Dossier

Sélection : Les 13 bandes dessinées qui méritent de vous accompagner cet été

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Par Jules le

Vous le sentez ? Les beaux jours qui approchent ? Les rayons de soleil qui partagent leur chaleur ? La douceur et la sérénité des vacances qui se profilent à l’horizon ? Bref, l’été qui pointe le bout de son nez ? Que ce soit à la plage, à la campagne, à l’étranger, au camping ou sur le bord de la route à cause de la voiture en panne, l’occasion est parfaite pour rattraper son retard sur les sorties de bandes dessinées, ou tout simplement découvrir de nouveaux univers. Cela tombe bien, on vous a concocté une nouvelle liste de lecture pour vous accompagner lors des journées ensoleillées (ou non, cela dépend du temps). Comme d’habitude, cette sélection subjective, puisque basée sur nos goûts, mais cherche toujours à vous faire découvrir des ouvrages singuliers.

Il faut flinguer Ramirez (Tome 1)

Pour sa première passe d’armes dans le monde de la bande dessinée, Nicolas Petrimaux réalise un carton plein. Avec Il faut flinguer Ramirez, le scénariste biclassé dessinateur nous livre un récit aussi bien inspiré des films d’action des années 70-80 que de la filmographie de Quentin Tarantino (notamment sur l’humour). Car qui est réellement Jacques Ramirez ? Un simple vendeur d’aspirateurs, particulièrement doué pour les réparer, sourd de surcroît ? Ou le meilleur tueur à gages que le monde ait connu ? Un cartel mexicain penche pour la seconde option, et décide de tout mettre en oeuvre pour le flinguer lorsqu’il tombe sur lui par hasard. Fort d’une mise en page moderne et dynamique, bourré d’action tout en étant bien rythmé, le bébé de Nicolas Petrimaux parvient à captiver le lecteur tout au long de son déroulé, n’attendant que les ultimes pages pour amener un début de réponse à la question : “c’est qui ce foutu Ramirez et pourquoi peu de gens survivent à sa rencontre ?”

Il faut flinguer Ramirez, Tome 1, par Nicolas Petrimaux chez Glénat. Sorti le 30 mai, 19,95 euros.

Midi-Minuit (One Shot)

Pourtant populaire, le cinéma-bis italien n’est désormais l’apanage que de quelques cinéphiles avertis. Au travers de l’interview d’un réalisateur mythique fictif du genre par deux passionnés de cinéma, Doug Headline et Massimo Semerano livrent autant un hommage qu’un portrait des giallos, westerns spaghettis, et autres films d’horreur à l’esthétique gothique et bariolée qui ont empli les salles dans les années 60-70. Midi-Minuit revient sur cette révolution artistique italienne à travers de nombreuses anecdotes : culturistes devenus stars de péplum incapables d’apprendre leur texte, ruée vers l’or ou fièvre de l’Ouest tournées en plein cœur de l’Espagne pour des raisons budgétaires. Loin d’être une simple piqûre de rappel pour cinéphiles en herbe ou confirmés, Midi-Minuit déploie une véritable intrigue policière en parallèle puisqu’une série de meurtres va accompagner les deux passionnés de cinéma dans leurs différents entretiens avec le légendaire Marco Corvo. Bizarrement, tous ces assassinats ne touchent que des critiques ayant déversé leur bile sur les œuvres du réalisateur italien. Une intrigue secondaire qui parvient toutefois à tenir le lecteur en haleine jusqu’aux dernières pages.

Midi-Minuit, par Doug Headline (Scénario) et Massimo Semerano (dessin), chez Dupuis sous le label Aire Libre. Sorti le 26 juin, 22 euros.

Rien ne se passe jamais comme prévu (One Shot)

Une prouesse, voilà ce que sont parvenues à réaliser Lucile Gorge et Emma Tissier, avec leur première bande dessinée Rien ne se passe jamais comme prévu. “Prouesse”, car elles se sont attaquées avec humour et tendresse à un sujet encore tabou qui touche malgré tout de plus en plus de femmes : l’infertilité. Le lecteur est ainsi témoin du parcours du combattant que vit un couple touché par des soucis de fertilité, de l’annonce du syndrome d’ovaires polykystiques aux nombreux rendez-vous chez le médecin. Des soins contraignants et douloureux aux multiples FIV. Et surtout des joies et peines que va traverser ce jeune couple. En résulte une histoire touchante et belle, sublimée par un dessin léger, rond et perlé de taches de couleur pour faire ressortir les émotions des personnages. Une oeuvre agréable à lire, malgré une fin laissée aux bons soins du lecteur, qui trouvera à n’en point douter écho chez les femmes touchées par le sujet. Pour tous les autres, il s’agit d’une plongée formidable et émouvante au coeur d’une réalité injustement taboue.

Rien ne se passe jamais comme prévu, par Lucile Gorge (scénario) et Emma Tissier (dessin), chez Dargaud. Sorti le 27 avril, 17,99 euros.

Les Porteurs d’eau (One Shot)

Lorsque l’on évoque le dopage, le premier sport qui vient à l’esprit est le cyclisme. Mais plutôt que de narrer l’usage de produits dopants dans une compétition majeure comme le Tour de France, Fred Duval préfère mettre l’accent sur le trafic dans le milieu du cyclisme amateur. Les Porteurs d’eau se présente ainsi comme un polar, dans lequel deux jeunes amis, cyclistes à leurs heures perdues, se lancent dans une cavale à travers la France après qu’un échange avec des mafieux tourne mal en raison d’une opération de police. Refusant d’abandonner la came, les deux compères vont se rendre compte, au gré de leurs étapes et de leurs rencontres que les évènements les dépassent, et que l’issue de leur fuite risque d’être tout sauf bonne. Une bande dessinée parfaitement fluide à lire, jamais lourde dans son propos, voilà comment on peut qualifier Les Porteurs d’eau. De son côté, le coup de crayon semi-réaliste de Nicolas Sure renforce l’ambiance de film policier, tant dans les personnages que les décors.

Les Porteurs d’eau, par Fred Duval (scénario) et Nicolas Sure (dessin), chez Delcourt sous le label Mirages. Sorti le 30 mai, 17,95 euros.

La soutenable légèreté de l’être (One Shot)

Rendez-vous compte, Lola s’apprête à avoir trente ans ! Une période que vit particulièrement mal la jeune femme, angoissée et surtout hypocondriaque. Persuadée d’être atteinte de tous les maux de la Terre, Lolo va faire un malaise qui la conduira à l’hôpital la veille de son anniversaire. Une injection de morphine plus tard, la voilà propulsée dans le passé à revivre des moments-clés de sa jeunesse, l’occasion rêvée de faire le point sur sa vie, sa famille et son mal-être. Pour sa première virée dans le monde de la BD, Eleanore Costes (que l’on connait surtout pour les vidéos Le Journal de Lolo et Les topos de Lolo) joue la carte de l’auto-biographie. Accompagnée par le dessin arrondi de Mlle Karensac, qui opte pour une colorisation en trois couleurs, Eleanore Costes partage avec le lecteur ses doutes, ses peurs, mais également ses joies, ses souvenirs et ses attentes. Loin d’être un manifeste des pleurs d’une trentenaire angoissée, La soutenable légèreté de l’être montre au lecteur que la vie est avant tout un combat contre soi-même et qu’il suffit parfois d’un petit rien pour le gagner.

La soutenable légèreté de l’être, par Eleanore Costes (scénario) et Mlle Karensac (dessin), chez Delcourt sous le label Une case en moins. Sorti le 30 mai, 16,95 euros.