C’était la bonne nouvelle qu’on n’attendait plus. Après des mois de crise énergétique, après des boucliers tarifaires insuffisants et des appels à la sobriété en plein hiver, la France va (peut-être) souffler un peu. Dans les mois à venir, EDF va devoir réviser ses tarifs électriques, et réduire ses augmentations.
La CRE veut une baisse des tarifs, le gouvernement préfère une hausse
En janvier dernier, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) proposait une baisse de 0,35% des tarifs réglementés de l’électricité en France. Une première depuis quatre ans, qui aurait pu servir à désengorger les consommateurs, soumis à des tarifs exponentiels depuis le début du conflit russo-ukrainien. Selon la Commission de régulation de l’énergie, plusieurs voyants étaient au vert pour motiver cette baisse : non seulement les tarifs ont beaucoup chuté sur les marchés internationaux, mais en plus les tensions d’approvisionnement survenues dans des zones productrices sont en train de disparaître progressivement. Un retour à la normale qui pourrait justifier la remise à zéro des compteurs, et l’adoption d’un tarif quasiment stable.
Le Parlement européen s’en mêle
Cette semaine, une nouvelle décision vient confirmer la perspective d’une baisse de tarif sur l’électricité. La révision de la structure du marché de l’électricité vient d’être validée par le Parlement européen, apportant avec la perspective de nouvelles régulations imminentes. Le texte, qui s’inscrit dans la même veine que celui sur la réforme du prix du gaz voté en 2022, entend ainsi “protéger le consommateur face aux injustices en cours“, félicite l’eurodéputé espagnol Nicolás González Casares. Après avoir reçu un important soutien avec 473 votes favorables et seulement 80 contre, il ne reste plus qu’à obtenir la validation souveraine des pays membres, qui devront ensuite appliquer la décision.
C’est une timide opposition nationale qui est attendue de la part des États membres. L’adoption rapide du texte européen est sans doute liée à la modestie de ses ambitions. Alors que la réforme devait initialement poser les bases d’un système électrique entièrement renouvelable, sa forme actuelle garantie simplement une augmentation des contrats à long terme pour la fourniture d’électricité, en évitant les hausses brusques et trop importantes, à l’image de celles survenues en 2022. Dans le meilleur des cas, les fournisseurs pourraient aussi décider de suivre les recommandations de la CRE, et baisser le prix du kWh.
L’initiative vise donc à protéger les Européens contre les fluctuations soudaines des prix, tout en améliorant la transparence des tarifs. Aussi, il ne sera désormais plus possible de modifier les conditions des contrats sans le consentement explicite du consommateur.