La prochaine élection présidentielle n’est pas à l’abri d’une ingérence de la part d’une nation étrangère. Si le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian assure que rien n’accrédite cette thèse aujourd’hui, il appelle à la plus grande vigilance à l’heure où les cybermenaces se multiplient.

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Alors que les États-Unis accusent la Russie d’être à l’origine des cyberattaques ayant émaillé la présidentielle américaine dans le but de déstabiliser le Parti démocrate et sa candidate, Hillary Clinton, au profit de Donald Trump, la France peut-elle subir le même sort ?

C’est un risque qu’il ne faut pas exclure même si « les analyses effectuées par ­l’Anssi [Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information] n’ont pas permis à ce jour d’identifier des indices d’opérations de déstabilisation ciblant les élections en France », prévient le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, dans les colonnes du JDD.

Une élection sous haute surveillance

Les Français sont appelés à désigner le successeur de François Hollande les 23 avril et 7 mai prochains au cours d’élections que d’aucuns prédisent capitales aussi bien à l’échelle nationale, européenne et internationale, quelques mois après le Brexit et l’élection du business man Donald Trump à la tête de la première puissance mondiale.

« Il ne faut pas être naïf. Depuis que je suis à mon poste et notamment depuis trois ans, la menace cybernétique est devenue majeure y compris sur nos propres outils militaires », et de dénombrer quelque 24 000 attaques externes bloquées, dont certaines « avaient de véritables intentions de nuire » : des « tentatives d’atteinte à l’image du ministère [aux] attaques menées à des fins stratégiques (harcèlement, repérage, espionnage) et même des tentatives de perturbation de nos systèmes de drones ».

« Chaque e-mail envoyé peut être piraté »

Il appelle donc à la plus grande vigilance du personnel politique pour les prochains mois à venir et appliquer « ce que les spécialistes appellent ‘l’hygiène informatique’ », c’est-à-dire respecter les bonnes pratiques qui leur ont été présentées.

« Il faut maintenant partir du principe que chaque e-mail envoyé peut être piraté et donc rendu public à des fins de déstabilisation ».

L’exemple des États-Unis est dans toutes les têtes, un député a ainsi interpellé le gouvernement sur « la menace de piratage informatique par des puissances étrangères ».

Un piratage peu probable

« S’il y a eu une action pour ­influencer ou manipuler l’élection présidentielle américaine, c’est un événement grave. Si elle a été menée par un État, c’est une ingérence ­insupportable, prévient le ministre. En visant le processus électoral d’un pays, on attente à ses fondements ­démocratiques, donc à sa souveraineté ».

Le piratage de l’élection présidentielle française parait peu probable si l’on se réfère au système de vote traditionnel dominant du bulletin de papier placé dans l’urne. Le vote électronique est encore anecdotique (une soixantaine de communes en 2012 pour 1,5 million d’électeurs) et le statu quo domine, contrairement aux États-Unis où il est régulièrement décrié.

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