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[Test] Nikon Z6 : un hybride équilibré

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Par Remi Lou le

On a pu mettre la main sur le Nikon Z6 pendant quelques semaines, le premier hybride plein format de chez Nikon avec le Z7. Voici notre avis sur cet appareil équilibré qui compte bien faire mal à la concurrence, Sony A7III en tête.

Dans un marché de l’hybride plein format largement dominé par Sony et sa gamme Alpha, les constructeurs emblématiques de Reflex – Canon et Nikon en tête – commencent à perdre en puissance. Afin de ne pas laisser Sony prendre trop de place dans ce secteur en forte évolution, Canon a lancé son Canon EOS R, un hybride au capteur 24×36, quand Nikon lançait deux boitiers relativement proches : les Nikon Z6 et Z7. Le constructeur japonais a ainsi opté pour la même stratégie que Sony qui décline sa gamme en deux versions, dont l’une plutôt axée photo avec son capteur mieux défini (A7RIII / Z7) et l’autre au capteur moins défini mais avec une meilleure sensibilité (A7III / Z6). C’est donc, par ce fait, le digne concurrent du Sony A7III que nous avons eu entre nos mains pendant quelques semaines. On vous présente le Nikon Z6.

Commençons par un bref tour du propriétaire. Le Nikon Z6 est un appareil photo hybride au capteur plein format (24×36) CMOS BSI stabilisé de 24,5 Mpx, ce qui le place en concurrence directe avec le Sony Alpha 7III qui dispose d’un capteur plein format de 24,2 Mpx. Il est vendu aux alentours de 1770€ sur Amazon à l’heure où nous écrivons ces lignes (boitier nu), et autour des 2500€ avec son objectif de kit (24-70 mm f/4). Notez qu’on peut également retrouver des packs comprenant le boitier et l’adaptateur officiel pour utiliser ses anciens cailloux Nikkor.

[nextpage title= »Design et Ergonomie »]

Le Nikon Z6 ne déroutera pas les amateurs de la marque japonaise. Avec ses courbes douces et son châssis qui respire la solidité, le Z6 est sans conteste un bel appareil, d’autant plus qu’il s’avère assez compact – tout autant que les Sony Alpha – en embarquant pourtant un capteur plein format 24×36.

Nikon Z6 / Sony A7III

On dispose de nombreux boutons personnalisables bien placés à l’avant et à l’arrière pour sélectionner rapidement ses presets, ainsi que d’un viseur numérique d’excellente facture. Pour l’écran, on retrouve un moniteur LCD de 3,2 pouces tactile et orientable. Il s’avère plutôt bon en pratique avec une bonne lisibilité, bien que, comme les appareils de chez Sony, il n’est orientable que vers le haut et vers le bas, ce qui limite nettement les angles de vision. D’autant plus que, malgré la solidité apparente du boitier, ce type de fixation donne l’impression qu’on pourrait arracher l’écran à tout moment, et n’inspire pas vraiment confiance. Du côté des menus, c’est plutôt complet et bien organisé, d’autant plus que le tactile est mis à profit intelligemment. À ce niveau, les menus incompréhensibles de Sony sont bien en dessous de ce que propose ce Nikon Z6, qui conviendra autant aux nikonistes qu’aux novices.

On retrouve une panoplie de connectique, comme un port micro, un port casque, mini HDMI, ainsi qu’un port USB-C. Petit bémol concernant le stockage, puisque le Nikon Z6 n’embarque qu’un seul port pour carte XQD. Certes, ces cartes ont le mérite de proposer de très bons débits, mais elles sont bien plus chères que des cartes SD classiques. Ce choix est d’autant plus étrange que les cartes SD avec d’excellents débits sont désormais assez courantes, et que le Nikon Z6 n’enregistre pas non plus avec des débits si élevés que cela. En pratique, ce choix n’apporte que des désavantages, dont la nécessité de se coltiner un adaptateur carte XQD avec soi. Cet unique slot pour le stockage pose également problème, là où ses concurrents en proposent systématiquement deux, ce qui est très pratique sur un tournage pour enregistrer simultanément ses rushs sur deux cartes à la fois et éviter de tout perdre, ou encore pour séparer les photos des vidéos, etc…

Malgré tout, ce n’est pas rédhibitoire, et l’appareil jouit d’une excellente ergonomie. C’est surtout la première gamme mirrorless plein format de Nikon, alors qu’il a fallu plusieurs générations à Sony pour gommer certains défauts notables dont certains sont encore présents aujourd’hui (les menus de Sony sont toujours aussi illogiques, et le problème d’autonomie dérisoire n’a été réglé que sur les dernières générations).

[nextpage title= »Fonctions et Utilisation »]

Le Nikon Z6 bénéficie de tout le savoir-faire de la marque en terme de performances. On retrouve ainsi une rapidité à toute épreuve, avec un appareil extrêmement réactif, que ce soit dans les menus ou en utilisation. L’appareil répond au doigt et à l’oeil, ce qui n’est pas forcément toujours le cas dans le monde des hybrides.

