences, tout en nous demandant encore d’attendre avant d’assister au véritable chaos. Et après trois saisons, l’attente commence à devenir aussi longue que la Danse des Dragons elle-même.
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