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Test Phantom Blade Zero : le prétendant surprise au titre de jeu de l’année ?

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Oh, encore un jeu d’action autour d’un épéiste qui tranche du démon et des boss énormes. Oh, encore un jeu qui semble s’inspirer des Souls (Dark). Non mon petit, là on parle de Phantom Blade Zero.

Il y a peu dans la rédac, une conversation à la machine à café a tourné autour de nos avis sur les jeux qui resteront en mémoire en 2026. J’en ai personnellement quelques-uns, mais souvent faute de mieux sur une année où rien ne m’a transcendé à 100%. Et puis j’ai eu l’occasion de tester Phantom Blade Zero, développé par S-Game et tiré d’une licence très populaire en Chine, bien moins connue chez nous. Un jeu présenté pour la première fois en 2023 comme un gros espoir de l’industrie vidéoludique chinoise qui a déjà étonné son monde avec Black Myth : Wukong en 2024.

Test Phantom Blade Zero : le prétendant surprise au titre de jeu de l'année ?
© S-Game

On y incarne Soul (toujours aucun rapport avec Dark), un guerrier qui trouve la mort dans un combat fraticide avec votre ancien frère d’armes devenu Souverain de l’Ombre de l’Ordre, également tué dans l’affrontement. Sauf qu’une sinistre engeance décide de vous accorder un peu de rab, à lui comme à vous, et vous avez désormais 66 jours de sursis avant de passer définitivement l’arme à gauche. L’occasion d’aller chercher ce duel retour alors que votre ennemi continue de provoquer le chaos, ce vilain.

Phantom Blade Zero tranche dans le lard

Premier détail et pas des moindres : non, Phantom Blade Zero n’est pas un énième Souls-like. Déjà, parce que lorsque vous éliminez des ennemis, peu importe si c’est un simple troufion ou le grand patron de la zone, ils ne reviennent pas. On sait, cela peut sembler frustrant de prime abord pour qui aime (re)parcourir de vastes étendues en jouant de la lame alors qu’ici, une zone nettoyée le reste et demeure donc vide après votre passage. Sauf qu’à une époque où ce genre de jeu se compte par dizaines chaque 10 du mois, cela fait du bien de voir un titre montrer que vos actions ont un impact. Le dernier Onimusha avait provoqué quelques agacements lorsque l’on devait massacrer encore et toujours les mêmes mobs au même endroit.

Non, Phantom Blade Zero joue la carte du pur jeu d’action dans sa forme la plus létale. On parcourt la carte en ligne droite ou presque avec un gameplay que l’on connaît par cœur à force : un coup classique, un coup puissant, une parade, une esquive, des lueurs rouges ou bleues nous prévenant d’une action ennemie, des coups spéciaux et une jauge d’endurance. Tout en tentant d’appuyer sur la bonne touche au bon moment pour briser la garde adverse et l’enchaîner avec des combos comme s’il en pleuvait. À votre disposition : une trentaine d’armes divisées en trois branches (lames doubles, arme à une main, armes à deux mains) qui ont chacune des combos et des actions spécifiques.

Des boss encore à bosser

Sur le papier, on peut se dire que le titre n’a rien de follement original. Ce qui n’est pas faux. S-Game n’a pas prétention de réinventer la poudre. Toutefois, le diable est dans les détails. Déjà, chaque arme est vraiment différente en termes de combos. De plus, des armes spéciales dites spectrales, dont l’utilisation est limitée, permettent à la fois d’interagir dans le décor, ouvrant de nouvelles zones difficiles d’accès, mais offrent également une nouvelle panoplie de coups au combat. De plus, il est possible de changer d’arme principale en plein affrontement, rechargeant ainsi instantanément une jauge d’endurance épuisée avec la première, permettant alors de repartir de plus belle. Cela rend les combats extrêmement dynamiques, surtout contre les boss.

