Test

Test comparatif d’amplis casque portables : Headamp Pico, RSA Predator, Qables iQube, Rudistor XJ-03, Graham Slee Voyager

Audio

Par Laurent le

Le marché des amplis casque portables a explosé ces dernières années aux États-Unis. La France est quant à elle un peu à la traine dans ce registre, le concept d’ampli portable ayant du mal à trouver son public (qui se balade avec un ipod sur sortie ligne branché à un ampli portable dans sa poche aujourd’hui ?). Néanmoins ces petits amplis, de par leur taille et leurs fonctionnalités, sont bien pratiques et peuvent grandement améliorer la qualité sonore d’un netbook par exemple (qu’ils soient ou non pourvus d’un DAC), ou fournir la puissance nécessaire pour alimenter un casque de salon exigeant pour les plus performants d’entre eux.

Nous vous propose un comparatif de quelques modèles représentatifs du marché : les Headamp Pico, RSA Predator, Qables iQube, Rudistor XJ-03 et Graham Slee Voyager.

comparo_amplis_portables_010

Présentation

Sont donc réunis pour ce comparatif :
Headamp Pico (version sans DAC) : Environ 350$ (500$ en version DAC/AMP)
Ray Samuels Audio Predator : Environ 475$
Qables iQube : Environ 400€
Rudistor XJ-03 : Production arrêtée
Graham Slee Voyager : Environ 160£

Merci aux différents constructeurs pour les prêts de matériel.

Protocole de test

Pour réaliser ce comparatif, de nombreuses sessions d’écoute différentes ont été menées sur plusieurs semaines. Les amplis ont été comparés deux à deux avec différents casques et différentes listes de lecture.

La source utilisée est un iMod Red Wine Audio, le meilleur lecteur audio portable possédant une sortie ligne.

Tous les fichiers utilisés sont encodés en FLAC depuis les CD d’origine.

Les casques utilisés pour ce comparatif sont :
– Ultrasone Edition9
– Alessandro MS-Pro
– Joe Grado HP2

Seules les parties amplification des amplis seront testées. Certains des modèles de ce comparatif possèdent des DAC intégrés, mais ceux-ci ne seront pas utilisés.

1. Graham Slee Voyager

Construction

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Voyager en impose : L’ampli est en effet assez mastoc par rapport aux cadors du rapport taille / rendu de ce comparatif que sont le Pico et le Predator. Néanmoins la qualité de fabrication est là, et le boîtier tout plastique est joli et bien fini. L’ensemble est solide.

comparo_amplis_portables_043

En utilisation

Le Voyager rattrape ses défauts de taille du boîtier en fournissant pléthore de fonctionnalités plus ou moins intéressantes : Il est par exemple possible d’utiliser l’ampli sur batterie, via l’alimentation fournie ou alimenté par USB (attention, la connexion USB sert seulement à alimenter l’ampli, qui ne possède pas de DAC intégré).
Le bouton de volume a une course assez homogène et ne bougera pas tout seul ; il est de plus exempt de parasites lorsqu’on le tourne.

comparo_amplis_portables_046

Le Voyager propose aussi deux modes d’écoute, “flat” ou “warm”. Le mode “warm” booste les extrêmes, donnant une signature en V assez sympathique. Néanmoins toutes les écoutes ont été faites en “flat”.

Lecture…

Même en mode “flat” le Voyager se distingue grâce à un son chaleureux, très rond. Le bas du spectre n’est pas des plus étendus et est moins bien contrôlé que chez l’iQube par exemple, mais le Voyager a quand même une pêche sympathique. Comparé au Predator, le Voyager a la même patate mais semble plus aéré, sûrement grâce à sa signature en V. D’ailleurs les médiums sonnent quelque peu en retrait, et les aigus peuvent se révéler un brin criards suivant les morceaux.

Comparé au Pico et à l’iQube, le Voyager a une scène un peu moins large, et délivre un message globalement moins lisible.

