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Test du Surface Book Performance Base : le luxe selon Microsoft

Ordinateurs

Par Gaël Weiss le

Disponible depuis le début de l’année dernière, le Surface Book a eu droit à une mise à jour technique il y a quelques semaines. C’est justement celle-ci que nous testons dans ces colonnes. Microsoft a très (très) légèrement revu le design de son PC deux-en-un et a surtout gonflé sa fiche technique. Exit la décevante carte graphique GeForce 940M de l’année dernière et place désormais à une GeForce 965M bien plus capable. Microsoft a également profité de cette mise à jour pour gonfler la capacité de sa batterie. Voici quelques éléments de sa fiche technique.

 Surface Book Performance Base
Ecran PixelSense 13,5 pouces
Définition de 3 000 × 2 000 pixels
Format d'image : 3:2
Tactile
Processeur Intel Core i7-6600U (6e génération)
RAM (max)16 Go
GPUGeForce GTX 965M
OSWindows 10 Edition Professionnel
Mémoire (max)1 To SSD
Batterie 62 Wh (base)
18 Wh (tablette)
Connectique 2 prise USB 3.0 (format standard)
Lecteur de carte SD
Prise jack
Mini DisplayPort
Prise d'alimentation Surface Connect
Lecteur d'empreintes digitalesNon
Poids 1,647 kilogrammes pour l'ensemble tablette + clavier
Dimensions 312,3 × 232,1 × 13,0 - 22,8 mm
Prix De 2599 € à 3649 €

Sur le papier, le Surface Book est un ordinateur portable très solide. Il dispose – comme les Surface récentes – d’un écran au ratio 3:2 avec une définition un peu bâtarde (3000 x 2000), mais ô combien confortable à l’usage. Sa principale particularité, toutefois, tient à son design. Si le Surface Book ressemble beaucoup à un laptop classique, il s’agit en fait d’un deux-en-un : l’écran est détachable (et peut être utilisé comme une tablette) mais la carte graphique se trouve dans la base, juste en dessous du clavier. Lorsque les deux éléments sont attachés, le Surface Book dispose de performances suffisantes pour faire tourner des jeux ou faire du montage vidéo. À notre connaissance, c’est le seul PC portable à proposer une telle particularité.

Tout cela a toutefois un prix particulièrement élevé. Dans sa version de base, celle comprenant un SSD de 256 Go et 8 Go de RAM , le Surface Book est vendu 2599 euros. Dans sa version 1 To / 16 Go – celle que nous testons – le Surface Book coûte 3649 euros. Un tarif exorbitant.

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Un design tranché mais aux finitions irréprochables

Pour plus de 2000 euros, Microsoft a mis les petits plats dans les grands. Le Surface Book est un appareil reconnaissable entre tous. Son châssis intégralement en magnésium lui confère un look premium extrêmement séduisant. Son toucher métallique est un véritable plaisir et la sensation de solidité qui s’en dégage donne la sensation d’en avoir pour son argent. Contrepartie non-négligeable, le poids du Surface Book est conséquent : avec 1,6 kg sur la balance, on est à la limite de l’ultrabook et du PC portable classique.

On le disait un peu plus haut, le Surface Book est un PC deux en un qui cache bien son jeu. Il est en fait composé d’un écran-tablette et d’une base-clavier. Ces derniers se détachent après avoir appuyé sur un bouton situé directement sur le clavier. La diode du bouton en question devient verte, un “schlack !” se fait entendre et l’on peut alors utiliser l’écran comme une tablette. C’est facile et surtout sécurisant : à aucun moment je ne me suis demandé si je ne risquais pas d’arracher quelque chose en forçant.

Une fois l’écran détaché, son écran tactile permet de le transformer en tablette. Il est d’ailleurs aussi possible de rattacher l’écran à sa base à l’envers, de façon mettre l’ordinateur en mode tente. Il faut toutefois noter qu’en tant que tablette, l’écran du Surface Book n’est pas très pratique. Non seulement il est lourd (723 grammes, tout de même), mais en plus son autonomie est très limitée. Comptez en effet deux ou trois heures avant d’avoir besoin de le recharger.

