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Test Medion Erazer Crawler E30e : un portable avec GPU dédié à prix cassé

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Une machine décidément pas exempte de défauts, mais qui se distingue tout de même grâce à son GPU dédié et à son positionnement tarifaire particulièrement agressif.

Pour ceux qui envisagent d’acheter leur premier ordinateur portable ou d’en changer, la période du Black Friday est souvent une bonne occasion d’anticiper Noël sans se ruiner. Dans ce contexte, nous vous proposons notre avis sur l’Erazer Crawler E30e, une petite machine modeste mais polyvalente qui saura faire les yeux doux à ceux qui disposent d’un budget restreint.

Avec ce Crawler E30e, Erazer — le nouveau nom de la gamme de Medion — nous propose une nouvelle machine particulièrement sobre, loin des artifices visuels de certains concurrents. On retrouve ce châssis noir mat, anguleux et sans fioritures qui aura le mérite de se faire discret dans un environnement studieux ou professionnel.

Côté construction, malgré son apparence un tantinet brute de décoffrage, la machine est relativement bien finie pour un appareil fermement positionné sur l’entrée de gamme. La charnière inspire plutôt confiance, et la flexion de l’écran qui nous avait inquiétés sur le Deputy P50 semble moins importante — un bon point, sachant qu’il s’agit d’une faiblesse récurrente sur ce segment.

Écran

Ce Crawler est doté d’une dalle IPS FHD 16:9 (1920 x 1080) de 15,6 pouces. Une résolution inférieure aux standards du moment sur ce format, mais difficile d’en attendre beaucoup plus d’une machine de ce calibre. Même constat du côté du taux de rafraîchissement, limité à 60Hz.

Pour ce qui est de la qualité d’affichage, dans l’ensemble, le verdict est sensiblement le même qu’avec le Deputy P50. Comme son grand frère, ce Crawler n’est pas particulièrement généreux en termes de contraste, et la reproduction des couleurs est globalement assez faible, ce qui donne un aspect terne à l’image. La luminosité très limitée ne vient pas non plus sauver cette dalle – heureusement que le revêtement antireflet, de son côté, est toujours de très bonne facture.

En résumé, c’est une dalle loin d’être transcendante, mais fonctionnelle et plutôt équilibrée qui saura s’adapter à à peu près tous les types d’activités, à défaut de faire des merveilles.

Clavier

Le clavier semble être exactement le même que sur le Deputy, et c’est plutôt une bonne nouvelle. Nous retrouvons les bonnes sensations de ce modèle, avec un revêtement confortable, un retour tactile bien défini et une course bien dosée qui rendent la frappe agréable et précise. A noter également la présence d’un pavé numérique, toujours intéressant sur un modèle de cette taille.

Medion Clavier
© Journal du Geek

Petit bémol : il présente toujours ce souci de stabilité des touches, notamment au niveau de la zone centrale qui a tendance à s’enfoncer légèrement. Le problème nous a toutefois semblé moins criant que sur le Crawler, et nous avons pu nous adonner à de longues sessions d’écriture sans problème.

Pour ce qui est du trackpad, en revanche, c’est une autre histoire. Là encore, il semble s’agir du même modèle que sur le Crawler… et ce n’est pas une bonne nouvelle. Il souffre d’une finition assez approximative, sonne creux, et surtout, le revêtement n’est décidément pas agréable, ce qui nuit à la précision de la navigation. C’est un point qui était facilement pardonnable sur se Crawler, qui se destine aux joueurs et a donc vocation à être utilisé avec une souris ; mais c’est beaucoup plus difficile de passer outre ces limites sur une machine qui se veut polyvalente. Un des gros points noirs de cette machine.

Hardware

Pour ce qui est du hardware, la fiche technique a de quoi surprendre. Au lieu de foncer tête baissée sur du matériel de dernière génération, Erazer a opté pour des puces un brin plus anciennes. Cela commence par un Intel Core i5 12450H à 8 cœurs (4 P-Cores à 4,40 GHz en Turbo, 4 E-Cores) pour 12 threads. Une puce de 12e génération, mais raisonnablement puissante et polyvalente qui permettra de s’adonner à n’importe quelle tâche bureautique sans problème — et même un peu plus.

