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Test Metroid Prime 4 Beyond sur Switch 2 : l’open world, c’est pas pour tout le monde

Après 18 ans d’attente, Metroid Prime 4 Beyond débarque enfin sur Switch 2. Si le titre impressionne techniquement et renoue avec l’ADN de la série, certaines décisions de game design restent étranges.

Metroid Prime 4 Beyond arrive avec une sacrée pression sur les épaules. Annoncé en 2017, redémarré complètement en 2019, le titre traîne derrière lui près de deux décennies d’attente. Retro Studios reprend donc les commandes et nous livre un jeu cross-gen qui veut faire entrer la franchise dans la nouvelle génération. Mission accomplie sur le plan technique, mais niveau game design, c’est une autre histoire.

Découvrez Metroid Prime 4 Beyond sur Switch 2

La chair de poule dès le début

Dès le lancement, on est accueillis par des menus hyper complets. On règle le HDR, la luminosité, on peut désactiver le tutoriel, modifier les commandes et surtout, choisir entre trois niveaux de difficulté (le mode difficile étant verrouillé jusqu’à ce qu’on finisse le jeu en standard). Un détail qui fait plaisir, on peut enfin gérer et mettre en avant la musique plutôt que les effets sonores, une option qui manque cruellement sur Mario Kart World.

La cinématique d’intro est complètement folle. On dirait la fameuse scène du début de Star Wars Épisode III, l’aventure commençant à la vitesse de la lumière. Le design sonore est bluffant. La musique chantée par une chorale plonge direct dans l’ambiance et l’arrivée de Samus provoque des frissons directement dans la nuque après avoir passé tant de temps à l’attendre.

Une claque technique sur Switch 2

Sur le plan technique, Metroid Prime 4 est tout simplement la plus grosse claque visuelle de la Switch 2. Le jeu tourne en 4K à 60 FPS en mode qualité ou en 1080p à 120 FPS en mode performance. Graphiquement, le titre montre ce que la console a dans le ventre, malgré son statut de jeu cross-gen. C’est techniquement impressionnant et la direction artistique fait mouche.

Les environnements sont époustouflants : jungle luxuriante, temples majestueux, ruines mystérieuses. Pour moi, le mode Qualité et ses 60 FPS sont largement suffisants question fluidité et permet de profiter de la finesse des environnements. Les effets HDR sont sublimes, les temps de chargement relativement rapides. C’est du travail d’orfèvre de la part de Retro Studios.

Test Metroid Prime 4 Beyond
© Robin Sabbadini / Nintendo

MacKenzie, le pote pas drôle qu’on n’a pas demandé

MacKenzie, un ingénieur informatique que l’on croise au détour de jungle nous rejoint en début de jeu. Seulement, il arrive que son humour casse l’immersion et l’ambiance de solitude qui fait le sel de la série Metroid. Ceci est un message pour rassurer les joueurs ayant lu diverses previews du jeu, MacKenzie ne nous accompagne pas bien longtemps et ses interventions sont ensuite plutôt courtes.

Tellement d’attentes pour un mode souris si décevant…

S’il y a bien quelque chose que j’ai acquis depuis mon premier PC à l’âge de 8 ans, c’est que les FPS se jouent bien mieux au clavier et à la souris. Ainsi, quelle ne fut pas ma surprise en découvrant avant la sortie de la Switch 2 que les Joy-Con 2 allaient posséder un capteur optique. La perspective de pouvoir jouer aux FPS exclusifs de Nintendo de cette façon était plus que réjouissante, seulement… Contrairement à Cyberpunk 2077 sur Switch 2, impossible ici de brancher un clavier et une souris. Le mode souris Joy-Con 2 est disponible, mais son utilisation ici n’est franchement pas terrible.

Switch 2 Joy Con Capteur Optique
© Nintendo

Il faut utiliser les boutons sur le côté du Joy-Con, ce qui devient vite inconfortable ergonomiquement parlant. Les contorsions auront vite eu raison des muscles de mon avant-bras. De plus, le Joy-Con 2 en mode souris manque de précision sur Metroid Prime 4 spécifiquement. On préférera largement le Pro Controller 2 qui lui fait bien l’affaire, tout en regrettant que le titre de Nintendo propose moins d’options d’accessibilité que celui d’un éditeur tiers.

