Fortnite attaqué en justice pour avoir créé un jeu addictif ?

Jeux Vidéo

Par Julie Hay le

Un cabinet québécois lance une demande d’action collective contre Epic Games et accuse le jeu d’être volontairement addictif. 

Le phénomène Fortnite Battle Royal n’est pas du goût de tout le monde et certains dénoncent l’aspect volontairement addictif du free-to-play. 20 minutes rapporte ainsi les propos de Jean-Philippe Caron, avocat en charge du dossier : « On parle d’un jeu qui a été développé par des équipes de psychologues spécialisés pour créer un caractère d’addiction et on reproche à la compagnie de ne pas avoir divulgué tous les risques et dangers inhérents au produit ». Le document de demande d’action collective affirme également : « Les créateurs auraient utilisé les mêmes tactiques que les créateurs de machine à sous, soit des programmes de récompense variables, pour s’assurer de la dépendance de ses utilisateurs, le cerveau étant manipulé pour toujours désirer davantage »

Première mondiale, la procédure a été enclenchée à l’initiative de parents dont les enfants auraient développé une addiction au jeu d’Epic Games. « L’addiction au jeu Fortnite a de réelles conséquences sur la vie des joueurs dont plusieurs ont développé des problèmes tels qu’ils ne mangent pas, ne se douchent pas, et ne socialisent plus » précise le document de demande d’action collective. Il souligne aussi l’existence de nombreux centres de réhabilitation dédiés à l’addiction du jeu aux 250 millions d’adeptes. Il faut dire que le free-to-play est financé exclusivement par les achats des joueurs. Le jeu PEGI 12 s’adresse donc à un public très jeune, qui n’hésite pas à dépenser de l’argent pour obtenir des récompenses virtuelles. Rappelons aussi que récemment l’OMS a reconnu l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie.

Epic Games n’a pour l’heure pas réagit. L’avocat qui pilote la demande d’action collective affirme que si elle est autorisée, Epic Games pourrait s’exposer à des dizaines voire des centaines de millions de dollars en dommages et intérêts. L’autorisation d’une action en justice sera donnée ou non d’ici un an.