Avez-vous été espionné illégalement ? Une ONG vous donne la réponse

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Par Elodie le

Après avoir proposé aux journalistes et militants des droits de l’homme, en collaboration avec Amnesty International, un logiciel permettant de détecter si leur ordinateur ou smartphone est espionné, Privacy International, une ONG britannique, vous propose de découvrir si vous avez été l’objet d’un espionnage illégal de la part du GCHQ, l’agence de renseignement britannique, mais aussi du coup par la NSA.

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Privacy International est une ONG fondée en 1990 qui milite pour la défense des droits de l’homme et lutte plus particulièrement contre les violations de la vie privée perpétrées par les gouvernements et autres organisations.

À cette fin, l’ONG a lancé une nouvelle plateforme sur laquelle les internautes pourront savoir s’ils ont fait l’objet d’un espionnage illégal de la part du GCHQ, mais également de l’Agence de Sécurité nationale américaine, les deux agences collaborant au sein des « Five Eyes« .
Si désormais, plus personne n’ignore les pratiques d’espionnage des gouvernements du monde entier, rélévées par les documents subtilisés par Edward Snowden à la NSA, personne ne peut savoir s’il a été lui-même, un jour, pris entre les mailles du filet.

« Avez-vous déjà passé un coup de téléphone, envoyé un email ou utilisé Internet ? Bien sûr que oui ! Il y a des chances, qu’au cours de la dernière décennie, vos communications aient été interceptées par la NSA. NSA qui partage ensuite ces informations avec le GHCQ » peut-on lire sur la homepage du site.

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Privacy International rappelant ensuite qu’une récente décision de justice a rendu ce partage illégal… jusqu’à ce que David Cameron, premier ministre britannique, fasse voter une loi légalisant ces pratiques en fin d’année dernière. Les pratiques antérieures à décembre 2014 sont donc considérées comme illégales, car placées sous le sceau du secret, mais plus celles à venir… N’importe quel justiciable peut donc faire valoir son droit de regard, démarche essentielle sans laquelle le tribunal ne peut agir.

Les internautes sont donc invités à remplir le formulaire (noms, prénom, email) proposé par l’ONG en lui déléguant le droit de porter plainte en leur nom. Privacy International se chargera de soumettre les plaintes reçues au tribunal spécial britannique, Investigatory Powers Tribunal (IPT), qui aura l’obligation d’enquêter en s’informant auprès du GCHQ d’un partage illicite de données effectué par la NSA. Si une violation de la vie privée est constatée au regard des articles 8 et 10 de la Convention européenne des droits de l’homme, le(s) plaignant(s) en sera(ont) informé(s) et pourra(ont) réclamer la suppression des informations collectées. Une demande qui peut vite être victime de son succès et prendre des mois, voire quelques années, à donner le moindre résultat.

GCHQ at Cheltenham, Gloucestershire

Par ailleurs, paradoxe de la demande, les internautes peuvent être amenés à fournir beaucoup plus d’informations qu’initialement prévu par le formulaire afin de maximiser leur chance.
« Nous avons gardé les informations nécessaires au minimum, mais l’IPT demande plus que votre nom pour essayer de trouver des communications dans les bases de données massives du GCHQ », avertit l’ONG, par exemple l’adresse IP utilisée. « Ça a l’air absurde, mais c’est la seule façon », assure encore l’ONG.

Comme la rapporte Le Point, pour Éric King, directeur adjoint de Privacy International, « le public a le droit de savoir s’il a été illégalement espionné ». En se référant à la décision du tribunal rendue récemment il ajoute que « la surveillance de masse est la collecte constante des renseignements personnels de millions sinon de milliards de personnes. Le tribunal ne pouvait pas être plus clair ».
L’ONG ne compte plus se contenter de la réponse fournie à l’envi par le GCHQ concernant ses activités, à savoir que celles-ci sont « légales et proportionnées« .
Comme celles de toutes les agences gouvernementales, non ?

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