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Stadia : Google officialise sa vision du jeu vidéo à travers un nouveau service de streaming plutôt musclé

Jeux-Video

Par Jules le

À l’issue d’un mois de teasing et de rumeurs, le voile tombe enfin : Google compte bien s’attaquer au marché du jeu vidéo, et pour ce faire le géant de Mountain View mise sur Stadia, un service de streaming qui veut « offrir le meilleur du jeu vidéo à tous« .  

On s’attendait à voir un énième service de streaming de jeu vidéo. Mais non, Google a décidé de bander les muscles et de s’appuyer sur son hégémonie sur le web afin de jouer les rouleaux compresseurs sur le marché du jeu vidéo. Lors de sa conférence à la GDC 2019, la firme de Mountain View est arrivée avec Stadia, une nouvelle plateforme vidéoludique bourrée de promesses.

Les data centers comme plateforme de jeu

Pour permettre « à tous » de profiter de Stadia correctement, Google s’appuie sur la puissance d’un réseau de data centers couvrant 19 régions du monde, découpées en 58 zones géographiques.

Côté GPU, Google est allé toquer à la porte d’AMD. Résultat : là où la PS4 Pro s’appuie sur un GPU de 4,2 Tflops, et la Xbox One X sur un GPU de 6 Tflops, Stadia peut se vanter d’un solide 10,7 Tflops, soit la puissance combinée de la génération actuelle de console de salon.

Toute cette puissance donne lieu à une première promesse : une expérience de jeu en 4K, à 60 fps depuis n’importe quel appareil faisant tourner le navigateur Chrome. On parle ici aussi bien de tablettes que des smartphones, en passant par les Smart TV, les laptops et même le Chromecast.

A termes, Google envisage de proposer une résolution 8K à 120 fps constants sur son service.

Multiplier les services

L’une des volontés de Google avec Stadia est de réunir les joueurs et les internautes qui regardent du jeu vidéo en streaming. Et pour le géant du web, cela se traduit par une intégration poussée de YouTube à son futur service. Et vice-versa.

Imaginons que vous regardiez une séquence de gameplay d’un titre sur YouTube. En cliquant sur un bouton « Play Now », Google assure que Stadia lancera le jeu « en 5 secondes maximum » à l’endroit même où vous avez interrompu votre visionnage.

La fonction Crowd Play permettra au streamers d’inviter les spectateurs directement dans leurs parties (ou de les faire patienter dans une file d’attente le temps qu’une place se libère).

Google veut également renforcer la relation entre les joueurs et les développeurs, et il dégaine l’option State Share pour ça. Cette dernière permet aux développeurs, et même aux streamers, d’inviter les joueurs à s’essayer à un moment particulier dans un jeu, par exemple pour battre un record de temps dans le cadre d’un speedrun.

Phil Harrisson, directeur de la branche jeu vidéo du groupe a fait savoir que Stadia autorisait nativement le cross-plateforme (selon le bon vouloir des développeurs) et qu’il sera également possible de transférer ses sauvegardes depuis les plateformes déjà existantes, sans préciser lesquelles.

Google lance son studio… Et sa manette

Pour ce qui est de la ludothèque de Stadia, Google fait savoir qu’une centaine d’éditeurs et de studios de développement étaient en train de porter leurs titres sur la plateforme, parmi lesquels Ubisoft, Bethesda, ID Software (venu parler de DOOM Eternal), Take-Two ou encore Tequila Works.

Mais la firme de Mountain View ne s’arrête pas là puisqu’elle lance son propre studio, baptisé Stadia Games and Entertainment, et dirigé par Jade Raymond, ancienne productrice pour le compte d’Ubisoft et d’EA. Aucun jeu n’a en revanche été annoncé.

Si Stadia sera compatible avec toutes les manettes USB, et le combo clavier/souris, Google a tout de même tenu à concevoir sa propre manette : la Stadia Controller. Plutôt que de passer par une connectivité Bluetooth, cette manette s’appuie sur une connexion Wi-Fi.

Mais le véritable effet Kiss-Cool réside dans deux de ses boutons. Le premier permet la retransmission de votre partie directement sur YouTube en 4K. Le second déclenche le micro intégré à la manette pour solliciter l’aide de Google Assitant. Si vous êtes bloqués dans un niveau, l’assistant virtuel de Google pourra vous donner quelques conseils, voire même dégainer une vidéo de gameplay.

Encore beaucoup d’inconnues

Google a conclut sa conférence en assurant que Stadia serait disponible cette année sans donner plus de précision sur la date de lancement. Aucune indication non plus quant au débit demandé par son service (même si on se doute que les internautes non-fibrés vont avoir du mal à en profiter).

Concernant le prix du service ou le modèle économique (souscrit-on à un unique catalogue ? Doit-on louer chaque jeu ?)… Rien. Là encore, Google est resté silencieux. En revanche, le géant de Mountain View nous donne rendez-vous en été pour de plus amples informations.

