Dossier

[ITW] Matthew Wood : « Avec Kylo Ren, on voulait créer un personnage inachevé »

Cinéma

Par Henri le

Que serait Star Wars sans tous ses effets sonores ? C’est ce que nous nous sommes demandé lors d’une interview avec Matthew Good qui supervise cet aspect depuis des années chez Skywalker Sound.

DSC_9664

On a souvent tendance à l’oublier, mais la gestion du son est primordiale dans un film. Et si les compositeurs pour le cinéma sont souvent reconnus, c’est déjà beaucoup moins le cas en ce qui concerne les techniciens qui s’occupent des bruitages et de l’aspect sonore. Pourtant, certains longs-métrages perdraient grandement en immersion sans leur travail. C’est notamment le cas d’une saga comme Star Wars, devenue emblématique grâce à une certaine maestria visuelle, mais également une signature sonore reconnaissable entre toutes.

Matthew Wood en sait quelque chose puisqu’il travaille depuis plus de 25 ans dans ce domaine, et a participé à de nombreux projets. Il a même reçu deux Oscars pour les films There Will Be Blood et WALL-E. Mais il est surtout employé par Skywalker Sound depuis des années et a officié sur la prélogie Star Wars, mais également « Le Réveil de la Force », dernier épisode en date. Cerise sur le gâteau, il a même interprété le général Grievious dans la saga ! Nous avons évoqué ces défis avec lui, tout en tentant de comprendre la difficulté qu’il y a à créer un lien auditif entre chaque épisode.

star-wars-sound-designer-matthew-wood

1) Pensez-vous que le son est un aspect plus important que les autres dans une saga comme Star Wars, ou dans le genre de la science-fiction ?

Oui, car ce que vous créez dans un univers de science-fiction est purement objectif. Dans un film comme Star Wars, tout ce qui est censé s’être passé avant est tellement important. Le film lui-même n’est qu’une vision historique de ce qui s’est passé il y a très longtemps, « dans une galaxie très très lointaine ». Ben Burtt a réussi à créer un des univers sonores les plus emblématiques du cinéma il y a déjà quarante ans. C’est lui qui a en partie donné vie au sabre laser, au Faucon Millenium, aux Wookies, à R2-D2. C’est une manière émouvante, presque subliminale de plonger le spectateur dans un univers. C’est quelque chose de palpable, que l’on peut ressentir. Et donc extrêmement important.

star-wars-episode-7-force-awakens

2) Quel a été votre plus gros challenge sur Star Wars : Le Réveil de la Force ?

Je pense que le travail s’est décomposé en deux parties. Concernant le côté obscur, on peut dire que c’était Kylo Ren. Tous les éléments qui entouraient ce personnage étaient nouveaux. Il a donc fallu travailler sur son sabre laser ou son vaisseau, mais également trouver la bonne tonalité lorsqu’il parle dans son masque. On a vraiment travaillé sur l’aspect sonore de ce dernier. C’était quelque chose de vraiment neuf en ce qui concerne l’empire.

Du côté lumineux, BB-8 a bien sûr été un véritable challenge pour les ingénieurs du son. Très tôt dans la réalisation, vers 2013, on s’est déplacé pour parler avec J.JAbrams du sujet du film. On a regardé attentivement le story-board, les animations… Cela a permis d’activer nos esprits sur les attentes qu’il avait. Il y avait tellement de gens focalisés sur l’aspect visuel de BB-8, mais on a aussi dû créer tout un univers sonore autour. C’était certainement un des plus gros défis.

star-wars-imax-thumb-rey-bb-8