Comparé au Rudistor XJ-03, le Voyager sonne vraiment plus coloré, un poil plus doux (ce que les Américains appellent “liquid” ou “smooth”), les différentes notes sont mieux liées entre elles.

Globalement le Voyager se marie très bien à l’Edition 9 et au MS-Pro, un peu moins au HP2 qui fait ressortir son côté très chaud.

Conclusions

Le Voyager est un bon ampli, bien fini, doté de fonctionnalités sympathiques et d’une sonorité un peu chaude qui plaira assurément. Il souffre seulement d’une taille assez imposante par rapport à ce que propose la concurrence, mais a le mérite d’être produit en Angleterre (donc pas loin de chez nous) et de bénéficier d’un service après-vente irréprochable via Graham Slee Audio directement.

2. Qables iQube

Construction

L’iQube est l’un des plus jolis amplis de ce comparatif. Le boîtier est vraiment superbe avec ses bords arrondis et sa partie caoutchouteuse noire. Le bouton de volume et les interrupteurs sont bien fondus dans l’ensemble, les symboles sont lisibles sans être criards. Bref du grand art, qui respire la qualité.

comparo_amplis_portables_049

En utilisation

L’iQube s’est révélé très simple d’utilisation. Le bouton de volume a une course assez homogène et ne bougera pas tout seul ; il est de plus exempt de parasites lorsqu’on le tourne. Le seul reproche que je peux lui faire se situe au niveau de la localisation des connexions jack, qui se trouvent sur le panneau opposé à celui des interrupteurs et boutons. Certains ne seront pas du tout gênés par ce choix, voire préféreront cette configuration, mais personnellement je préfère avoir tout sur la même face.

comparo_amplis_portables_060

Lecture…

Quelle claque ! L’iQube s’est révélé vraiment impressionnant au fil des écoutes, quelque soient les styles de musique écoutés ou le casque utilisé. L’ampli est vraiment un modèle d’équilibre, rien n’est privilégié au détriment d’une autre partie du spectre. L’iQube est le modèle de ce comparatif qui traite le spectre le plus étendu, avec un sens du détail inégalé. L’émotion des morceaux n’est pas pour autant mise de côté, et l’iQube traite diaboliquement bien les différences de dynamique ou le decay des notes. Les aigus sont magnifiques, le choc n’en a été que plus grand vu que je suis habitué au Predator dont ce n’est pas le domaine de prédilection.

Conclusions

L’iQube est le grand gagnant de ce comparatif. Malgré sa taille assez imposante mais finalement bien pensée (car calculée en fonction des dimensions des ipods à disque dur), il délivre une performance audio bien au-dessus des autres modèles testés, sans sacrifier à la qualité de fabrication (l’une des meilleures de ce comparatif). Alors certes cet ampli est cher, mais il ne fait vraiment aucun compromis.

3. Ray Samuels Audio Predator

Construction

RSA est connue pour ses amplis de qualité et le Predator ne déroge pas à la règle. L’ampli respire la qualité et la solidité, et tout semble calculé et choisi pour optimiser l’espace et les dimensions. Rien à redire.

comparo_amplis_portables_019

En utilisation

Tout est bien pensé, l’ampli se glisse facilement dans une poche une fois branché. Le bouton de volume est très agréable, résistant et homogène. Les interrupteurs sont si petits qu’il est quasi impossible de les actionner par mégarde. Seuls deux points “négatifs” viennent ternir un peu ce tableau idéal : Le bouton de volume est quelque peu difficile à actionner une fois les jacks branchés, et ces mêmes jacks femelles ne sont pas bloquants, en ce sens qu’ils ne retiennent pas les jacks males connectés. Deux petits défauts n’apparaissant pas sur le Pico, concurrent direct du Predator.

comparo_amplis_portables_020

Enfin, il est bon de noter que le Predator possède une batterie à la durée de vie énorme, comme l’ensemble des amplis RSA. Il est très rare de devoir recharger l’ampli, et une écoute de quelques dizaines de minutes via le DAC USB intégré suffit à ne jamais avoir à sortir le chargeur.