En rafale, le Nikon Z6 est capable de shooter jusqu’à 12 i/s en JPG et 10 ips en RAW. En vidéo, on aura le choix entre de la 4K UHD 25/30 i/s à 150 mbit/s, de la 1080p 100/120 i/s à 28 mbit/s, ou encore de la 1080p 50/60 i/s à 56 mbit/s (pas de 4K 60 i/s, hélas…). La sensibilité est excellente, avec une montée en ISO performante de 100 à 51 200 ISO en mode standard et la possibilité d’aller de 50 à 204 800 ISO en boost. La montée en ISO est parfaitement gérée par le boitier qui gère le bruit électronique à la perfection même lorsqu’on dépasse les 6400 ISO. Enfin, le capteur est stabilisé sur 5 axes, et peut encore être amélioré si on l’utilise conjointement à un objectif lui-même stabilisé.

Un mot sur l’autofocus, qui nous a semblé bon, sans être transcendant. L’appareil embarque 273 collimateurs pour l’autofocus, et propose l’AF-S et l’AF-C suivi. On retrouve également l’eye-tracking qui permet de suivre l’oeil de son sujet et d’obtenir une mise au point parfaite. Cette fonction, ajoutée via une mise à jour du firmware, n’est pas encore totalement au point, avec des gros ratés quand, par exemple, le point se fait sur un élément du décor alors que votre sujet est bien là, devant vous, les yeux grands ouverts. On reste tout de même à mille lieues de la médiocre qualité de l’autofocus de chez Panasonic (même si ça s’améliore petit à petit), mais Sony reste devant dans ce domaine, et Canon les surpasse tous et incarne le leader incontesté avec sa technologie autofocus CMOS Dual Pixel.

Malgré tout, l’autofocus s’avère plutôt performant dans la pratique, en plus d’être rapide. Heureusement, car le focus manuel semble souffrir de légers lags entre l’instant où on vient tourner la bague de mise au point et ce qui se passe à l’écran. Sur des mouvements rapides, c’est parfois frustrant. Enfin, un mot sur l’autonomie, qui est très correcte. L’appareil ne m’a jamais lâché en pleine journée, même si son utilisation était plutôt modérée.

[nextpage title= »Qualité d’image »]

Après tout, ce qui importe le plus avec un appareil photo, ça reste bien la qualité d’image. À ce niveau, le Nikon Z6 ne déçoit pas, bien au contraire. Les images sont somptueuses avec une colorimétrie maîtrisée et un rendu des couleurs particulièrement fidèle à la réalité. En automatique, l’appareil expose parfaitement bien la scène, et la balance des blancs est généralement très juste. Le piqué et le contraste nous ont également semblé très bons. Mais comme des images valent tous les mots du monde, on vous laisse vous faire votre avis sur ces clichés capturés sous le soleil romain – d’où l’ambiance ensoleillée façon Woody Allen – et les falaises bretonnes. 

Enfin, côté vidéo, le Nikon Z6 s’en sort également très bien. On retrouve ces belles couleurs qui n’ont rien à envier à celles de Canon, et qui s’avèrent même meilleures que celles de Sony, notamment en ce qui concerne la peau. La qualité est tout bonnement excellente, avec d’excellents bokeh mais surtout la possibilité de filmer en 4K UHD 30 i/s sans crop, lui permettant de surclasser immédiatement le Canon EOS R sur le terrain de la vidéo. Pour aller plus loin, on pourra utiliser la courbe N-Log de Nikon, et même utiliser un enregistreur externe pour enregistrer en 10 bits (8 bits interne maximum sur la carte).

[nextpage title= »Galerie Photo et Conclusion »]

Notre avis

Le Nikon Z6 est vraiment un bel appareil. Avec son capteur moins défini que son grand frère, le Z7, le Z6 ne démérite pas en proposant des performances hors normes tout en affichant un tarif largement inférieur. Aussi bon en photo qu’en vidéo, Nikon signe son arrivée dans le monde des hybrides plein format avec fracas, bien qu'arrivant un peu tard.

Certes, il y a encore quelques points à régler par ci par-là, et Nikon n’apporte pas grand chose de plus qu’avait déjà apporté le Sony A7III, mais c’est un bon début. Reste qu’en l’état, avec un parc d’objectif plutôt réduit (même si une bague d’adaptation est proposée pour utiliser ses anciens objectifs Nikkor à monture F), Nikon ne bénéficie pas de l’avancée de son concurrent direct dans le secteur des mirrorless. Le Nikon Z6 plaira aux nikonistes convaincus et à quelques audacieux qui succomberont à son design et son ergonomie bien pensée. En bref, un excellent appareil, bien conçu et performant, mais sans véritable surprise (jusqu’à la prochaine génération).

Les plus
Les moins
  • Excellente qualité Photo/Vidéo
  • Ultra-rapide et performant
  • Capteur plein format
  • Parc d'objectif limité
  • Pas de réelle plus-value par rapport à la concurrence (Sony en tête)
  • Pas de support des cartes SD