Dossier

[Sélection] Passionné(e) par les films français ? La rédaction vous en recommande 10 sur Netflix

Cinéma

Par Mathieu le

S’abonner au service de vidéos à la demande Netflix, ce n’est pas simplement pouvoir profiter de Stranger Things, House of Cards, The Crown, Narcos ou Better Call Saul. C’est aussi (re)découvrir quelques excellents longs-métrages français qui méritent d’être présents dans les meilleures vidéothèques. Voici une sélection non exhaustive de nos 10 coups de cœur présents en ce moment sur la plateforme de SVoD américaine. N’hésitez pas à nous suggérer les vôtres dans les commentaires !

[nextpage title= »Le plein d’émotions »]

Le premier jour du reste de ta vie

Il y a d’abord les parents, Robert et Marie-Jeanne. Puis leurs enfants, une fratrie de deux frères, Raphaël et Albert, mais aussi une petite sœur, nommée Fleur. Le film retrace alors cinq jours qui ont bouleversé et changé la vie de membres de cette famille, qui ressemble à beaucoup d’autres. Et le lendemain, rien ne sera plus jamais pareil.

Beau, mais surtout émouvant, la réalisation de Rémi Bezançon est un petit chef d’œuvre. Avec un casting cinq étoiles (Jacques Gambin, Zabou Breitman, Déborah François ou Pio Marmai), le long-métrage nous transporte durant près de deux heures dans le quotidien d’une famille qui a beaucoup à nous apprendre. L’intelligence de son propos (les conflits générationnels, la maladie) et sa sensibilité hors du commun en font une œuvre à part qui fait un bien fou.

Je vais bien ne t’en fais pas

Dès son retour de vacances, Lili, 19 ans, apprend par ses parents que son frère jumeau, Loïc, a disparu. C’est suite à une violente dispute avec son père que je le jeune homme a quitté la maison. Sans nouvelle de sa part, Lili prend alors la décision de partir à sa recherche, expliquant qu’il lui est peut-être arrivé quelque chose. Débute alors une véritable traque qui mènera la femme vers des découvertes qu’elle n’attendait pas.

Réalisé par Philippe Lioret, Je vais bien ne t’en fais pas réussit à intriguer le spectateur grâce à une mise en scène efficace et une histoire prenante. Très intense, le rythme du film ne laisse que peu de répit aux nombreuses interrogations qu’on peut légitimement avoir sur cette disparition brutale. L’interprétation de Mélanie Laurent, divine, permet aux seconds rôles dont le surprenant Kad Merad de s’essayer à un autre registre. Subtil et poignant.

Ne le dis à personne

Il y a huit ans, Alex s’est fait sauvagement agresser par des inconnus avant de découvrir que sa femme, Margot, avait été assassinée par un serial killer. L’amour de sa vie n’était plus. Chaque année, il ressasse cet évènement dont il doute des fondements et des réelles causes. Puis, il reçoit un e-mail anonyme où apparait une image provenant d’une caméra. On peut y voir Margaux, filmée en direct, au milieu d’une foule. Peut-être n’est-elle pas morte. Une course contre la montre débute alors pour Alex.

Second long-métrage pour Guillaume Canet qui décide d’adapter à l’écran le roman éponyme écrit par Harlan Coben. Avec son casting XXL (François Cluzet, André Dussollier, Kristin Scott Thomas, Nathalie Baye, François Berléand ou Jean Rochefort) et son intrigue captivante, ce thriller nous fascine du début à la fin. Bien aidé par une mise en scène intelligente, le récit monte en puissance. François Cluzet est, par ailleurs, extraordinaire dans le rôle principal.

Indigènes

Seconde Guerre mondiale. Alors que la France tente le tout pour le tout afin de se libérer de la domination nazie, on suit ici le parcours de quatre soldats recrutés en Afrique. Nous sommes en 1943 et Abdelkader, Saïd, Messaoud et Yassin sont de courageux combattants, envoyés en première ligne pour aider le pays. Si leurs motivations divergent, les quatre hommes, devenus amis, vont tout faire pour défendre la France et faire reculer l’envahisseur.

