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[Test] Assassin’s Creed China : Comment Ubisoft developpe l’univers de sa franchise à moindre coût

Notre avis
7 / 10

Par Henri le

En quelques années, la série Assassin’s Creed a su se développer pour devenir un produit épisodique majeur d’Ubisoft. Et l’éditeur entend bien explorer tous les recoins de l’Histoire.

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Avec huit épisodes canoniques en autant d’années, la saga Assassin’s Creed a pris une place prépondérante dans le catalogue d’Ubisoft. À la manière d’un FIFA ou d’un Call of Duty, c’est avec la précision d’une montre suisse que les différents studios de la firme nous livrent les nouveaux volets des aventures de la confrérie. Que l’on adhère ou non à l’univers crée par Patrice Desilets et Corey May, force est de constater que le système de jeu et l’histoire résolument ouverte laissent la place à toutes les fantaisies historiques possibles.

Bien que Désilet ait toujours pensé la saga comme une trilogie, le studio montréalais a rapidement compris l’intérêt du background offert par l’Animus, qui permet de « voyager » dans le temps. Le principe est simple : choisir un conflit historique majeur (ou pas), où de petits groupes d’hommes et de femmes se sont battus pour un intérêt en particulier. Ça tombe bien, puisque c’est l’histoire du monde. L’éditeur n’a donc qu’à ouvrir un livre d’histoire et choisir une page au hasard pour trouver le pitch parfait du nouvel épisode de la rentrée. À l’inverse de Total War, Assassin’s Creed n’a jamais plaidé pour un réalisme historique accru, ce qui lui laisse une liberté narrative supplémentaire.

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Et si passer le cap du XXe siècle commence sérieusement à titiller les développeurs (on s’en approche avec Syndicate, le neuvième opus prévu pour 2015), l’éditeur sait pertinemment que l’Europe et l’Asie ont encore de nombreux récits sanglants à mettre en lumière. Et c’est grâce à des titres alternatifs, ici estampillés « Chronicles » qu’Ubisoft compte ratisser la planète, et proposer à chaque joueur une période qu’il apprécie, ou qui lui correspond. Les croisades vous fatiguent ? La révolution américaine ne vous parle pas ? La France du XVIIe, très peu pour vous ? Ce n’est pas grave, on finira bien par trouver.

Mais ces histoires « d’à côté » ne peuvent pas toutes faire l’objet d’un développement massif. Ubisoft a donc fait appel à Climax, un studio plus modeste spécialisé dans les portages, afin de couvrir rapidement de nouveaux horizons. Avant de partir pour l’Inde puis la Russie, la série pose donc ses valises en 1526, dans une Chine impériale en proie au doute. L’occasion de découvrir Shao Jun, une jeune tueuse qui n’a rien à envier à Aveline de Grandpré, héroïne d’AC III : Libération.

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Proposé à 10€, ce jeu d’aventure en 2.5D interpellera les lecteurs des différentes bandes dessinées et novélisations parues depuis quelques années. Il arbore un visuel épuré, justement censé rappeler l’encre de Chine, qui se marie bien avec ce genre de gameplay sans pour autant marquer durablement l’œil. L’empire du Milieu, son gigantisme et ses intrigues politiques avaient sûrement plus à proposer, mais ce n’est pas l’ambition principale du titre, qui n’entend pas se hisser parmi les grands chapitres de la saga. Il en avait pourtant les atouts historiques.

Mais ce changement radical de gameplay permet au moins de faire ressortir une des qualités premières du soft : la furtivité, qu’on avait oubliée tant les joutes étaient devenues faciles depuis le troisième épisode. Il sera ainsi bien difficile de survivre si deux ou trois soldats vous engagent. Un bon point, d’autant plus que le jeu vous encourage à ne jouer que de manière discrète, voire à ne tuer personne. On profite donc de chaque recoin pour avancer sans bruit. L’IA est certes un peu aux fraises, mais le level design en deux dimensions propose quand même quelques passages corsés.

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Cette aventure sympathique à la durée de vie honnête (5 à 6 heures) souffre en revanche de la comparaison avec Mark of The Ninja, dont elle s’inspire énormément. Les gamers ne s’y étant pas adonnés apprécieront plus facilement ce petit vent de fraicheur dans la saga. Les autres y verront un clone n’atteignant pas le modèle original, plus maniable et mieux fini.

Notre avis

Assassin’s Creed continue son tour du monde, et fait escale en Chine avant de repartir vers l’Inde et la Russie. Pour 10 €, les amateurs pourront découvrir un petit jeu agréable, et approfondir leur connaissance du lore de la série. On regrettera que ce chapitre assez méconnu de l’Histoire n’ait pas bénéficié d’une plus grande mise en avant, et que le gameplay se repose beaucoup trop sur les ténors du genre, notamment le très bon Mark of the Ninja.

7 / 10