Lecture…

Comparé en direct avec son concurrent principal, le Pico, le Predator sonne tout de suite plus chaud et moins bien défini que le Pico. Le Predator gagne clairement le match du bas du spectre, avec un poids dans les graves vraiment impressionnant, sans toutefois que celui-ci n’empiète sur le reste du spectre. Néanmoins le Pico marque vraiment son ascendant sur le reste du spectre, avec un très beau médium et des aigus bien maîtrisés.

Comparé à l’iQube, même constat : dès que la musique se complexifie, le Predator se révèle clairement en deçà de l’iQube, qui se balade. Les voix sonnent plus naturelles avec l’iQube, mais le Predator ne lâche pas sa place de champion du bas du spectre.

Le XJ-03 se révèle assez proche du Predator dans le type de rendu, avec un son un peu moins chaud tout de même et une séparation des notes bien plus marquée, à la limite du ciselé.

Conclusions

Le Predator est vraiment un bon produit, à la finition impeccable et à la taille minuscule. En tant qu’ampli pur et dur, il est en revanche pour moi dépassé par ses principaux concurrents que sont le Pico et l’iQube. Il tient néanmoins la dragée haute face aux autres modèles de ce comparatif, et justifie à mon sens la différence de prix par rapport aux modèles moins onéreux.

4. Headamp Pico

Construction

J’ai eu la chance d’avoir entre les mains la version bleue anodisée du Pico, et le moins que l’on puisse dire est qu’elle est magnifique. Le boîtier prend quelque peu les traces de doigts mais n’est pas vraiment propice aux rayures. Les différents boutons et interrupteurs sont vraiment minuscules, fondus dans l’ensemble. Et l’ampli est minuscule !

comparo_amplis_portables_027

En utilisation

Rien à redire, l’ampli est vraiment bien pensé, fait pour être emporté avec soi dans une poche. Mention spéciale au bouton de volume et son petit renfoncement qui permet d’ajuster facilement le volume sonore, contrairement au Predator par exemple.

comparo_amplis_portables_025

Le bouton de volume du Pico a d’ailleurs une course assez homogène et ne bougera pas tout seul ; il est de plus exempt de parasites lorsqu’on le tourne.
Comme son concurrent le Predator, le Pico possède une batterie qu’il sera difficile de décharger complètement.

Lecture…

Le Pico est vraiment l’un des poids lourds de ce comparatif. Sa maîtrise du spectre est vraiment excellente, avec une attention particulière pour les médiums et les aigus. La spatialisation apportée par l’ampli est impressionnante, avec une scène sonore large, une très bonne séparation des instruments et un niveau de détails au-dessus de ses congénères.
L’ampli se révèle très droit, équilibré. Rien ne dépasse et l’auditeur pourra vouloir de temps en temps un peu plus d’aplomb dans le bas du spectre, ce que fournit par exemple le Predator de RSA. Mais pour celui qui cherche un son fidèle à la source et au casque utilisé, le Pico se pose en star. Seul l’IQube dans ce comparatif le détrône, avec une sensation de vie et une émotion bien plus prenante que le Pico, qui peut par moment sonner froid.

Conclusions

Deuxième grand gagnant de ce comparatif, le Pico est impressionnant de qualités sonores au regard de sa taille ridicule. Headamp ne se moque pas du consommateur, et le Pico justifie pour moi tout à fait son prix assez élevé. La finition est fantastique, l’ampli se montre très bien pensé à l’usage, et le son délivré est merveilleux.

