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[Test] Le Sony Walkman NW-A100TPS est-il aussi révolutionnaire que l’original ?

Audio

Par Felix Gouty le

Sony a voulu contenter les nostalgiques et les mélomanes en proposant un baladeur MP3 digne des performances modernes mais à l’habillage rappelant le premier Walkman à cassette. Malheureusement, la faute à une autonomie très faible et un retard sur son temps, l’expérience est décevante.

40 ans, ça se fête ! La crise de la quarantaine, aussi. Le 1er juillet 2019, Sony célébrait le quarantième anniversaire de la sortie du TPS-L2, le premier Walkman et l’appareil qui allait lancer la révolution du baladeur. À cette occasion, la firme japonaise a lancé une édition spéciale anniversaire de son baladeur MP3 A100/A105 avec une housse rappelant le design du TPS-L2. Autrement dit, un bon plat actuel dans un vieux pot, mais le gueuleton sonore est-il aussi bon que le voudrait le vieil adage ?

Design : une petite attraction

Sans être une petite merveille de technologie, le NW-A100TPS est un délice de nostalgie. Avant même de le prendre en main, il attire le chaland comme s’il s’agissait de l’Anneau Unique revisité. Il réveille le collectionneur autant qu’il titille la curiosité du mélomane. Agréable à l’œil et au toucher, sa housse souple stylisée, reprenant le design bleuté et argenté du TPS-L2, offre véritablement un parfum d’antan. Mais le tour de magie n’est pas complet tant qu’une chanson n’a pas été lancée.

A chaque fois qu’une musique est lue, uniquement en mode Walkman, l’écran du baladeur montre une cassette audio, à l’instar de celles que pouvaient lire les premiers baladeurs. Des roues dentées virtuelles déroulent les bobines de bande magnétique. Une pression sur le bouton pause/lecture et le mouvement s’arrête. Appuyer sur l’un ou l’autre des boutons d’avance rapide rembobine la cassette. Mieux encore, le modèle et la couleur de la cassette ainsi générée automatiquement changent selon le format du titre lu. Un fichier en format MP3 basique prend la forme d’une cassette grise JHF 46 tandis qu’une musique en DSD, format à haute résolution sonore, apparaît sous les traits d’une cassette chromée Metal Master 46. Le titre de la chanson et le nom de l’artiste figurent même sur les fausses étiquettes accolées à la cassette. Une fois la housse repliée sur le baladeur, le rectangle transparent permet à l’utilisateur de voir l’étiquette et les bobines en marche comme c’était le cas avec un vrai TPS-L2 en 1979. Ce simple « fan-service » qui fait sourire constitue un véritable plus pour tous les amoureux de musique et les nostalgiques.

En outre, le NW-A100TPS reste identique aux modèles conventionnels des nouveaux baladeurs A100 et A150 de la firme. Il est doté d’un écran de 9,1 cm en diagonale entièrement tactile qui permet d’accéder à une interface sous Android 9. Ce choix d’OS offre ainsi à l’utilisateur de personnaliser le baladeur, en y installant des applications via le Play Store – notamment celles de plates-formes de streaming musical comme Spotify ou Deezer. Son écran n’est pas assez large pour regarder confortablement plusieurs minutes de vidéo, entamer une session de jeu vidéo ou « scroller » pendant plus d’un instant sur les réseaux sociaux. L’interface Android permet néanmoins une gestion plus complète des fichiers, des paramètres WiFi et Bluetooth. À moins d’utiliser des applications de messagerie comme WhatsApp ou Messenger depuis un réseau WiFi ou en connexion partagée avec son propre smartphone, il est impossible de se relier à un réseau téléphonique, et donc de passer des appels ou d’échanger des messages. Impossible aussi de profiter de podcasts en déplacement sans les avoir téléchargés avant : une possibilité ne se présentant qu’aux abonnés à une formule Premium des plates-formes citées. Le portail musical natif Walkman du baladeur est, lui, accessible comme n’importe quelle autre application – ce qui est légèrement perturbant au départ. En somme, le NW-A100TPS incarne un iPod Touch avec plus de dix ans de retard. Pour finir, sur la tranche droite, il comporte plusieurs boutons physiques – plus fidèles à l’esprit Walkman : le bouton marche/arrêt, les deux boutons de volume, les deux d’avance rapide, le pause/lecture ainsi qu’un bouton de verrouillage qui, si le baladeur est utilisé avec sa housse protectrice, ne sert à rien.

Côté connectique, le baladeur s’arme d’un port mini-Jack stéréo de 3,5 mm ainsi que d’un port USB-C pour la recharge et le transfert de données. Il se dote aussi d’un emplacement pour micro SD pour complémenter la mémoire interne de 8 à 16 Gb, qui s’avère vite réduite pour les détenteurs de bibliothèque musicale lourde et éclectique ou les dévoreurs de podcasts. Entre le Jack et l’USB-C, le baladeur comporte une petite attache pour y accrocher un fil pouvant servir de dragonne. Enfin, l’ensemble baladeur et housse reste, par contre, deux fois plus épais qu’un smartphone actuel et rentre donc plus difficilement dans certaines poches.