 

17 réponses à “Stadia : Google officialise sa vision du jeu vidéo à travers un nouveau service de streaming plutôt musclé”

  1. Ce qui fait la force d’une console ou plateforme c’est son contenu… Tant que Sony nous sortira des jeux comme Last Of Us, Uncharted, Horizon Zéro Dawn… Je leur resterai fidèle.
    De plus ce n’est pas la puissance qui fait tout mais l’expérience… Zelda sur switch en est la preuve…
    D’ailleurs les consoles de Nintendo n’ont jamais été de puissantes machines…
    Après le multiplateforme c’est top c’est sûr.. On verra cet été…

  2. Vivement que j’aie mes fringues dématérialisées et en streaming, je n’en peux plus de devoir en acheter, les laver et les ranger ! Et comme ça je pourrai mettre des vêtements super chers et toujours différents… Bon OK en cas de panne réseau ou souci d’abonnement je me retrouverai à poil, mais le streaming c’est l’avenir… 😅

  3. C’est en projet avec les nanomatériaux, qui permettent d’avoir des vêtements qui s’auto-nettoient ou dont on peut changer la couleur par exemple.

  4. C’est sur que c’est pas la puissance qui fait tout mais de savoir que tu as de la réserve permet de ne pas limiter les développeurs et de sortir le jeu qu’ils ont réellement en tête.

  5. C’est ce que les devs font déjà, les PC actuels sont plus puissants que les caractéristiques présentées par Google… Si tu veux, tu peux déjà jouer en 4K 60fps. Et en plus d’avoir ton propre PC avec TES jeux, tu peux moder (ou télécharger des mods), ce que ce service empêchera. Sur le papier, c’est toujours génial, mais malheureusement je doute que ça perce. Qui vivra verra 🙂

  6. C’est cool du point de vue technologique, mais franchement, sans vouloir faire le vieux jeu, qu’est-ce qu’on s’en fout de diffuser notre partie sur YouTube ? On veut juste avoir notre petite boîte et jouer en solo/campagne quand on veut sans avoir une connexion internet… Tout ces trucs poussent le consommateur à avoir de moins en moins d’emprises sur les jeux-vidéos.

  7. Le problème c’est que les vêtements cloud seraient juste un petit nuage… ou un cosplay de Final Fantasy 7. Dans les 2 cas tu ne peux pas les utiliser comme fringues de tous les jours.

  8. Et ils ont décidé de copier le look du Switch pro controller (pas très beau mais excellente prise en main) en mettant le joystick gauche aussi mal placé que sur un dualshock (manette pourrie qui n’a jamais changé depuis 1997)… Tres mauvais choix.

  9. On aura beau dire ce que l’on veut sur la Xbox One, mais sa manette reste l’une des meilleures du marché, et c’est notamment dû à ses joysticks « décalés ».

  10. Tu n’as que les joueurs qui n’ont jamais touché à autre chose qu’une playstation qui te diront que les dualshock sont les meilleures manettes.

    Nintendo est parti dans toutes les directions, notamment avec la N64 et la Wii U, mais ils ont pondu une manette quasi parfaite avec la Gamecube, et elle était déjà asymétrique.
    La Xbox one a une manette simple mais efficace. C’est juste la qualité qui laisse a désirer. J’en ai une pour PC et le Dpad est vraiment pourri. Le reste est correct meme si le plastique est un peu cheap. (Oui je m’éloigne du sujet)

  11. Non non mais je suis d’accord, les versions Elite permettent de palier à ces problèmes, mais ce n’est pas du tout le même prix par contre…

  12. Tout ça est motorisé par AMD, Linux et de l’open source en general, ça devrait contribuer se détacher de Windows pour jouer, surtout en faveur de Linux. Tant mieux!

  13. Le catalogue de jeu c’est qu’une question de pognon. Si Google présente un moyen de s’en faire encore plus au développeurs, vous allez voir si elles durent longtemps les exclus.
    Le seul mur pour l’instant serait la non accessibilité hors ligne, mais dans un futur plutôt proche ce sera qu’un lointain souvenir, il prennent le wagon au bon moment.

  14. Je trouve ça très bien, mais ce qui m’intéresse le plus c’est les pré-requis minimum pour la connexion internet, parce que tout le monde ne pourra pas profiter de ce service sans une bonne connexion internet

  15. Tous ces articles sur le jeu vidéo en streaming doivent mettre en avant le GROS PROBLEME de ce doux rêve : l’énorme bande passante obligatoire !!!
    Que Google ait de puissants processeurs, on n’en doute pas une seule seconde. Par contre, l’utilisateur devra avoir une très bonne connexion fibre. Pour jouer en 4K, la quantité d’informations qui va transiter par les tuyaux sera juste monstrueuse.
    Donc actuellement, tous les joueurs potentiels qui ne vivent pas en grosse ou moyenne agglomération peuvent déjà ressortir leur console.

    Et moi, ce qui m’inquiète aussi, c’est l’abonnement mensuel. Pour que Google n’ait pas prévu d’en parler immédiatement, c’est qu’ils considèrent que leurs tarifs ne sont pas un argument de vente.

  16. J’ai du mal à concevoir qu’il n’y ai pas un minimum d’input lag avec ce genre de système. Il faudra tester pour savoir.

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