5. Rudistor XJ-03

Construction

Autant le dire tout de suite, cet ampli est un tank. Le XJ-03 est relativement beau dans sa robe noire sobre, mais le boîtier est quand même imposant et particulier, avec ses lignes très découpées. De même le bouton de volume est proéminent, et les inscriptions blanches sont quelque peu criardes. En revanche rien ne bougera, et l’impression de solidité est omniprésente.

comparo_amplis_portables_107

En utilisation

L’ampli, lorsqu’il est allumé, est joliment éclairé sur le dessus par une LED bleue assez discrète. Le bouton de volume du XJ-03 a une course et une résistance agréable, il sera difficile de le tourner par erreur. L’ampli est vraiment léger malgré ses dimensions, un très bon point. En revanche le choix des entrées et sorties sur des façades opposées me semble peu judicieux et pose problème lorsque l’ampli est glissé dans une poche. De plus j’ai eu peur tout au long de mon test de brancher le jack dans l’entrée de l’alimentation située juste à côté.

comparo_amplis_portables_108

Lors de la mise sous tension, un gros “poc” assez désagréable se fait systématiquement entendre. Tant et si bien que j’ai rapidement pris l’habitude d’allumer l’ampli avant de le brancher, de façon à éviter d’abîmer le reste de mon matériel ou mes oreilles.

Lecture…

Rudistor a toujours eu une relation assez rapprochée d’Ultrasone, ce qui fait que j’ai toujours été très curieux d’essayer un ampli de la marque avec mon Edition 9. Le résultat est vraiment très sympathique. le XJ-03 offre un son très ciselé, un peu chaud, avec une scène sonore pas très large. Comparé au Predator dont il est très proche, le XJ-03 se démarque par son rendu du haut du spectre vraiment agréable. L’ampli gère correctement la dynamique et semble bien plus pêchu que tous les autres amplis du comparatif. Cela m’a interpellé et j’ai essayé de me concentrer sur ce point pour bien analyser le rendu du XJ-03. Il me semble que l’ampli coupe très vite les notes, de façon à gagner en précision et en pêche, au détriment d’une certaine fluidité dans la restitution. Cette caractéristique est plus ou moins marquée suivant les morceaux écoutés.

De plus, j’ai également été intrigué par la restitution de la scène sonore avec le XJ-03. Celle-ci m’a semblé orientée plus 2D que 3D, avec une séparation claire de la gauche et la droite. Sur les morceaux complexes ou rapides, l’écoute m’a énormément surpris.

Conclusions

Je suis assez ennuyé pour donner un avis sur le XJ-03. Celui-ci offre un rendu de qualité mais est marqué par quelques défauts.

Conclusions générales

comparo_amplis_portables_092

Quel comparatif difficile ! Une fois dégagés les grands vainqueurs au niveau de la qualité audio, les amplis restants se sont retrouvés dans un mouchoir de poche, les différences tenant plus du parti pris sonore des marques. Suivant les jours et l’humeur, tel ampli s’est donc révélé préféré à un autre, pour le lendemain retomber en dernière position.

Quelle conclusion tirer de tout cela ? Que les différences en termes de qualité audio sont souvent minimes, de l’ordre de la différence de signature sonore. Que quel que soit le modèle choisi, il apportera un plus par rapport à une sortie audio peu propre ou non dédiée.

Seuls deux amplis se sont réellement démarqués : l’iQube est très loin devant, rivalisant en termes de rendu avec des modèles de salon réputés. Le Pico le suit, grâce à son sens du détail et du placement impressionnants. Le Predator arrive bon troisième avec un son chaud et plein de patate. Pour le reste cela dépendra grandement des affinités de l’auditeur, chacun des amplis de ce comparatif ayant son identité propre.

Deux classements sont livrés ci-dessous, fonction de la qualité audio seulement ou tous paramètres pris en compte. Ces classements n’engagent bien entendu que l’auteur de ces lignes et sont réalisés de façon complètement subjective, en fonction de ses goûts propres.

