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[Dossier] Notre sélection de 10 jeux de plateau pour passer l’hiver au chaud

Il fait froid, il fait moche et votre bibliothèque Steam déborde de jeux achetés sous l’impulsion mais auxquels vous n’avez encore jamais touché. Vous ne ressentez pourtant pas vraiment l’envie de vous lancer dans une nouvelle aventure virtuelle, il faut dire que vos yeux vous détestent à force de la luminosité des écrans sur lesquels vous passez déjà beaucoup de temps. Est-ce que ce serait pas l’occasion pour changer un peu d’habitude et vous laisser tenter par un jeu de société ? Le genre est en constante évolution (pas étonnant, avec plus de 1000 sorties par an) et il existe de quoi satisfaire tous les publics et plaire à tous les âges.

Fief
Fief

Petite sélection non exhaustive réalisée par nos soins, que l’on a découpée en deux parties : des jeux pour débuter et jouer avec tout le monde dans la première, des jeux pour aller plus loin entre amateurs dans la seconde. N’hésitez pas à nous donner vos suggestions de jeux.

[nextpage title= »Pour débuter et jouer avec tout le monde »]

Celestia (2 à 6 joueurs, 30 minutes, à partir de 8 ans, 25 euros)

Partez visiter les cités flottantes de Celestia à bord d’un aéronef. À chaque étape, le capitaine lance les dés pour savoir quels dangers se trouvent sur la route de la prochaine cité. Les passagers décident alors s’ils désirent descendre où s’ils pensent que le capitaine a les cartes nécessaires pour contrer les évènements néfastes. Si c’est le cas, les courageux se rendent sur la prochaine cité et le joueur suivant devient capitaine. Lorsque l’aéronef s’écrase suite à un échec du capitaine, les joueurs récupèrent une récompense de la cité où ils se trouvent (vous étiez dans l’aéronef ? Tant pis !). Plus l’aéronef avance, plus il y a de danger mais plus les récompenses sont importantes… ajoutez à ce principe simple quelques cartes spéciales pour les coups en douce et vous obtenez un excellent jeu de stop ou encore. Accessible à tous et se jouant rapidement, Celestia est servi par de superbes illustrations et un très beau matériel qui entraînent les joueurs dans l’univers du jeu.

Celestia

Colt Express (3 à 6 joueurs, 45 minutes, à partir de 10 ans, 30 euros)

Revivez les grands westerns en incarnant un bandit de l’Ouest sauvage ! Chacun choisit à tour de rôle parmi sa main une action à effectuer, ces dernières étant empilées au fur et à mesure de la manche puis dévoilées successivement (comme si vous écriviez le scénario avant de le voir se dérouler). Voler les voyageurs, se déplacer, monter sur le toit, tirer sur les autres desperados… il y a du choix et des coups tordus à faire, les plans se déroulant rarement sans accroc. Colt Express marie une mécanique de programmation à un matériel qui restitue parfaitement l’ambiance du Far West avec son train en 3D (qui se range monté dans la boîte). Un succès garanti auquel vous pouvez ajouter l’extension (chevaux, diligence et otages au programme) pour encore plus de fun.

Colt Express

Mystérium (2 à 7 joueurs, 40 minutes , à partir de 10 ans, 40 euros)

Un manoir mystérieux, un fantôme errant et des médiums bien décidés à élucider un meurtre vieux de trente ans, voilà la recette d’un jeu coopératif qui vous plongera dans les brumes de l’Ecosse durant la nuit de Samain.
Le fantôme est chargé de faire deviner à chaque médium une combinaison composée d’un personnage, d’un lieu et d’une arme. La parole lui est évidemment interdite et il ne peut s’exprimer qu’au moyen de cartes vision, que les médiums doivent déchiffrer sans se tromper sous peine de perdre un temps précieux. Si les sept heures de la nuit s’écoulent sans qu’ils aient pu découvrir les véritables coupable, lieu et arme du crime, le fantôme sera condamné à errer pour l’éternité… Encore un jeu au matériel sublime, habillé par de magnifiques illustrations. Celles cartes visions sont particulièrement oniriques et sujettes à de multiples interprétations. L’ambiance est au rendez-vous (on vous conseille une bande-son, voire même un déguisement pour le fantôme) quel que soit votre rôle et il sera difficile de ne pas enchaîner les parties.