Performances : le rétro en retard ?

Malheureusement, l’effet du « fan service » et de la nostalgie de cette édition spéciale 40ème anniversaire s’estompe rapidement lors d’une utilisation quotidienne du NW-A100TPS. La première faute revient à son autonomie désastreuse. L’endurance de la batterie est l’une des raisons principales pour lesquelles certaines personnes continuent de faire appel à des baladeurs en complément de leurs téléphones portables. Écouter de la musique en continu sur ses trajets aller-retour coûte beaucoup d’énergie supplémentaire à un smartphone, qui est déjà suscité toute la journée pour de nombreuses tâches. Le délester de cette dose obligatoire de musique est un vrai gain pour lui. Les baladeurs sont donc les plus utiles lorsqu’ils sont capables de tenir plusieurs jours voire plusieurs semaines sans avoir besoin d’être rechargés. Le NW-A100TPS ne semble pas au courant de cette attente – contrairement aux 26 heures d’autonomie estimées par la marque. Avec un volume sonore maximal, sans connexion WiFi ou Bluetooth active et avec le mode économie de batterie enclenché, il a suffit d’un trajet de 45 minutes pour que le baladeur perde 10% d’économie ! Après un petit produit en croix, cela revient à une perte complète de batterie en seulement sept heures. En d’autres termes, même le plein d’électricité fait, ce Walkman ne tiendrait même pas cinq jours, sur la base d’1h30 d’utilisation quotidienne. Si seulement la recharge était rapide … Appareil éteint, celui-ci ne recouvre que 30% de batterie en 2h30 !

D’un point de vue audio, le NW-A100TPS se débrouille plutôt bien. Tout d’abord, il est capable d’accueillir des titres en haute résolution, en format DSD ou FLAC par exemple, et de les diffuser sans effort sur un casque connecté en Bluetooth. Le son est, par ailleurs, de bonne qualité en Bluetooth (non sans l’aide d’un AKG N700NC avec adaptation automatique du son ambiant) et l’accroche solide – malgré quelques à-coups dans les premières minutes de connexion, en extérieur. Le baladeur offre lui-même des fonctionnalités de réduction de bruit et d’adaptation ambiante dans ses paramètres basiques, seulement il y a un autre hic majeur. Selon le youtubeur britannique Techmoan, ces options ne seraient compatibles qu’avec un seul modèle d’écouteurs, uniquement commercialisé au Japon actuellement : les IER-NW150N. S’ils sont vraiment les seuls, Sony aurait dû, à mon sens, les inclure dans le coffret.

Pour améliorer la qualité sonore, le baladeur se dote de plusieurs options de réglages de son. Le « processeur vinyle », censé reproduire la pâte reconnaissable du vinyle, ne fonctionne pas sur les formats les plus communs. L’égaliseur manuel ne plaira qu’aux plus puristes des puristes qui ne se compteront sans doute pas de sa simplicité. Le « normaliser dynamique », étudié pour éviter le choc sonore entre deux sons aux genres radicalement opposés, aide vraiment à nuancer le passage d’un son à l’autre surtout avec un volume sonore élevé dans les oreilles. Pour le DSEE HX, qui sert à rehausser la qualité d’un son CD ou MP3, c’est un peu au petit bonheur la chance. Mais si vous n’avez pas le temps ou l’envie de les tester et de choisir ou non de les activer une par une, toutes ces fonctionnalités sont rassemblées dans l’option Clear Audio+ qui les gère automatiquement en fonction des formats lus.

Enfin, il faut noter une certaine lenteur dans l’interface Walkman, l’application principalement utilisée sur ce baladeur. La réactivité du logiciel est étonnante de mollesse face à des actions tactiles. À l’inverse, l’action des boutons physiques sur le côté est prise en compte beaucoup plus rapidement.

Ou acheter le Sony NW-A100TPS ?

Notre avis

Cette édition spéciale 40ème anniversaire du Sony NWA100-TPS est belle à l'extérieur mais assez vide à l'intérieur. En retard sur son temps, du fait de l'avancée des smartphones, elle s'oriente uniquement aux rares adeptes du lecteur MP3, qui l'utilise en complément de leur téléphone pour stocker plus de musique et obtenir un rendu sonore de meilleur qualité. Malheureusement, son autonomie bien trop réduite l'empêche de remplir cette mission. Une déception un peu triste.

6 / 10
Les plus
Les moins
  • Le design nostalgique, de la housse aux cassettes virtuelles
  • La diversité des formats audio supportés
  • Les options d'amélioration de la qualité sonore
  • L'autonomie désastreuse
  • L'inutilité des fonctions de réduction de bruit et d'adaptation sonore ambiante
  • L'espace de stockage interne assez limité