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Outward 2 : “c’est un doigt d’honneur aux joueurs… mais bienveillant”

Nous avons testé Outward 2 lors d’une courte session de preview, qui ne nous a pas laissé indifférents. pourrait-il devenir le meilleur RPG de 2026 ?

Lorsque Nine Dots Studios a dévoilé Outward en 2019, le studio avait frappé un grand coup en proposant un RPG totalement à contre-courant du marché. Il dévoilait un monde ouvert qui refuse le confort moderne, une aventure où l’on n’est pas un élu tout puissant mais un simple voyageur, et une progression dictée par l’apprentissage plus que par la puissance.

Outward 2 revient aujourd’hui avec l’ambition de préserver cet ADN tout en affinant ce qui faisait défaut au premier opus. Nous avons eu l’occasion de tester version extrêmement précoce du jeu, où les bugs surviennent et où le rendu visuel reste rudimentaire, pendant une trentaine de minutes. Pourtant, malgré ses imperfections, la philosophie du jeu apparaît déjà de manière très claire.

Un monde ouvert qui vous laisse vous perdre

Dès les premières minutes, Outward 2 rappelle qu’il ne cherche pas à vous tenir la main. L’interface reste minimaliste, presque invisible en termes d’exploration. Ici, rien ne pointe vers un objectif ou ne vous souffle la direction idéale. C’est au joueur de choisir son chemin, et surtout d’en assumer les conséquences. Cette liberté ne se limite pas à l’exploration, elle imprègne complètement la conception. L’histoire elle-même peut débuter de manières différentes, dans des situations qui semblent parfois n’avoir rien en commun, avant de se rejoindre progressivement sur un tronc narratif cohérent.

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© Nine Dots Studio

Ce sentiment d’errance est assumé et il constitue la première grande réussite de cette preview. En trente minutes, on n’a le temps de presque rien voir, sinon cette volonté très claire de ne jamais rompre avec l’esprit du premier jeu, quitte à offrir un gigantesque doigt d’honneur au joueur habitué au confort moderne. Mais un doigt d’honneur bienveillant qui prend soin de ne pas devenir frustrant. L’exploration ne cherche pas à vous punir, mais aucune bonne histoire ne commence avec zéro prise de risque.

La liberté au premier plan

L’aspect survie, si caractéristique de la série, est toujours présent. On retrouve les exigences de gestion, les dangers de la nature et les rencontres imprévisibles (parfois trop imprévisibles). Mais force est de constater que la survie n’est pas la première couche du gameplay. Elle sert de contexte qui nous rappelle que chaque action a un poids. L’objectif premier semble plutôt d’encourager le joueur à créer sa propre histoire à travers une liberté d’action totale, mais cohérente avec la création de son personnage et de la direction qu’on lui fait prendre.

Un exemple illustre magnifiquement cette philosophie. Après avoir été tuée par des animaux près d’une rivière, mon personnage s’est retrouvé emporté par le courant, avant de reprendre connaissance dans une autre région de la carte. Une explication que l’écran de chargement s’est chargé de nous narrer, il faut donc prendre le temps de lire tout ce que l’on vous donne.

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© Nine Dots Studio

Un apprentissage organique et gratifiant

Une mort n’est jamais une simple formalité, c’est une bifurcation narrativisée. Lors d’une autre partie, un joueur peut par exemple se faire assommer par des brigands et se réveiller dépouillé, comme si le monde continuait d’exister en dehors de lui.

Ce game design volontairement rugueux repose sur un principe fondateur : l’apprentissage doit venir naturellement, sans qu’aucun système artificiel ne le rende obligatoire. J’apprendrai à mes dépends que dans la vraie vie je ne m’approcherais jamais de chèvres sauvages, donc je ne le ferai pas non plus dans Outward 2. On saisit très vite que la compétence la plus précieuse n’est pas la puissance brute, mais la capacité à lire le monde, à comprendre comment il fonctionne, à en anticiper les dangers.

Un aperçu trop court, mais prometteur

Difficile, dans une session aussi brève, d’évaluer l’ambition globale du projet. Les environnements manquent encore de détails, l’interface n’est pas définitive et le jeu montre parfois qu’il n’en est qu’à une étape précoce de son développement. Pourtant, ce qui transparaît déjà, c’est un attachement sincère à la cohérence du premier épisode et une volonté d’aller plus loin dans ses fondations plutôt que de les simplifier.

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© Nine Dots Studio

Le titre est prévu pour le troisième trimestre 2026, ce qui laisse au studio tout le temps nécessaire pour affiner ses systèmes, densifier l’univers et atteindre la fluidité que les joueurs attendent. La principale question qui demeure concerne l’équilibre entre la liberté absolue et la frustration. Outward a parfois basculé dans la dureté, et il faudra voir si Outward 2 parvient à conserver cette identité sans perdre les nouveaux joueurs en route. Le manque de direction assumé est une force, mais c’est aussi un terrain glissant.

On s’interroge aussi sur le scénario, encore partiellement absent de cette preview. Les multiples introductions laissent présager une construction intéressante, mais impossible de savoir si la quête principale sera aussi épique que l’aventure que le joueur façonnera lui-même.

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