Mysterium

Mafia de Cuba (6 à 12 joueurs, 15 minutes, à partir de 10 ans, 25 euros)

Attablés après un bon repas, un groupe de mafieux discute tranquillement autour du café. Le parrain reçoit un coup de fil et doit quitter la pièce, confiant alors sa précieuse boîte à cigares, remplie de diamants, à un de ses hommes de main. La boîte passe de main en main, chaque joueur ayant le choix entre voler des diamants ou y prendre un jeton rôle. Lorsque le parrain récupère la boîte, celle-ci est bien légère… pourra-t-il retrouver ceux qui l’ont trahi ? Il peut interroger de manière libre les membres de son groupe. Les fidèles diront la vérité, les voleurs mentiront, l’agent du FBI essaiera de faire accuser pour pouvoir coffrer tout le monde, etc. Autant dire que la tâche ne sera pas facile et qu’il faudra se montrer perspicace pour retrouver tous les diamants, sous peine de voir le voleur le plus riche remporter la victoire. Du même éditeur que Les Loups-Garous de Thiercelieux, Mafia de Cuba est une subtile variation de son illustre aîné qui propose des sensations très différentes. Panamas conseillés pour ambiance garantie !

Mafia de Cuba

[nextpage title= »Pour aller plus loin entre amateurs »]

Pandemic Legacy (2 à 4 joueurs, 60 minutes, à partir de 14 ans, 45 euros)

On connaissait le très bon Pandémie, jeu coopératif où les joueurs incarnent une équipe de chercheurs ayant pour but de sauver le monde des épidémies. Pandemic Legacy reprend la même mécanique en y ajoutant un concept fort : le jeu évolue en fonction des résultats de vos parties. La boîte vous fera ainsi vivre entre 12 et 24 parties uniques représentant les mois d’une année. De nouvelles règles viendront se greffer sur celles de base au fur et à mesure, des villes seront rayées de la carte, des fonds supplémentaires vous seront alloués, des personnages mourront… la boîte renferme huit compartiments opaques et scellés à n’ouvrir que lorsque le jeu vous l’indique afin de conserver tout le sel de la découverte. Une manière de redécouvrir un succès mondial en ayant l’assurance, une fois la campagne terminée, d’avoir vécu un moment ludique fort et unique. Le jeu demeure bien entendu jouable après la campagne, mais le monde en sera à jamais modifié. Autant dire qu’on attend énormément Seafall Legacy, qui reprendra le principe évolutif du jeu en l’inscrivant dans l’univers des pirates.

Pandemic legacy

Summoner Wars (2 joueurs, 45 minutes, à partir de 12 ans, 25 euros la boîte de base)

Deux factions s’affrontent sur le champ de bataille en essayant de tuer l’invocateur adverse. L’exposé est aussi succinct que le jeu est riche, Summoner Wars étant simple à prendre en main tout en proposant une grande courbe de progression. Gestion de main, placement tactique et stratégie globale s’y mélangent pour un résultat des plus plaisants. Vous disposez d’unités communes et de champions qu’il faudra aider au bon moment à l’aide de cartes évènements, la subtilité du jeu résidant dans un concept simple : les points de magie nécessaires à l’invocation de vos unités sur le terrain sont acquis en tuant les unités adverses… ou en sacrifiant des cartes de votre main. Il est donc possible de gérer le rythme de la partie en fonction de ses besoins, ce qui offre de nombreuses possibilités et donne un sel tout particulier aux affrontements. Chacune des 16 factions de base dispose d’un style propre qu’il faudra apprendre à maîtriser, et il y en a pour tous les goûts. Si le jeu vous tente, il est possible de l’essayer gratuitement via l’application dédiée, disponible sur Android et iOS.