Une charnière qui divise

Autre particularité de design du Surface Book, la charnière est écaillée, striée pourrait-on dire et lorsque le PC est fermé, elle laisse un espace assez important (de un ou deux centimètres) entre l’écran et la base. Cet espace a fait polémique lors de la sortie du Surface Book l’année dernière. En effet, il n’est pas très gênant lorsqu’on laisse le PC sur un bureau. Mais en cas de déplacement, en plaçant le Surface Book dans un sac, il arrive souvent que des poussières ou des petits débris s’immiscent dans l’interstice.

Cet espace confère toutefois un effet livre ou magazine qui est plus ou moins bien reçu selon les personnes. Personnellement, j’aime beaucoup l’aspect général de la tablette et son côté asymétrique lorsqu’il est refermé. Mais beaucoup de mes collègues ne supportent pas l’espace laissé entre l’écran et la base ainsi que le côté trop austère de l’appareil (« on dirait un ordinateur qu’on donne aux cadres travaillant dans le BTP » m’a affirmé avec force subtilité Fabio).

De réels points faibles, le laptop de Microsoft en possède quelques-uns. À commencer par sa connectique, plutôt radine. Sur la tranche droite de la base se trouve un port mini-Display Port ainsi que le port propriétaire aimanté de rechargement. Sur le côté gauche, on trouve seulement deux ports USB Type-A (pas encore de Type-C, donc) ainsi qu’un port carte SD.

Un mot, pour terminer, sur le clavier et sur le trackpad. Ils sont tous les deux d’excellente qualité. Le clavier chiclet se révèle particulièrement agréable à l’usage. Les touches sont bien espacées, pas trop molles, ni trop dures et il y a suffisamment de place sur la base pour y poser confortablement ses poignets et frapper. Une base qui chauffe très peu d’ailleurs ce qui n’est pas vraiment le cas de l’écran (on y reviendra). Quant au trackpad, placé de façon centrale, je n’ai aucun reproche à lui formuler. Il est agréable au toucher, cliquable n’importe où et très précis.

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Un écran au ratio 3:2 idéal pour travailler

Ce Surface Book n’a pas pour lui qu’un design unique, il dispose également d’un écran très particulier. C’est d’abord son ratio qui interpelle puisqu’il est au ratio 3:2. Cela signifie qu’il est plus haut que les écrans 16:9 traditionnel, ce qui permet de disposer d’un espace de travail un peu plus grand. Cela se ressent vraiment au quotidien, le confort apporté par cette hauteur est vraiment appréciable, au point qu’on se demande pourquoi il n’est pas plus utilisé ailleurs.

Cet écran de 13,5 pouces dispose d’une définition de 3000 × 2000. Son affichage est d’ailleurs irréprochable. La luminosité, les couleurs et le contraste m’ont semblé excellents. D’une manière générale, c’est un véritable plaisir que de travailler sur un tel appareil.

À noter également que l’écran de ce Surface Book est tactile. La partie tablette est livrée avec un stylet à la précision bluffante. Il suffit de gribouiller un peu n’importe quoi pour se convaincre que l’on n’est pas si mauvais que cela en dessin. Mieux, avec OneNote, il est facilement possible de transformer son écriture manuscrite en lettre typographique.

Nous avons fait travailler notre artiste local pour avoir ce chef d’oeuvre.

Je suis en revanche beaucoup moins convaincu par les haut-parleurs de la tablette. Entre des basses quasi inexistantes, un manque de puissance certain et des aigus stridents, il est plus que conseillé de brancher un casque. Un port casque assez mal placé par ailleurs, puisque situé dans le coin supérieur droit de la tablette. Pour peu que le fil de son casque soit trop court, cela tend le fil de façon désagréable. Un port jack intégré à la base aurait été une bonne idée.