Classement (qualité audio)

1- Qables iQube
2- Headamp Pico
3- Ray Samuels Audio Predator
4- Rudistor XJ-03
5- Graham Slee Audio Voyager

Classement (tous paramètres)

1- Headamp Pico
2- Qables iQube
3- Ray Samuels Audio Predator
4- Rudistor XJ-03
5- Graham Slee Audio Voyager

Galerie photo complète

Le marché des amplis casque portables a explosé ces dernières années aux États-Unis. La France est quant à elle un peu à la traine dans ce registre, le concept d’ampli portable ayant du mal à trouver son public (qui se balade avec un ipod sur sortie ligne branché à un ampli portable dans sa poche aujourd’hui ?). Néanmoins ces petits amplis, de par leur taille et leurs fonctionnalités, sont bien pratiques et peuvent grandement améliorer la qualité sonore d’un netbook par exemple (qu’ils soient ou non pourvus d’un DAC), ou fournir la puissance nécessaire pour alimenter un casque de salon exigeant pour les plus performants d’entre eux.

Nous vous propose un comparatif de quelques modèles représentatifs du marché : les Headamp Pico, RSA Predator, Qables iQube, Rudistor XJ-03 et Graham Slee Voyager.

comparo_amplis_portables_010

Présentation

Sont donc réunis pour ce comparatif :
Headamp Pico (version sans DAC) : Environ 350$ (500$ en version DAC/AMP)
Ray Samuels Audio Predator : Environ 475$
Qables iQube : Environ 400€
Rudistor XJ-03 : Production arrêtée
Graham Slee Voyager : Environ 160£

Merci aux différents constructeurs pour les prêts de matériel.

Protocole de test

Pour réaliser ce comparatif, de nombreuses sessions d’écoute différentes ont été menées sur plusieurs semaines. Les amplis ont été comparés deux à deux avec différents casques et différentes listes de lecture.

La source utilisée est un iMod Red Wine Audio, le meilleur lecteur audio portable possédant une sortie ligne.

Tous les fichiers utilisés sont encodés en FLAC depuis les CD d’origine.

Les casques utilisés pour ce comparatif sont :
– Ultrasone Edition9
– Alessandro MS-Pro
– Joe Grado HP2

Seules les parties amplification des amplis seront testées. Certains des modèles de ce comparatif possèdent des DAC intégrés, mais ceux-ci ne seront pas utilisés.

1. Graham Slee Voyager

Construction

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Voyager en impose : L’ampli est en effet assez mastoc par rapport aux cadors du rapport taille / rendu de ce comparatif que sont le Pico et le Predator. Néanmoins la qualité de fabrication est là, et le boîtier tout plastique est joli et bien fini. L’ensemble est solide.

comparo_amplis_portables_043

En utilisation

Le Voyager rattrape ses défauts de taille du boîtier en fournissant pléthore de fonctionnalités plus ou moins intéressantes : Il est par exemple possible d’utiliser l’ampli sur batterie, via l’alimentation fournie ou alimenté par USB (attention, la connexion USB sert seulement à alimenter l’ampli, qui ne possède pas de DAC intégré).
Le bouton de volume a une course assez homogène et ne bougera pas tout seul ; il est de plus exempt de parasites lorsqu’on le tourne.

comparo_amplis_portables_046

Le Voyager propose aussi deux modes d’écoute, “flat” ou “warm”. Le mode “warm” booste les extrêmes, donnant une signature en V assez sympathique. Néanmoins toutes les écoutes ont été faites en “flat”.

Lecture…

Même en mode “flat” le Voyager se distingue grâce à un son chaleureux, très rond. Le bas du spectre n’est pas des plus étendus et est moins bien contrôlé que chez l’iQube par exemple, mais le Voyager a quand même une pêche sympathique. Comparé au Predator, le Voyager a la même patate mais semble plus aéré, sûrement grâce à sa signature en V. D’ailleurs les médiums sonnent quelque peu en retrait, et les aigus peuvent se révéler un brin criards suivant les morceaux.

Comparé au Pico et à l’iQube, le Voyager a une scène un peu moins large, et délivre un message globalement moins lisible.

Comparé au Rudistor XJ-03, le Voyager sonne vraiment plus coloré, un poil plus doux (ce que les Américains appellent “liquid” ou “smooth”), les différentes notes sont mieux liées entre elles.

