Où en sont les Suédois ? Nous allons voir comment se débrouille Jays, marque suédoise qui s’était fait un nom il y a quelques années avec de très bons modèles, face à la déferlante d’écouteurs dans cette gamme de prix (50-60€). On trouve beaucoup de marques chinoises notamment (Brainwavz, Soundmagic, Hifiman…), mais aussi des Sennheiser allemands, les américains de chez Meelectronics, etc. Le modèle testé ici est le A-Jays Four, probablement identique au A-Jays Three mais avec une télécommande trois boutons pour iPhone/iPad.

Packaging et qualité de fabrication

Alors là, chapeau. Pour le prix, ils font partie des écouteurs à la meilleure finition que j’ai pu voir. Le coffret, déjà, annonce la couleur avec un plastique très rigide et d’excellente facture ainsi qu’une forme ovale travaillée. À l’intérieur, tout est très bien organisé et on a franchement l’impression d’en avoir eu pour son argent.

Les accessoires comprennent pas moins de 5 paires d’embouts en silicone différents, vous devriez en trouver une qui vous corresponde. Dommage qu’il n’y ait pas de biflange, mais surtout dommage qu’il n’y ait que ces embouts : on peut se passer d’un doubleur de jack, mais difficilement d’un étui de transport. Je suis déçu sur ce point.

La fabrication des écouteurs est de très belle facture : plastique mat de haute qualité, câble plat à l’air solide, jack coudé résistant. À la fois d’un point de vue design et qualité des matériaux, c’est une franche réussite. La télécommande est sobre, mais élégante. Pas de plastique argenté « bling bling », que du solide qui respire la qualité.

Utilisation

Le câble plat est assez utile et j’ai pu me permettre de jeter négligemment les écouteurs au fond de mon sac de temps à autre quand j’étais pressé, sans craindre une rupture et sans avoir à démêler un sac de nœuds plus tard. De plus les bruits microphoniques sont présents si le câble frotte sur les habits, mais il n’y a rien d’alarmant. J’ai même pu faire quelques footings avec ces A-Jays Four, en les passant sous le t-shirt les bruits restaient rares. Les Jays sont sur ce point dans la moyenne, je pense.

Pour le reste, il s’agit de semi-intras classiques, qui se portent exclusivement sous l’oreille, on ne peut passer le câble plat par-dessus. Les écouteurs n’entrent pas profondément dans le conduit auditif, par conséquent la tenue dans l’oreille n’est pas exceptionnelle et même sans bouger énormément il faudra les replacer de temps à autre. Cela permet néanmoins aux nouveaux venus dans le monde des intras de ne pas avoir de sensation d’intrusion trop importante.

Enfin, l’isolation est correcte, sans plus. On est là encore dans la moyenne pour des semi-intras, rien d’exceptionnel, mais ces écouteurs restent utilisables dans le métro sans hausser le volume de façon déraisonnable. Des biflanges ou mousses amélioreraient sans doute ce point.

Ne disposant pas d’iPhone, je n’ai pas pu tester la télécommande.

Son

Pour l’instant le constat est donc positif. Mais tout cela ne sera plus que poussière si les A-Jays Four ne passent pas l’épreuve décisive : la qualité sonore !

Pour ce test, j’ai utilisé mon smartphone Lumia 800 (qualité de son moyenne et un peu brouillon), ainsi qu’un baladeur Sansa clip+ (sortie ultra propre et son de belle qualité). Les fichiers sur Lumia sont en 320kbps, sur le clip ils sont en lossless (Alac).

La signature globale des A-Jays Four met plutôt en avant le bas du spectre. Classique pour des écouteurs destinés à des smartphones et à un large public. Alors, comme d’habitude, déluge de basses dans les oreilles ? Heureusement non, les basses et bas mediums sont en avant, mais pas trop présents. Ils colorent le son de façon chaude et joyeuse, mais ne se laissent pas aller à écraser le reste du spectre sur leur passage. Un très bon point.

Plus spécifiquement, les basses ne descendent pas très bas, elles n’ont pas une profondeur énorme, il faut donc plus parler des bas-mediums en avant. C’est sans doute aussi ce qui permet aux Jays de garder de la légèreté dans leur présentation sonore. Ces basses/bas-mediums sont assez rapides et n’ont pas d’embonpoint, elles ne traînent pas même sur des musiques assez rapides. Personnellement, je les aurais souhaitées plus sèches tout de même, mais leur touche de rondeur n’est pas désagréable. Elles sont donc de qualité et restitueront fidèlement le rythme de vos musiques pop et rock, par exemple.

Les mediums sont assez clairs, il n’y a rien de particulier à signaler ici. Bien sûr ils pourraient être plus détaillés, mais c’est très honorable, on distingue bien les instruments et l’écoute est agréable. Les basses bien contrôlées rendent les mediums facilement perceptibles, ils ont l’espace pour s’exprimer, ce qui là encore donne de la légèreté au son.

Dommage que les aigus manquent par contre d’extension et de précision, cela ne pardonne pas sur du classique ou du jazz. Sur ces genres, la musique se laisse écouter, mais la comparaison avec des écouteurs plus analytiques est sans appel. On peut se consoler en soulignant que l’écoute n’est pas fatigante et que vous pourrez donc partager de longues sessions d’écoute avec vos intras, mais il y avait de la marge pour rendre les aigus plus présents sans qu’ils ne soient brillants. Cela dit, n’exagérons rien, sur la majorité des styles musicaux ce manque d‘aigus ne déshonore pas les Jays, les aigus ne sont pas absents non plus !

Enfin, la scène sonore est correcte, sans plus. On n’a ni l’impression d’être étouffé par la musique, ni celle d’être face à une scène particulièrement aérée. Les Jays parviennent quand même à supporter des musiques relativement complexes sans être à genoux.

Conclusion

Comme dans tout test, j’ai aussi mis l’accent sur les limites du produit, mais ne nous y trompons pas : les A-Jays Four sont une très bonne paire polyvalente, qui vous suivra avec bonheur dans tous vos déplacements quotidiens. Qualité du packaging, design, fabrication, qualité sonore : rien de majeur à reprocher.

Bien sûr, j’aurais aimé une boîte de transport, que l’on trouve dans le package des A-Jays Three (si vous n’avez pas besoin de la télécommande iPhone, foncez sur les Three). Bien sûr, j’aurais aimé plus de détails dans les mediums et des aigus plus présents, c’est pour cela que je garderai mes Hifiman RE0. Mais on peut aussi trouver ces derniers trop plats, trop techniques, trop analytiques, et leur préférer les Jays sans que je n’y trouve à redire. J’ai moi-même bien apprécié le temps passé avec eux, ils complètent bien mes Hifiman et m’ont fidèlement soutenu en balançant Supertramp, Michael Jackson ou les Clash pendant mes heures de course à pied ou de métro !

Pour finir, dans la gamme 50-60€, je ne peux décemment que vous les recommander, pour leur caractère joyeux et facile à vivre. C’est solide et bien construit, ça délivre un son chaud, mais équilibré, ça met du rythme dans vos journées : que demande le peuple ?

Test réalisé pour le Journal du Geek, par Cyril Durand du site tellementnomade.