Car en plus de ce CPU, Erazer a aussi fait le choix d’intégrer une carte graphique dédiée. Certes, il ne s’agit que d’une RTX 2050 portable, c’est à dire un GPU d’entrée de gamme qui remonte à deux générations. Mais au bout du compte, c’est un choix compréhensible, et même plutôt pertinent. Une carte haut de gamme aurait été du gâchis pur et simple sur ce genre de modèle, et contrairement à un simple chipset graphique intégré, elle offre tout de même une marge de manœuvre confortable.

N’espérez pas profiter des tout derniers titres AAA en qualité maximale, cela va sans dire. Mais grâce à cette carte, ce Crawler peut encaisser n’importe quel jeu modeste, comme League of Legends ou Rocket League, sans broncher. Il peut même s’attaquer à certains titres AAA un peu plus anciens. Nous n’avons eu aucun mal à faire tourner The Witcher 3 dans des conditions acceptables (45 – 60 ips en permanence).

Son vrai problème dans ce contexte se situe au niveau de la RAM, avec seulement 8 GB de DDR4 sous le capot — et plutôt lente qui plus est, avec seulement 3200 MHz au compteur. Rien de gravissime pour de la bureautique de base, mais nettement plus handicapant pour un usage multimédia soutenu ou les jeux vidéo.

En outre, ce manque de RAM rend les tâches créatives assez laborieuses ; n’espérez pas faire de montage, de travaux photo lourds, ou travailler sur des modèles 3D de grande taille. Regrettable pour une machine qui se veut polyvalente.

Au moins, il est possible d’ajouter très facilement (trois minutes chrono avec un tournevis et un levier en plastique) une deuxième barrette de mémoire vive afin de doubler cette capacité pour quelques dizaines d’euros. Ce qui ne sera franchement pas du luxe pour les utilisateurs de Windows 11. Cela permet aussi d’exploiter le Dual Channel pour doper les performances en jeu. Dans ces conditions, nous avons par exemple pu faire tourner Cyberpunk 2077 en qualité Ultra à une moyenne de 40 ips pendant une heure, ce qui rend cette concession d’autant plus frustrante.

Pour ce qui est de la ventilation, le verdict est mitigé. Elle fait plutôt bien son travail, et assez discrètement dans la plupart des cas. Mais lorsque le système est mis sous pression, les ventilateurs se mettent à hurler comme des beaux diables, notamment dans les tons aigus qui sont les plus gênants. Pour les joueurs, il sera donc indispensable de se munir d’un casque. Dans les autres cas, rien à signaler.

Connectique et autonomie

En termes de connectique, ce Crawler E30e fait plus que le minimum syndical. Il propose deux prises USB Type-A (une en 3,2 pour le transfert de fichier, et une en 2,0 qui suffit pour brancher une souris ou un micro), deux prises USB 3,2 Type-C et un Mini DisplayPort 1.4. Il a aussi droit à un port Ethernet RJ45 et à un lecteur de carte MicroSD.

L’autonomie, en revanche, s’est avérée un peu plus décevante qu’on aurait pu le penser – probablement la faute à la carte graphique dédiée, qui n’a pas que des avantages. En utilisation bureautique dense, il a tenu un petit peu plus de cinq heures. Suffisant pour un cours en amphithéâtre ou pour suivre une réunion, mais gare à ne pas oublier le chargeur à la maison.

Prix et disponibilité

Vous l’aurez compris, ce Crawler E30e n’est pas franchement une bête de course ; c’est une machine modeste mais polyvalente, notamment grâce à l’addition bienvenue d’une carte graphique dédiée. Mais ces limites prennent tout leur sens lorsqu’on se penche sur le tarif de l’engin ; il est proposé entre 600 et 700 € hors promotion — et encore moins en cette période de Black Friday. On trouve par exemple une promotion à 499 € chez Boulanger.

Et à ce prix-là, il en devient tout de suite plus intéressant. Il pourrait notamment faire de l’œil à ceux qui cherchent un appareil peu cher, mais plus versatile qu’un notebook. On pense par exemple à un étudiant au budget serré qui souhaiterait pouvoir prendre des notes en cours et jouer un peu en fin de journée.

La seule vraie limite, c’est que cette machine ne s’adresse pas aux débutants complets. Il faudra être capable d’installer votre système d’exploitation vous-même, et éventuellement de choisir et d’ajouter une deuxième barrette de RAM pour exploiter tout son potentiel. Comptez donc un petit surplus au niveau du tarif et un peu d’huile de coude.

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