Dossier

[Rétrospective] Sonic : 25 ans de pics et de creux

Par killy le

Depuis deux décennies et un petit bout d’une troisième, un hérisson à l’étrange teinte bleutée passe son temps à ramasser des anneaux pour rester en vie. Si visiblement personne de son entourage n’a trouvé le temps de lui expliquer l’absurdité de la chose, il demeure étrangement valide et continue même de faire parler de lui. Certes pas en bien, mais il le faut le comprendre, il n’a pas eu un destin facile.

Sonic

Avant ses débuts en 1991, Sonic prend la forme d’un certain espoir, celui de donner à SEGA une image, reconnaissable et forte. Chez Nintendo d’en face, Mario s’est imposé depuis le premier Super Mario Bros. comme une icône représentative de la société, mascotte à l’aura grandissante qui deviendra inatteignable au fur des années. Mais au début des 90’s, le moustachu est encore accessible et SEGA organise donc un concours interne pour dénicher LE personnage qui disposera d’assez d’universalité et de charisme pour contrecarrer Nintendo, autour d’un concept de jeu de plateformes. Après de nombreux croquis et essais, plusieurs créatures retiennent l’attention, notamment un lapin et un tatou, qui sera lui réutilisé pour Mighty the Armadillo. C’est une sorte de mélange conceptuel des deux qui restera à la postérité, un hérisson mis au jour par le jeune Oshima Naoto qui avait déjà fourbi ses armes sur Phantasy Star, ainsi que les brillants Yasuhara Hirokazu et Naka Yuji, qui ont permis d’adapter le jeu à cette nouvelle mascotte.

Un visuel de héros accrocheur était l’élément fondamental, mais les idées de game design ont également modelé le choix final dans une relation interdépendante. Nommé dans un premier temps Segasonic, le petit hérisson s’orne d’un bleu d’abord clair – en l’honneur de SEGA – pour passer au bleu foncé à cause de problèmes de lisibilité dans un univers très coloré. Devenant par la suite Sonic pour davantage de simplicité, il intègre un jeu qui, contrairement à la série Super Mario Bros., privilégie la vitesse et les réflexes à la précision des sauts. D’où l’apparition du système d’anneaux, moins punitif, tout en restant un « collectible » important, à l’image des pièces de Mario. Avec ses niveaux plus tortueux, serpentant entre collines et laboratoires comme d’improbables pistes de bobsleigh, Sonic The Hedegehog va au fur et à mesure accoler à son nom une étiquette « cool », sur laquelle SEGA s’appuiera pendant une bonne partie de l’exploitation de sa licence. Aujourd’hui les choses ont bien changé et les partisans du « c’était mieux avant » ont gagné des sièges à l’Assemblée du bon goût. Retour sur les grandes phases de l’évolution de Sonic et comment le démon a réussi à s’en emparer pour accoucher de l’engeance Sonic Boom.