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Dossier : Opel vous permet de discuter avec votre voiture et bien plus encore

Sécurité et confidentialité

Dossiers / Comparatifs

Par Djenuwine le

Sécurité et confidentialité

La sécurité du système est assurée par un code PIN que vous établissez lors de votre inscription. Sans ce code, vous pouvez vous connecter, mais l’opérateur n’effectuera rien.
Autre élément clé : un bouton de désactivation du tracking, situé à gauche des boutons d’appel et d’urgence. À noter qu’en cas d’accident la localisation se réactive automatiquement.

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Aujourd’hui plus qu’hier, la question de protection de la vie privée est dans toutes les têtes. Alors que le gouvernement et de nombreuses sociétés peuvent s’approprier nos données personnelles et les exploiter sans trop de risques (voire légalement), une voiture connectée apparaît comme une nouvelle prison numérique dans le grand royaume connecté.
Notons qu’Opel a dû traiter avec la CNIL et ses équivalents des 13 autres pays européens où sera proposé le système, afin de prouver que la récolte et l’utilisation des données restaient dans un cadre strictement privé. D’ailleurs, seule la Police, sous réserve d’un accord du procureur, peut y accéder (dans le cadre d’une enquête).

Malheureusement, il n’existe aucune protection parfaite côté transfert de données. Ajoutons à cela le fait qu’une société privée bénéficie d’informations nombreuses, précises et assez particulières, et la peur de voir ces données vendues apparaît rapidement. Evidemment, General Motors et OnStar ne se soucient pas de savoir que l’on respecte ou non les limitations, que l’on aime aller faire ses courses chez Dia, ou que l’on fait régulièrement un détour après le boulot pour une mystérieuse raison.

Mais les exemples de divulgations ne manquent pas. Rien que ces derniers mois, Boulanger a été épinglé par la CNIL pour sa base de clients qui défie toute morale, la société Sagem est pointée du doigt par l’association des automobilistes car elle fournit et gère la maintenance des radars automatiques. Treize sites de rencontres ont également été juridiquement mis en demeure par la CNIL pour avoir gardé les informations confidentielles des membres désinscrits. Ou encore plus récemment, le site Ashley Madison a vu toutes les informations confidentielles de ses membres disponibles via un fichier torrent. À partir du moment où il y a transmission de données via un protocole quelconque et stockage sur serveur, les données en questions ne peuvent pas être protégées de façon sûre.

Si ce discours semble un brin parano, il faut tout de même savoir que le gouvernement souhaite, dès qu’un véhicule se fait flasher, aller chercher, via la plaque, dans les données des assurances pour vérifier que le véhicule en question est bien assurée. Dès lors, on peut imaginer que les assurances peuvent elles aussi accéder à une partie des informations, permettant d’établir de nouveau barèmes ou d’établir une Liste Noire officieuse… Un accès risqué certes, mais si le gain est supérieur aux conséquences, pourquoi s’en priver ?

Enfin, et ce n’est pas la moindre des questions : combien vaudraient de telles données sur le marché ? N’oublions pas que si Facebook déclare ne pas s’intéresser à notre vie privée, son business model lui, en a besoin pour faire des sous. Si OnStar affirme évidemment que leur modèle financier n’est absolument pas basé sur l’exploitation de ces données, il se pourrait, en cas de difficultés financières, ou d’une volonté de démocratisation du système, que la publicité s’intègre au véhicule, une publicité ciblée afin, par exemple, d’assurer un service gratuit et un service premium. Si l’idée n’est pas à l’ordre du jour, y penser n’est pas une chose aberrante, tant cette méthode fonctionne aujourd’hui.