Summoner

Quantum (2 à 4 joueurs, 40 minutes, à partir de 12 ans, 30 euros)

La technologie Quantum, qui permet de transformer la matière, est au cœur d’une guerre spatiale incessante. Pour imposer votre volonté aux autres factions en présence, il vous faudra jongler entre exploration, agression et négociation le plus habilement possible. Ne vous laissez pas arrêter par le matériel de Quantum : si l’idée de représenter des vaisseaux spatiaux à l’aide de (très beaux) dés peut sembler étrange, il s’agit en réalité d’un coup de génie qui fonctionne parfaitement une fois en jeu. Les faces des dés sont autant de vaisseaux différents à votre disposition, qu’il est possible de transformer à l’aide de la technologie Quantum. Il faudra combiner habilement leurs pouvoirs gratuits aux trois actions dont vous disposez par tour pour prendre l’avantage sur vos adversaires. Bénéficiant d’un excellent design, Quantum propose des affrontements tendus, rapides et toujours renouvelés grâce à son plateau entièrement modulable et sa pioche de pouvoirs spéciaux. Dans l’espace, personne ne vous entend jubiler…

Quantum

Le Seigneur des Anneaux JCE (2 joueurs, 45 minutes, à partir de 12 ans, 40 euros la boîte de base)

Restituer la richesse de l’univers de Tolkien dans un jeu de cartes, voilà un défi que Le Seigneur des Anneaux JCE (pour Jeu de Carte Evolutif) relève avec brio : la mécanique simple et riche se marie à de magnifiques illustrations pour un jeu coopératif qui vous entraînera de nouveau à travers la Terre du Milieu. Chaque quête est représentée par un paquet de cartes contenant des ennemis, lieux et évènements néfastes qui vous tomberont dessus au cours de la partie. Pour y faire face, chaque joueur dispose de trois héros et d’un paquet de cartes alliés, équipements et évènements qu’il faudra utiliser judicieusement pour progresser dans le scénario et parvenir au bout de l’aventure. Sauvetage, affrontement, exploration… les quêtes sont très variées et les effets des cartes parviennent à nourrir la narration via le gameplay pour fournir une expérience qui enchantera tout amateur de l’univers. Le jeu dispose de nombreuses extensions contenant des quêtes supplémentaires et des cartes pour les joueurs, ce qui promet d’innombrables heures en Terre du Milieu pour peu que vous accrochiez au principe.

Le seigneur des Anneaux

Five Tribes (2 à 4 joueurs, 60 minutes, à partir de 12 ans, 50 euros)

Le sultan de Naqala est mort, et les prétendants au titre sont nombreux. À vous de prouver que vous en êtes le plus digne en utilisant au mieux les ressources du sultanat : les cinq tribus sont là pour vous aider à acheter les meilleures denrées, invoquer de puissants Djinns, embellir les palais du royaume, influencer les diplomates et éliminer les partisans de vos opposants… Five Tribes reprend le principe de l’awale : à votre tour, vous allez prendre tous les meeples (petits personnages en bois) qui se trouvent sur une tuile et les égrener un par un jusqu’à une autre. La couleur/tribu de celui que vous déposez en dernier indique l’action à réaliser, la tuile d’arrivée vous permettant d’en effectuer une deuxième. Tous les coups rapportent des points mais il faudra viser les plus rentables et faire attention aux stratégies adverses. Très malin, Five Tribes demande de conjuguer tactique à un instant T et stratégie sur le long terme : faire un coup peu rentable pour gêner un adversaire peut se révéler indispensable à l’obtention de la victoire. Coloré et riche en possibilités, le jeu s’apprivoise rapidement mais présente une grande profondeur et un défi sans cesse renouvelé, les tuiles et les meeples étant disposées aléatoirement en début de partie.

Five Tribes

Fief (3 à 6 joueurs, 150 minutes, à partir de 14 ans, 55 euros)

Fief est un dinosaure, sa première édition datant de 1983. Régulièrement remis au goût du jour, on comprend en y jouant pourquoi il est toujours d’actualité : la longueur d’une partie n’a d’égal que le nombre de moments inoubliables qu’elle génère. Dirigeant d’une famille au Moyen-Age, vous désirez la rendre plus puissante que celles de vos voisins. Il vous faudra conquérir du territoire, acheter des titres de noblesse, passer par le clergé, négocier des faveurs, subir les aléas de l’époque (la peste est redoutable) et peut-être même accepter d’allier votre famille à une autre par le truchement du mariage si vous désirez atteindre la victoire. Les règles peuvent sembler nombreuses mais s’articulent autour d’une séquence de jeu simple pour vous faire vivre un grand moment. Dans quel autre jeu peut-on envoyer un pigeon voyageur à un adversaire pour avoir une conversation secrète avec lui et le convaincre d’assassiner son conjoint ? Tout simplement jouissif.

Fief