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[Test] Rise of the Tomb Raider [XBO]

Notre avis
7 / 10

Par firoste le

Après avoir brisé le mythe, que reconstruire derrière? En reboot consciencieux, Tomb Raider ne faisait pas table rase à la légère. Si le jeu revitaminait toute une saga, il donnait aussi l’impression d’un calvaire rédempteur. Un calvaire où Lara Croft devait passer par toutes les souffrances, pour casser son image 90’s et se refaire un statut d’héroïne mythique. Mais une fois ce parcours christique accompli, comment embrayer ? Si Crystal Dynamics s’est racheté une nouvelle légitimité à exploiter la série, il lui fallait trouver une nouvelle dynamique pour faire évoluer son personnage et réaliser une suite à la mesure de sa résurrection.

ROTTR-Finisher

Transporté en Sibérie, le jeu guide cette fois-ci Lara sur les traces d’un artefact magique, garant d’immortalité pour son détenteur, et jalousé comme par hasard par une armée de mercenaires russes avide de gloire et d’éternité. Artefact que cherchait d’ailleurs déjà son paternel des années auparavant, et qui permettrait à Lara de laver l’honneur de son nom. Glaciers, doudoune et décors postsoviétiques sont donc au menu d’un programme qui, s’il s’entoure d’un enjeu familial, ne dévie en rien du précédent, lui-même librement « inspiré » de celui d’Uncharted.

A savoir l’alternance, savamment orchestrée comme une partition musicale, entre phases d’exploration, de plateforme (et cliffhanger si possible à chaque corniche), de combats à l’arc ou à l’explosifs contre une foultitude de soldats et d’animaux exotiques, le tout récompensé à chaque fois par un morceau de bravoure cinématique, généreux en wow effects et autre déluges pyrotechniques. Brinquebalée par cette mise en scène de surenchère, Lara joue les funambules trompe-la-mort sans pause syndicale, si ce n’est qu’un maigre repos autour de dialogues succincts ou d’arrêts aux feux de camps pour améliorer ses performances et équipements. (Trop) Bien conscient de l’efficacité de son ancienne formule, Crystal Dynamics démultiplie ses effets de manches, explose les échelles de ses décors, rajoute du napalm à ses scènes catastrophes, dans le seul but de contenter ses joueurs par un apport décuplé d’adrénaline, au mépris de tout réalisme, et surtout, de toute innovation. Car, à part quelques micro-détails (de nouvelles flèches, de nouvelles bombes), Lara nous refait un bis repetita.

ROTTR-Balancing-Act