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[Impressions] Minecraft: Story Mode – Épisodes 1 et 2

Par Corentin le

TellTale Games a une machine bien rodée. Cette fameuse machine à raconter les histoires comme on vous le disait pour The Wolf Among Us, permet en effet d’appliquer n’importe quelle narration, n’importe quel univers, n’importe quelle licence à des mécaniques de jeux efficaces, mais systématisées. Le studio décide maintenant de s’attaquer à Minecraft, la licence avec le moins de lore qui soit.

Ainsi, et peut-être pour la première fois de son existence, le studio se retrouve devant une page blanche. Pas de contexte post-apocalyptique pour accentuer le danger ou les enjeux humains comme dans The Walking Dead. Pas d’ambiance de polar noir aux personnages hauts en couleur comme dans The Wolf Among Us. Pas d’univers foutraque et burlesque comme dans Borderlands. Pas d’enjeux politiques comme dans Game of Thrones. Rien de tout ça. Uniquement un univers graphique unique et reconnaissable, ainsi que des règles que tout joueur de Minecraft connaît.

Des règles comme : un bâton et deux blocs de pierre donnent une épée de pierre. Ou qu’une bonne partie de Minecraft passe forcément par mettre des coups de poing dans des arbres pour en récupérer le bois. Ou qu’il ne faut jamais miner directement sous ou au-dessus soi, car on prend le risque de tomber dans la lave ou de se la faire tomber dessus. Bref, une sorte d’imaginaire naturel qui n’a jamais été écrit directement par des scénaristes, mais bien intégré par les joueurs à force pratique.

Avec une mythologie aussi libre, avec ce boulevard tellement grand, que nous propose alors TellTale ? Une bête histoire vaguement heroic fantasy, où le-la protagoniste, d’abord loseur-euse, se retrouve embarqué-e dans une aventure qui va le-la confronter à des circonstances exceptionnelles et le-la transformer en héros-ïne. Bref, une structure narrative d’un classicisme abrutissant, remplie de grosses ficelles qu’il est difficile de ne pas voir.

L’humour y est mignonnet, les personnages se vannent gentiment et les bons sentiments finissent, en général, par l’emporter. On se croirait dans un mauvais Dreamworks en fait. D’ailleurs, les protagonistes passent leur temps à sourire de toutes leurs dents, un peu comme sur les affiches des films Dreamorks. Alors bien sûr, les punchlines sont efficaces, les dialogues sont bien écrits (malgré une traduction souvent à la ramasse) et le doublage de qualité. Mais ça ne suffit pas à rattraper la platitude de tout le reste.