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Le Surface Book que nous avons eu en test est la version Performance Base, qui est sortie il y a quelques semaines en France. Nous le disions en introduction, il s’agit d’une version un peu plus puissante. Si le processeur n’a pas changé (il s’agit toujours d’un Intel Core i7 6600 U, de sixième génération, cadencé à 2,6 GHz), Microsoft a en revanche intégré une nouvelle carte graphique dédiée à son PC, une GeForce 965M de chez Nvidia.

Une carte graphique qui permet de lancer quelques jeux vidéo

Cet ajout fait désormais du Surface Book un PC capable de faire tourner correctement quelques jeux vidéo. Ne vous attendez toutefois pas à des performances incroyables. J’ai lancé deux jeux : le très beau Dark Souls 3 et Overwatch, qui, selon mes collègues, « tourne parfaitement sur une calculette ». Dans sa définition native, il est quasiment impossible de jouer au premier, qui peine à tourner correctement à 20 images par secondes. Il est alors nécessaire de baisser la résolution à du 1080p pour que Dark Souls 3 parvienne péniblement à du 40-50 images par seconde. Jouable mais pas optimal. Concernant Overwatch, le jeu tourne à 40-50 FPS dans sa résolution native et parvient à atteindre les 60 images par secondes en 1080p.

Durant ces quelques tests, on comprend toutefois très vite que le Surface Book n’est pas fait pour le jeu. Au bout d’une demi-heure, l’écran – qui embarque le processeur – devient brûlant et la base commence à souffler assez bruyamment. Autre mauvais point pour le jeu vidéo, étant donné qu’il faut souvent changer la résolution des jeux, de grosses bandes noires apparaissent en haut et en bas de l’écran.

Mais, je le répète, Microsoft n’a pas conçu le Surface Book pour jouer, mais plutôt pour les activités de productivité. Et, à ce titre, il y a vraiment peu de choses à redire à l’appareil. Windows 10 (dans sa version Pro) est installé sans aucun logiciel supplémentaire (pas même Office), la fluidité est constamment au rendez-vous et son grand écran se révèle au quotidien vraiment confortable pour travailler. Ajoutez à cela un clavier de grande qualité et un trackpad précis et l’on tient ici un excellent PC portable.

Finalement, le seul défaut que je trouverai sur cette tablette provient surtout du faible nombre de ports présents sur les tranches de la tablette et surtout de son port mini-Display Port, que je trouve bien peu pratique. Quitte à faire un appareil grand public haut de gamme, pourquoi ne pas avoir inclus un port HDMI, bien plus courant ?

Dernier bon point de la tablette : son autonomie. Avec cette version Performance Base, Microsoft a légèrement augmenté la capacité de sa batterie. Le PC est désormais capable de tenir une bonne journée (de travail, pas de jeux vidéo) sans avoir besoin d’être rechargé. On le disait un peu plus haut, ce n’est pas du tout le cas lorsque l’écran est détaché. En mode tablette, comptez au mieux trois heures d’autonomie. C’est mieux que rien.

Notre avis

Le Surface Book est un appareil qu’il est très difficile de ne pas aimer. Son design - certes tranché - ne laisse personne indifférent. Mais Microsoft a tellement soigné ses finitions qu’il est quasiment impossible de le prendre en défaut. Quant à ses performances, elles sont désormais plus qu’honorables pour ce genre d’appareil à la limite du PC portable et de l’ultrabook : pas vraiment idéal pour jouer, mais parfait pour faire un peu de montage et surtout être tranquille un bon moment avec des applications de productivité.

Microsoft signe donc sûrement l’un des meilleurs ordinateurs portables de l’année. Mais à quel prix ! Vendu à partir de 2600 euros en France, il serait difficile de vous le conseiller si vous êtes du genre à rechercher avant tout le rapport qualité-prix. D’autant plus que la concurrence sur ce créneau est désormais féroce, que ce soit du côté de Razer, de Gigabyte voire même d’Apple. Un ordinateur de luxe et luxueux, mais uniquement réservé à ceux qui en ont les moyens.

8 / 10