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[Test] Dark Souls III : Le Labyrinthe de Pan, t’es mort [PS4, XBO, PC]

Le petit chaperon roule

Notre avis
8 / 10

Par killy le

Conservant le sens aigu de la gravité propre à la série, Dark Souls III laisse tout de même entrer une certaine souplesse héritée de Bloodborne. Un tantinet plus nerveux, à condition de ne pas surcharger son personnage, le gameplay permet des assauts à la vivacité accrue et des esquives roulées légèrement plus rapides. Un confort de jeu appuyé, mais qui reste cependant dans des limites connues, ne sachant visiblement pas comment concilier évolution et respect du public cœur de cible désireux de retrouver ses bonnes vieilles sensations. Le tout reste parfaitement maîtrisé, efficace et agréable, mais la prise de risque est quasi nulle, ce qui tend à donner un sentiment de stagnation au bout de 5 ans d’existence de la licence. Encore une fois, quelques armes donnent accès à des bribes de ce qu’aurait pu être une alternative intéressante sans casser des codes viscéraux, notamment celle du Gardien des Abysses – proposant un dérapage sur plusieurs mètres – mais le jeu marche sur des œufs.

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Le retour de la jauge de magie offre malgré tout un raffinement supplémentaire, liée à la mise en avant des compétences – attaques spéciales liées soit à une arme, soit à un bouclier – mais aussi aux sorts. Pompant copieusement dans les Focus Points, équivalents des points de magie, ces Weapon Arts sont une porte de sortie à à une mauvaise passe et demandent donc d’avoir l’oeil rivé à la barre de FP afin de bénéficier au besoin de ce sursaut. Une mécanique qui dynamise les affrontements par l’adjonction d’une diversité bienvenue et d’un basculement soudain du style de combat. Le joueur doit s’adapter à ce qui s’apparente à une nouvelle posture, à l’image de l’escrime ou du kendo, et donc savoir lire une situation donnée. Un perfectionnement technique malin qui s’accompagne de la présence d’une nouvelle fiole d’estus, destinée aux FP, qui empiète sur les flacons classiques. Avant de partir à l’aventure, il est nécessaire de définir le nombre de fioles de chacun des types embarquées sur un stock total. Au joueur de définir ses priorités en fonction de sa manière de jouer. Une liberté bienvenue qui démontre elle aussi une contraction par légère touches d’un système de jeu qui se corrompt, mais conserve du potentiel, ne demandant qu’à brûler. Il est d’autant plus dommage que ces petites ouvertures bien senties se composent d’éléments faisant leur retour en armure lourde, ou découlant d’un précédent système. Un manque d’imagination qui a épargné le domaine phare de Dark Souls III, son level design.

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Sorti des premières zones de jeu, l’environnement de Dark Souls III est construit sur le schéma de la progression ressentie comme libre, tout en étant contrite dans des routes bien définies. Le problème d’une telle conception se trouve dans la réussite du maquillage : ici, les rides se voient, s’empruntent et dessinent de savants détours, mais sans jamais laisser penser à la présence d’un fond de teint. Logique, cohérente, ensemble de lignes d’un récit, la construction des différents lieux traversés par le joueur est un petit plaisir de pièges et d’expérimentation. Puisant sa force dans la descente, de hauts plateaux lumineux vers des marécages, de toits ensoleillés aux catacombes, Dark Souls III favorise l’observation. Les recoins sont autant d’armes viables à la fois pour le joueur et les ennemis, et il est régulier de pouvoir jeter un œil aux alentours en dénichant un point de vue surélevé. Une façon de préparer son cheminement et ses rencontres sans pour autant que les surprises, violentes et salées, disparaissent.

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Lisible, la progression est également multiple, au gré des sentiers qui se croisent, s’évanouissent dans une caverne, perdant le joueur sur une pente glissante où il est facile de tomber nez-à-massue avec un boss bien trop fort pour son niveau. Un équilibre parfait d’évidence et de coups de bol qui donne à l’exploration la saveur excitante d’une expédition de cartographe. Le moteur de Bloodborne aide à bénéficier de ces petits moments de contemplation, comme devant une cathédrale surgie de nulle part au cœur d’une forêt, permettant à la jolie direction artistique de s’exprimer pleinement. Malgré tout, la qualité est fluctuante et si certains panoramas illuminent le regard, d’autres manquent de finesse. Un sentiment d’entre deux qui s’étend également du côté frame-rate/affichage, le jeu tenant ses 30 FPS la plupart du temps, mais au cœur d’un festival d’apparition soudaine d’éléments graphiques à deux mètres. Tout du moins sur cette version PS4. Un arrière-goût de pas assez qui auréole le jeu à tous ses niveaux. La série Dark Souls n’a jamais été une référence technique, ni un modèle d’évolution fofolle, mais Dark Souls III, malgré ses qualités souffre d’un Anor Lando dans la main.

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Le travail de FromSoftware n’est pas décevant, les améliorations sont là sur quelques points, mais en tant que grosse synthèse aiguisée de la saga, le jeu semble rouler sur lui-même. Bloodborne avait tenté une approche différente, plus ou moins convaincante, Dark Souls III reste Dark Souls avec ses gimmicks et ses habitudes de vieux garçon. La question du meilleur – ou non – de la série ne se pose pas, il est dans une continuité, il n’invente pas beaucoup, et reste aussi attachant que ses aînés. C’est souvent le souci de jeux qui inspirent, se saisissent de cette originalité comme bannière et la porte sans se retourner. Dark Souls III est un jeu de grande qualité, saisissant d’humanité et d’intelligence de game design, mais a perdu de sa fougue.

Dark Souls III, disponible dès aujourd’hui sur PC, Xbox One et PS4 (testé sur PS4)

Notre avis

Laissant les braises s'éteindre, Dark Souls III a un peu de mal à se positionner face au foyer. Le feu était là, il suffisait de souffler dessus pour embraser les lieux, et pourtant il semble un peu ailleurs. Brillant dans ses ambiances, la construction de son univers et son level design, il se montre bien plus paresseux dans l'évolution de son gameplay. Tout est carré, fonctionne et les améliorations amènent un supplément de souplesse, mais que ces évolutions sont timides. Le jeu prend le meilleur de Demon's et Dark Souls, mais ne parvient toujours pas à se réinventer, laissant traîner ces satanés problèmes de caméra et l'inventaire anti-ergonomique entre autres vétustés improbables. Et c'est dommage, tant le savoir-faire est incontestable et les mécaniques huilées. Tirant enfin parti d'un moteur correct, malgré des éléments qui surgissent dans tous les coins en extérieur, Dark Souls III trouve une certaine maturité globale. Mais avec l'âge, ce qui relance l'envie d'avancer est un grain de folie, un coup de jeune, ce qu'il ne s'autorise pas, peut-être plombé par son nom. Un grand jeu, mais petit couteau.

8 / 10