Globalement le Voyager se marie très bien à l’Edition 9 et au MS-Pro, un peu moins au HP2 qui fait ressortir son côté très chaud.

Conclusions

Le Voyager est un bon ampli, bien fini, doté de fonctionnalités sympathiques et d’une sonorité un peu chaude qui plaira assurément. Il souffre seulement d’une taille assez imposante par rapport à ce que propose la concurrence, mais a le mérite d’être produit en Angleterre (donc pas loin de chez nous) et de bénéficier d’un service après-vente irréprochable via Graham Slee Audio directement.

2. Qables iQube

Construction

L’iQube est l’un des plus jolis amplis de ce comparatif. Le boîtier est vraiment superbe avec ses bords arrondis et sa partie caoutchouteuse noire. Le bouton de volume et les interrupteurs sont bien fondus dans l’ensemble, les symboles sont lisibles sans être criards. Bref du grand art, qui respire la qualité.

comparo_amplis_portables_049

En utilisation

L’iQube s’est révélé très simple d’utilisation. Le bouton de volume a une course assez homogène et ne bougera pas tout seul ; il est de plus exempt de parasites lorsqu’on le tourne. Le seul reproche que je peux lui faire se situe au niveau de la localisation des connexions jack, qui se trouvent sur le panneau opposé à celui des interrupteurs et boutons. Certains ne seront pas du tout gênés par ce choix, voire préféreront cette configuration, mais personnellement je préfère avoir tout sur la même face.

comparo_amplis_portables_060

Lecture…

Quelle claque ! L’iQube s’est révélé vraiment impressionnant au fil des écoutes, quelque soient les styles de musique écoutés ou le casque utilisé. L’ampli est vraiment un modèle d’équilibre, rien n’est privilégié au détriment d’une autre partie du spectre. L’iQube est le modèle de ce comparatif qui traite le spectre le plus étendu, avec un sens du détail inégalé. L’émotion des morceaux n’est pas pour autant mise de côté, et l’iQube traite diaboliquement bien les différences de dynamique ou le decay des notes. Les aigus sont magnifiques, le choc n’en a été que plus grand vu que je suis habitué au Predator dont ce n’est pas le domaine de prédilection.

Conclusions

L’iQube est le grand gagnant de ce comparatif. Malgré sa taille assez imposante mais finalement bien pensée (car calculée en fonction des dimensions des ipods à disque dur), il délivre une performance audio bien au-dessus des autres modèles testés, sans sacrifier à la qualité de fabrication (l’une des meilleures de ce comparatif). Alors certes cet ampli est cher, mais il ne fait vraiment aucun compromis.

3. Ray Samuels Audio Predator

Construction

RSA est connue pour ses amplis de qualité et le Predator ne déroge pas à la règle. L’ampli respire la qualité et la solidité, et tout semble calculé et choisi pour optimiser l’espace et les dimensions. Rien à redire.

comparo_amplis_portables_019

En utilisation

Tout est bien pensé, l’ampli se glisse facilement dans une poche une fois branché. Le bouton de volume est très agréable, résistant et homogène. Les interrupteurs sont si petits qu’il est quasi impossible de les actionner par mégarde. Seuls deux points “négatifs” viennent ternir un peu ce tableau idéal : Le bouton de volume est quelque peu difficile à actionner une fois les jacks branchés, et ces mêmes jacks femelles ne sont pas bloquants, en ce sens qu’ils ne retiennent pas les jacks males connectés. Deux petits défauts n’apparaissant pas sur le Pico, concurrent direct du Predator.

comparo_amplis_portables_020

Enfin, il est bon de noter que le Predator possède une batterie à la durée de vie énorme, comme l’ensemble des amplis RSA. Il est très rare de devoir recharger l’ampli, et une écoute de quelques dizaines de minutes via le DAC USB intégré suffit à ne jamais avoir à sortir le chargeur.

