Critique

[Critique] La Reine des Neiges 2 ne laisse pas de glace

L'avis du Journal du Geek :
Cinéma

Par Allan Blanvillain le

Pour le plus grand bonheur des enfants et le cauchemar des parents – qui en sont à leur 36061e écoute de « Libérée, Délivrée » – Elsa et Anna reviennent dans les salles obscures. On prend les mêmes et on recommence ? Non, La Reine des Neiges 2 se devait d’aller plus loin.

Reine des Neiges 2« Le passé est passé ! » chantait une Elsa libérée de son statut de princesse parfaite, lors du moment le plus mémorable de La Reine des Neiges. Le passé est pourtant au cœur de ce second opus, tant par l’histoire que dans le projet lui-même. Il faut en effet se souvenir qu’il est de tradition, chez Disney, de balancer les suites de ses films d’animation en série ou directement pour le marché vidéo. On ne compte que deux exceptions récentes : Les Mondes de Ralph (notre critique de Ralph 2.0)et La Reine des Neiges. Et quand on sait que le premier volet des aventures d’Elsa et Anna fût pendant longtemps le film d’animation le plus rentable sur grand écran (dépassée depuis par le remake du Roi Lion), il serait naïf de penser que le studio ne regarde pas dans le rétroviseur au moment de sortir La Reine des Neiges 2, avec l’objectif, légitime, de battre encore des records.

Dès les premières minutes, on nous plante le décor : deux royaumes voisins amis, devenus ennemis. L’un brille, l’autre se cache dans le brouillard. Ce qui n’était qu’une légende, racontée par les parents de nos deux héroïnes, va pousser Elsa à s’intéresser à l’origine de ses pouvoirs lorsqu’une mystérieuse voix ne cesse de l’appeler. La première réussite du métrage tient à sa richesse visuelle. Là où le premier volet se cantonnait aux paysages enneigés, cette suite se sert des éléments pour se donner couleur et relief. Qu’il s’agisse des décors parcourus ou de la manifestation des pouvoirs d’Elsa, le travail accompli sur l’animation et les textures est phénoménale, pour un résultat sublime. Comme teasées dans les différentes bandes-annonces, les séquences aquatiques bénéficient particulièrement d’un haut niveau de détails et de réalisme. Sur l’échelle du décollage de rétine, La Reine des Neiges 2 enterre son aîné par K.O.

Beaucoup d’idées, peu de résultats

Cette envie de pousser les curseurs vers le haut se retrouve également dans la narration. Très vite, La Reine des Neiges 2 plante son fil rouge et ses sous-intrigues concernant chaque personnage (oui, même Olaf et Kristoff ont quelque chose à raconter) et il y a beaucoup, beaucoup de choses à dire. Un effort d’écriture louable, surtout que les thématiques abordées ont gagné en maturité. On ne se moque plus de la princesse parfaite, on nous parle d’émancipation, d’engagement, de responsabilité, de la peur du changement et surtout, de la peur de l’autre.

Reine des Neiges 2

Des propos forts, bien amenés, mais dont la conclusion laisse trop souvent à désirer. Plus d’une fois, on aura une sensation d’inachevé, plusieurs pistes abordées finissant en queue de poisson sans plus d’explications. Comme si les scénaristes avaient absolument voulu enrichir le texte, mais avaient fini par abandonner en court de route, se laissant aller à la facilité de la chute rapide. Un petit côté « tout ça pour ça » qui laisse sur sa faim.

Autre bémol : les chansons. Bien qu’elles expriment pleinement les émotions de leurs interprètes, leur (grand) nombre lasse et on en vient presque à redouter la prochaine fournée, surtout lorsqu’on en a déjà mangé 2-3 en dix minutes. L’air du nouveau morceau-phare manque lui-même de mordant, bien qu’il soit balancé pendant tout le film. Reste la chanson de Kristoff, parodie exquise à la David et Jonathan (les jeunes, renseignez-vous !), qui dénote complètement avec le reste par son esprit kitsch extrêmement drôle.

La Reine des Neiges garde sa couronne

Un souci d’écriture marqué qui n’enlève en rien la réussite globale du long-métrage. Parce que derrière les chansons que les parents vont bientôt supporter en boucle, La Reine des Neiges 2 parvient toujours à nous faire rêver autour de ses deux héroïnes. Elsa comme Anna, chacune démontre d’une force de caractère, d’un courage, et d’une âme qui en font les figures de proue des nouvelles « princesses » Disney. D’autant que cette suite les renforce, les élève, s’amuse même de leurs erreurs passées. Une affirmation de soi qui touche l’ensemble de leurs camarades, preuve que, comme leur public, les personnages ont grandi. On avait quitté deux jeunes filles, on se retrouve face à deux jeunes femmes.

Et il suffira de regarder la salle lorsque les lumières se rallument et de tendre un peu l’oreille, pour comprendre que La Reine des Neiges 2 a touché sa cible en plein cœur : les enfants sont ravis et les parents aussi (jusqu’à qu’ils écoutent « Dans un autre monde » 10 fois par jour).

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La Reine Des Neiges
  • Anna, une jeune fille aussi audacieuse qu'optimiste, se lance dans un incroyable voyage en compagnie de Kristoff, un montagnard expérimenté, a la recherche de sa soeur, Elsa, la Reine des Neiges qui a plongé le royaume dans un hiver éternel. En chemin, ils vont rencontrer de mystérieux trolls et un drôle de bonhomme de neige, braver les conditions extremes des sommets escarpés et glacés, et affronter la magie.
  • Walt Disney France (04/04/2014)
  • DVD, Tous publics
  • Temps de fonctionnement: 98 minutes
  • Anglais, Français

Notre avis

La Reine des Neiges 2 avait l'ambition de dépasser son prédécesseur et y parvient dans les grandes lignes. Plus beau, plus profond, plus sombre d'une certaine manière, le film peut se targuer d'intégrer la courte liste des suites réussies. Et même si son défaut d'écriture leur plombe les ailes, on imagine sans mal Elsa et Anna s'envoler encore au box-office.

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