Une centaine d’études scientifiques remises en question par la découverte d’un bug informatique

Science

Par Felix Gouty le

Des chercheurs hawaïens ont dévoilé puis corrigé une erreur dans le code d’un logiciel utilisé en chimie depuis 2014.

Un glitch dans la matrice et tout est faussé ! Une équipe de chimistes, chercheurs à l’université d’Hawaï, examinait récemment des cultures de cyanobactéries (ou « algues bleus ») afin de trouver des composés capables de lutter contre le cancer. Au moment de vérifier la composition d’échantillons grâce à un programme codé en Python, elle s’est aperçue qu’elle variait de manière significative selon l’OS utilisé. De quoi fausser radicalement les résultats selon que l’équipe employait, par exemple, la version Windows ou Linux. « L’erreur était très subtile, affirme à Vice le professeur Philip Williams, directeur de cette dernière. Nous pensions tous qu’un logiciel informatique ne produirait que des réponses correctes ». Les chercheurs ont récemment publié leurs trouvailles relatives au bug et à sa correction dans la revue Organic Letters.

Ils révèlent notamment que le script – dont le logiciel se sert pour faire fonctionner n’importe quel appareil de spectroscopie à résonance magnétique nucléaire – date de 2014. « Cette simple erreur de code remet en question les conclusions d’un grand nombre de publications concernant une large variété de sujets dont la majorité ne mentionne même pas avec quel OS le programme a été exploité, déclarent les chercheurs dans leur article. Les auteurs de ces recherches devraient re-vérifier tous leurs résultats puis repenser leurs conclusions en utilisant la version corrigée ». Depuis la mise à disposition du script d’origine dans un article publié sur Nature Protocols, 158 études scientifiques l’ont cité et s’en sont donc certainement servies. Mais milles personnes y ont eu potentiellement accès, rapporte Vice. Il s’agit du reste d’un chiffre établi à partir des données de Nature Protocols uniquement. Malgré les implications d’une telle erreur, l’un des auteurs américains de la publication de 2014 salue la correction apportée aujourd’hui par ses confrères hawaïens : « ils ont rendu un service immense à la communauté scientifique pour avoir cerné et résolu ce problème ».