Rachid Bouchareb (Little Senegal) livre ici un film poignant qui a l’intelligence de faire découvrir une partie trop cachée de l’histoire de notre pays. Son quatuor d’acteurs (Debouzze, Naceri, Zem et Bouajila) poétise le tout dans une œuvre qui nous prend aux tripes de la première à la dernière minute. Au-delà d’une histoire dont on connaît presque déjà les contours, ce sont les personnages et leur psychologie qui font du long-métrage une admirable réussite.

La vie d’Adèle

Adèle a dix-sept ans et une vision simple de l’amour. Une fille doit sortir avec un garçon qui lui offrira le grand amour. En couple avec Thomas, elle se met à douter lorsqu’elle croise Emma, une jeune femme aux cheveux bleus. Elle vient de vivre ce que l’on appelle un coup de foudre. Les deux jeunes femmes finiront par se recroiser, et commenceront à vivre une véritable histoire d’amour. Et désormais, c’est un quotidien que les deux amantes vont devoir construire en tentant de ne pas souffrir d’une réalité plus compliquée qu’il n’y parait.

Véritable ode à l’amour, aussi pur soit-il, le film d’Abdellatif Kechiche a bouleversé la presse, au Festival de Cannes, comme les spectateurs. Durant près de trois heures, on ressent à quel point aimer quelqu’un est un acte fort dans la vie d’un être humain. Haletant de bout en bout, La vie d’Adèle profite d’une mise en scène académique mais parfaitement maîtrisée. La sublime Adèle Exarchopoulos se révèle ainsi aux yeux du public, bien aidée par l’expérimentée star, Léa Seydoux.

[nextpage title= »Des rires et des pleurs »]

Léon

Léon est un tueur à gages. Seul dans son appartement dans le quartier de Little Italy à New York, il décide un jour de venir en aide à la seule personne qui lui adresse la parole, sa voisine Matilda. Cette enfant de douze ans a vu des agents corrompus de la DEA menés par leur chef Norman Stansfield tuer toute sa famille. Bien décidé à se venger, elle finit par se prendre d’affection pour un homme dont la meilleure amie est une plante d’intérieur. Et il se pourrait bien que leur collaboration, aussi inattendue soit-elle, soit la meilleure chose qui soit arrivée à Léon.

Première réalisation Hollywoodienne de Luc Besson, Léon est aujourd’hui l’un des films culte de son réalisateur. Avec dans le rôle clé un Jean Reno épatant, le long-métrage dépeint un univers sombre sauvé par une amitié insoupçonnée. On découvre ainsi la jeune Natalie Portman dans le rôle de Mathilda mais aussi le brillant Gary Oldman pour interpréter l’odieux Norman Stansfield. Bien aidé par son duo d’acteurs qui crève l’écran, le film met en scène une relation en perpétuelle évolution avec des moments subtils et bien sentis. Sobre mais diablement efficace, Léon est simplement un grand film d’action.

OSS 117 : Le Caire, nid d’espions

Il s’appelle Hubert Bonisseur de la Bath. Mais on l’appelle plus communément OSS 117. Cet agent français est envoyé par le Président de la République Française, Monsieur René Coty, en Egypte, au Caire. Nous sommes en 1955 et la ville est un véritable nid d’espions où anglais, soviétiques, français et sectes religieuses tentent de reprendre le pouvoir. OSS 117 a une couverture pour s’infiltrer, il sera chargé de diriger la SCEP (Société cairote d’élevage de poulets). C’est désormais à lui de réussir à faire son trou et à démêler le vrai du faux.

Parodie du film d’espionnage à la James Bond, ce premier épisode réalisé par Michel Hazanavicius est impertinent et drôle à souhait. Avec un Jean Dujardin parfait dans le rôle d’un OSS 117 aussi bête que dévoué à son pays, le film donne un souffle nouveau à la comédie made in France et au divertissement grand public. Visuellement impeccable, ce premier opus est une comédie réussie qui parvient à nous présenter une page de l’histoire sous un angle rarement travaillé.