Test Phantom Blade Zero : le prétendant surprise au titre de jeu de l'année ?
© S-Game

Concernant ces derniers, vous allez devoir vous en farcir plusieurs dizaines durant un jeu qui peut vous occuper jusqu’à une cinquantaine d’heures (ce qui n’est pas rien pour un jeu d’action linéaire), sans parler des optionnels. Pour le coup, il y a un léger défaut de calibrage puisque vous allez rentrer dans certains boss comme dans du beurre, là où d’autres sont ridiculement plus longs et difficiles, comme s’il y avait bien un Souls qui se cachait très au fond de Phantom Blade Zero. Les mobs, eux, finiront par tourner en rond et être des sacs de frappe, sauf lorsqu’ils vous attaquent en nombre suffisant. D’ailleurs, la difficulté en elle-même (il en existe trois principales puis deux à débloquer) n’est pas un véritable sujet de frustration, de sorte que l’on conserve encore le plaisir du jeu pour qui aime simplement se détendre en tranchant tout ce qui bouge. Un petit côté Devil May Cry. Par contre, les amateurs de défis et de rejouabilité trouveront dans les modes de difficulté à débloquer de quoi se substanter.

Sois beau et tais-toi

Le scénario en lui-même est à la fois l’un des points forts, mais également un point faible du titre. Phantom Blade Zero cumule les intrigues secondaires, les documents à retrouver, les flashbacks et les personnages. Et comme on est tout de suite mis dans le bain de l’action, il est parfois délicat de réellement appréhender le lore. Comme si le jeu avait voulu un peu trop se compliquer la vie inutilement. Sauf que c’est également à mettre à son crédit puisque l’on voit la volonté des développeurs de ne pas avoir voulu se contenter d’un récit bête et basique. Ce n’est pas toujours pertinent certes, mais c’est constamment ambitieux.

Test Phantom Blade Zero : le prétendant surprise au titre de jeu de l'année ?
© S-Game

En parlant d’ambition, Phantom Blade Zero a réussi à me choquer par sa direction artistique. La carte en forme de dessin, une dimension d’amélioration d’équipement/compétence simple et épurée, les paysages qui sont de véritables tableaux, la mise en scène des cinématiques… on se croirait réellement dans un croisement entre un jeu d’action, un film de Wuxia (un genre de cinéma martial chinois) et une ambiance steampunk par moment. J’ai trouvé le jeu très beau sur ma PS5 non-pro et j’ai eu le sentiment que chaque élément de design avait été pensé pour rendre la chose esthétique. Quelques bugs d’affichage ici et là, mais ils se comptent sur les doigts d’une main ou du moins, ils savent rester discrets.

D’ailleurs, malgré son côté robot sans émotion, Soul pue la classe. Lorsque l’on dégaine les combos ou les exécutions, on jurerait voir les développeurs discuter entre eux de quel mouvement serait le plus cool à animer (ma collègue me souligne que dans une battle d’aura, il gagne). Il est facile de voir l’apport de Donnie Yen dans les chorégraphies de combats tant ça virevolte à grande vitesse. Là où d’autres titres se contenteraient d’une unique animation pour la parade, Soul pare différemment selon l’arme qu’il a en main et l’attaque adverse. Il y a un vrai univers visuel et sonore et je me suis surpris à simplement m’arrêter et admirer le paysage plus d’une fois. L’Unreal Engine 5 a fait des merveilles.

Phantom Blade Zero ressemble ainsi à une sorte de jeu vitrine de ce que peut produire la Chine dans l’industrie vidéoludique. Un titre qui propose de l’action non-stop, beau, à l’ambiance marquée et avec une courbe d’évolution extrêmement claire. Oui, il y a des imperfections, notamment au niveau de certains boss et d’un bestiaire qui manque peut-être d’un gros renouvellement, mais sur une année où nul n’a su être parfait, on se dit que le titre peut clairement se démarquer. Moi, il m’a marqué.

 

 

 

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