Puis vient ensuite la pire idée de la série

L’idée nous avait déjà fait lever un sourcil en voyant Samus grimpée sur une moto sur la bande-annonce de Metroid Prime 4. L’introduction de la moto de Samus est encore plus bizarre. Le tutoriel nous fait vivre un passage du permis moto dans un monde à la Tron. Elle sera décidément, sera le point le plus clivant de Metroid Prime Beyond.

Avec la Vai-O-La (c’est son petit nom), le jeu laisse la possibilité d’explorer librement une partie en monde ouvert. Le problème ? C’est lent, c’est vide et au début de cette découverte, le jeu nous force à aller à un endroit inaccessible (parce que Samus ne dispose pas des améliorations nécessaires) pour ensuite nous demander d’aller ailleurs. L’impression d’allonger artificiellement la durée de vie est réelle.

Le jeu ne laisse aucune possibilité de voyage rapide, ce qui est particulièrement frustrant. Le monde ouvert est littéralement un désert où rien ne se passe. C’est la preuve en est que la mode actuelle de l’open world à tout va n’est vraiment pas faite pour tous les jeux. C’est même l’extrême opposé d’un Metroidvania, tellement ancré dans la culture JV qu’il a donné son nom à un genre entier.

Les passages obligatoires de transitions entre les différents biomes sont agaçants, mais ça ne rend pas le jeu rédhibitoire pour autant.

Quand le jeu redevient un vrai Metroid Prime

En dehors de cet aspect monde ouvert plus que raté, on retrouve les éléments de gameplay propres à la série tels que les améliorations d’équipement, les mondes clos, le level design intéressant et les histoires fascinantes à propos de civilisations disparues. Le fait que Samus ait des pouvoirs psychiques ajoute une couche de gameplay originale. Le Rayon de contrôle et le Gant psychique servent notamment à résoudre des énigmes environnementales, même si le fait de devoir passer en visée psychique ralentit un peu le rythme du jeu.

Les fondamentaux sont là : scanner à tout-va, explorer méthodiquement, combattre intelligemment, revenir sur ses pas une fois qu’on a débloqué de nouveaux équipements. C’est dans ces moments que le jeu brille vraiment.

Le problème de l’accessibilité mal comprise

Globalement, Metroid Prime 4 Beyond est un bon jeu avec de mauvaises décisions. On sent que Nintendo a essayé d’attirer les personnes non familières avec l’univers de Metroid, mais de façon maladroite. Le jeu commence une nouvelle histoire, accessible aux nouveaux joueurs sans connaissance des trois premiers épisodes. C’était une bonne intention, mais ajouter un monde ouvert vide et une moto pour séduire un public plus large, c’est à côté de la plaque.

Découvrez Metroid Prime 4 Beyond sur Switch 2

Les dialogues parlés et les cinématiques nombreuses renforcent l’approche cinématographique du titre, mais on perd parfois en chemin ce qui faisait le charme des Prime comme l’isolement, l’exploration méthodique et le silence oppressant d’une planète hostile.

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Notre avis

Metroid Prime 4 Beyond n’est pas à la hauteur des 18 ans d’attente. C’est un jeu qui montre techniquement le potentiel de la Switch 2, mais qui s’égare dans des choix de game design discutables. La moto et le monde ouvert sont des ajouts dispensables qui cassent le rythme.

Quand le jeu redevient un vrai Metroid Prime, on retrouve la magie de la série. Retro Studios a livré un titre techniquement irréprochable, mais qui aurait gagné à rester fidèle à l’identité de la série plutôt que de courir après des tendances qui ne lui correspondent pas. Le monde ouvert, c’est pas pour tout le monde, et surtout pas pour Metroid.
Note : 7.5  /  10

Les plus

  • Une claque technique sur Switch 2
  • Les fondamentaux de la série sont toujours là
  • Design sonore impressionnant
  • Level design intéressant dans les zones "classiques"

Les moins

  • Le monde ouvert vide et inutile
  • La moto qui casse le rythme
  • Le mode souris du Joy-Con 2 est inconfortable

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