Germinal

Nous sommes à la fin du XIXe siècle. Etienne Lantier, machineur au chômage, se rend à la mine « Le Voreux » dans le Nord de la France. Après un drame qui a coûté la vie à une mineuse nommée Fleurance, il se voit engagé. Il est alors envoyé dans un petit groupe dirigé par Toussaint Maheu, qui deviendra par la suite son ami. Toujours sous le Second Empire, Etienne découvre ainsi la dure vie de mineur et la misère qui croît autour de lui. Et c’est dans ce contexte là qu’il va devoir apprendre à survivre.

Seconde adaptation du roman éponyme d’Emile Zola, le film de Claude Berri a bouleversé de nombreuses générations. Profitant d’un casting extraordinaire (Renaud, Miou-Miou, Gerard Depardieu, Jean Carmet entre autres), le long-métrage nous dépeint une époque qui nous semble révolue mais qui a marqué l’Histoire de notre pays. Un drame minutieusement mis en scène qu’il est nécessaire d’avoir vu. Un vrai beau film français.

Tchao Pantin

Lambert est un pompiste de nuit alcoolique et dépressif. Il travaille sans relâche depuis de nombreuses années dans le 18e arrondissement de Paris et sa vie n’a pas de sens. Puis, un jour, il croise la route de Youseff Bensoussan, un jeune juif arabe, petit trafiquant sans envergure venu se réfugier dans sa station-service pour ne pas se faire attraper par la Police. Ils deviennent rapidement amis jusqu’au jour où Youssef se fait assassiner, sous les yeux de Lambert. Complètement abasourdi par ce nouveau drame dans sa vie, il décide alors de partir à la chasse à l’homme pour venger son ami, le tout avec l’aide d’une certaine Lola.

Claude Berri livre ici un nouveau film coup de poing, bien aidé par la performance, extraordinaire, d’un Coluche aux antipodes de ce qu’il nous avait habitué. Il s’agit très certainement du plus grand rôle de sa carrière mais aussi d’un long-métrage d’une infinie tristesse, profitant de dialogues subtils et de scènes marquantes. Dans une atmosphère sombre fidèlement retranscrite, on apprécie suivre les aventures de Lambert, un homme qui a bien plus à nous dire que ce qu’on pourrait penser. Une réalisation encore aujourd’hui marquante.

Les garçons et Guillaume, à table !

Film autobiographique sur l’histoire de Guillaume Gallienne, sociétaire de la Comédie française, et notamment sur sa jeunesse. Tout commence à partir du premier souvenir qu’il a de sa mère qui, quand il avait quatre ou cinq ans, appelait ses frères et lui pour venir dîner. Elle disait alors « Les garçons et Guillaume, à table ! ». Et toute sa vie, jusqu’à aujourd’hui, elle continue de penser qu’il est « une » et non « un ».

Cette comédie, légère mais sensible, est un petit bijou d’humour moderne parfaitement transposé dans une fiction/réalité par Guillaume Galienne. Pour un premier film, le réalisateur réussit l’exploit de faire rire mais aussi de faire s’opposer les stéréotypes sur la sexualité pour nous donner une autre vision du respect entre hétérosexuels et homosexuels. Avec une certaine élégance, chaque plan du film parvient à transporter le spectateur et à lui faire se sentir un peu plus proche des personnages qu’il dépeint.

Bonus : Les Trois Frères

Considéré par certains membres de la rédaction comme une des meilleures comédies françaises de tous les temps, le film écrit, réalisé et joué par le trio des Inconnus débarque sur la plateforme de SVoD américaine 22 ans après sa sortie (déjà !). Les Trois Frères raconte le destin de trois frères que tout oppose devant l’accueil d’un héritage de 3 millions de francs, magot qui va finalement s’éloigner de leur compte en banque, lançant alors une série de situations toutes plus absurdes les unes que les autres. César de la meilleure première œuvre en 1996, c’est à voir (ou plutôt, à revoir).