Lecture…

Comparé en direct avec son concurrent principal, le Pico, le Predator sonne tout de suite plus chaud et moins bien défini que le Pico. Le Predator gagne clairement le match du bas du spectre, avec un poids dans les graves vraiment impressionnant, sans toutefois que celui-ci n’empiète sur le reste du spectre. Néanmoins le Pico marque vraiment son ascendant sur le reste du spectre, avec un très beau médium et des aigus bien maîtrisés.

Comparé à l’iQube, même constat : dès que la musique se complexifie, le Predator se révèle clairement en deçà de l’iQube, qui se balade. Les voix sonnent plus naturelles avec l’iQube, mais le Predator ne lâche pas sa place de champion du bas du spectre.

Le XJ-03 se révèle assez proche du Predator dans le type de rendu, avec un son un peu moins chaud tout de même et une séparation des notes bien plus marquée, à la limite du ciselé.

Conclusions

Le Predator est vraiment un bon produit, à la finition impeccable et à la taille minuscule. En tant qu’ampli pur et dur, il est en revanche pour moi dépassé par ses principaux concurrents que sont le Pico et l’iQube. Il tient néanmoins la dragée haute face aux autres modèles de ce comparatif, et justifie à mon sens la différence de prix par rapport aux modèles moins onéreux.

4. Headamp Pico

Construction

J’ai eu la chance d’avoir entre les mains la version bleue anodisée du Pico, et le moins que l’on puisse dire est qu’elle est magnifique. Le boîtier prend quelque peu les traces de doigts mais n’est pas vraiment propice aux rayures. Les différents boutons et interrupteurs sont vraiment minuscules, fondus dans l’ensemble. Et l’ampli est minuscule !

comparo_amplis_portables_027

En utilisation

Rien à redire, l’ampli est vraiment bien pensé, fait pour être emporté avec soi dans une poche. Mention spéciale au bouton de volume et son petit renfoncement qui permet d’ajuster facilement le volume sonore, contrairement au Predator par exemple.

comparo_amplis_portables_025

Le bouton de volume du Pico a d’ailleurs une course assez homogène et ne bougera pas tout seul ; il est de plus exempt de parasites lorsqu’on le tourne.
Comme son concurrent le Predator, le Pico possède une batterie qu’il sera difficile de décharger complètement.

Lecture…

Le Pico est vraiment l’un des poids lourds de ce comparatif. Sa maîtrise du spectre est vraiment excellente, avec une attention particulière pour les médiums et les aigus. La spatialisation apportée par l’ampli est impressionnante, avec une scène sonore large, une très bonne séparation des instruments et un niveau de détails au-dessus de ses congénères.
L’ampli se révèle très droit, équilibré. Rien ne dépasse et l’auditeur pourra vouloir de temps en temps un peu plus d’aplomb dans le bas du spectre, ce que fournit par exemple le Predator de RSA. Mais pour celui qui cherche un son fidèle à la source et au casque utilisé, le Pico se pose en star. Seul l’IQube dans ce comparatif le détrône, avec une sensation de vie et une émotion bien plus prenante que le Pico, qui peut par moment sonner froid.

Conclusions

Deuxième grand gagnant de ce comparatif, le Pico est impressionnant de qualités sonores au regard de sa taille ridicule. Headamp ne se moque pas du consommateur, et le Pico justifie pour moi tout à fait son prix assez élevé. La finition est fantastique, l’ampli se montre très bien pensé à l’usage, et le son délivré est merveilleux.

5. Rudistor XJ-03

Construction

Autant le dire tout de suite, cet ampli est un tank. Le XJ-03 est relativement beau dans sa robe noire sobre, mais le boîtier est quand même imposant et particulier, avec ses lignes très découpées. De même le bouton de volume est proéminent, et les inscriptions blanches sont quelque peu criardes. En revanche rien ne bougera, et l’impression de solidité est omniprésente.

comparo_amplis_portables_107

En utilisation

L’ampli, lorsqu’il est allumé, est joliment éclairé sur le dessus par une LED bleue assez discrète. Le bouton de volume du XJ-03 a une course et une résistance agréable, il sera difficile de le tourner par erreur. L’ampli est vraiment léger malgré ses dimensions, un très bon point. En revanche le choix des entrées et sorties sur des façades opposées me semble peu judicieux et pose problème lorsque l’ampli est glissé dans une poche. De plus j’ai eu peur tout au long de mon test de brancher le jack dans l’entrée de l’alimentation située juste à côté.

comparo_amplis_portables_108

Lors de la mise sous tension, un gros “poc” assez désagréable se fait systématiquement entendre. Tant et si bien que j’ai rapidement pris l’habitude d’allumer l’ampli avant de le brancher, de façon à éviter d’abîmer le reste de mon matériel ou mes oreilles.

Lecture…

Rudistor a toujours eu une relation assez rapprochée d’Ultrasone, ce qui fait que j’ai toujours été très curieux d’essayer un ampli de la marque avec mon Edition 9. Le résultat est vraiment très sympathique. le XJ-03 offre un son très ciselé, un peu chaud, avec une scène sonore pas très large. Comparé au Predator dont il est très proche, le XJ-03 se démarque par son rendu du haut du spectre vraiment agréable. L’ampli gère correctement la dynamique et semble bien plus pêchu que tous les autres amplis du comparatif. Cela m’a interpellé et j’ai essayé de me concentrer sur ce point pour bien analyser le rendu du XJ-03. Il me semble que l’ampli coupe très vite les notes, de façon à gagner en précision et en pêche, au détriment d’une certaine fluidité dans la restitution. Cette caractéristique est plus ou moins marquée suivant les morceaux écoutés.

De plus, j’ai également été intrigué par la restitution de la scène sonore avec le XJ-03. Celle-ci m’a semblé orientée plus 2D que 3D, avec une séparation claire de la gauche et la droite. Sur les morceaux complexes ou rapides, l’écoute m’a énormément surpris.

Conclusions

Je suis assez ennuyé pour donner un avis sur le XJ-03. Celui-ci offre un rendu de qualité mais est marqué par quelques défauts.

Conclusions générales

comparo_amplis_portables_092

Quel comparatif difficile ! Une fois dégagés les grands vainqueurs au niveau de la qualité audio, les amplis restants se sont retrouvés dans un mouchoir de poche, les différences tenant plus du parti pris sonore des marques. Suivant les jours et l’humeur, tel ampli s’est donc révélé préféré à un autre, pour le lendemain retomber en dernière position.

Quelle conclusion tirer de tout cela ? Que les différences en termes de qualité audio sont souvent minimes, de l’ordre de la différence de signature sonore. Que quel que soit le modèle choisi, il apportera un plus par rapport à une sortie audio peu propre ou non dédiée.

Seuls deux amplis se sont réellement démarqués : l’iQube est très loin devant, rivalisant en termes de rendu avec des modèles de salon réputés. Le Pico le suit, grâce à son sens du détail et du placement impressionnants. Le Predator arrive bon troisième avec un son chaud et plein de patate. Pour le reste cela dépendra grandement des affinités de l’auditeur, chacun des amplis de ce comparatif ayant son identité propre.

Deux classements sont livrés ci-dessous, fonction de la qualité audio seulement ou tous paramètres pris en compte. Ces classements n’engagent bien entendu que l’auteur de ces lignes et sont réalisés de façon complètement subjective, en fonction de ses goûts propres.

Classement (qualité audio)

1- Qables iQube
2- Headamp Pico
3- Ray Samuels Audio Predator
4- Rudistor XJ-03
5- Graham Slee Audio Voyager

Classement (tous paramètres)

1- Headamp Pico
2- Qables iQube
3- Ray Samuels Audio Predator
4- Rudistor XJ-03
5- Graham Slee Audio Voyager

Galerie photo complète